A M. de Rosny. Lettres mimves^ t. IV, p. 80î
LA LUTTE CONTRE LA MAISON D'ArTRICIIK. i',9
fane politique fermement suivie et (l*uu but qui ne 4ariepas.
Obligé, dès sa jeunesse, de se tenir en garae contre les embûches de Catherine de Médicis et d'emprunter irastuce italienne ses propres armes, il s'était formé i n'être ni trop crédule ni trop ouvert. Il ne dévoilait 08 projets que peu à peu et suivant les circonstances : OD le voyait, pour un même dessein, trouver des explieàtions différentes qui, gardant chacune une part d'exactitude, répondaient dans leur diversité à des dispositions contraires. Mais il s'arrêtait là où l'artifice eût compromis sa parole, et sa finesse ne faisait pas tort à sa loyauté. «Je ne trouve pas bien, disait-il, d'avoir une chose dans l'intention et d'écrire l'autre , et, si quelques-uns l'ont fait, je ne veux faire de même. La tromperie est partout odieuse; mais elle Test davantage aux princes, dont la parole doit être immuable *. »
Ce respect de sa parole, cette fidélité à la foi jurée, dont les Espagnols, aux jours de la Ligue, avaient eu tant de preuves qu'une simple assurance du roi leur valait mieux que tous les otages ^, on les reconn lît dans le soin de Henri IV à ne point prendre d'engagements qu'il ne puisse tenir. Il veut bien que ses am-
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'2. î*én'fixe.
bassadeurs soient insinuants auprès des souverains et qu'ils entretiennent leur confiance par des propos* flatteurs ; mais dès qu'il voit l'un de ces princes tendre à un but où il ne compte pas le suivre, a ne m'en gaigés pas*, » se hâte4-il d'écrire. Il ne supporte poin' que ses promesses soient données en vain. Jamais on n'obtiendra de lui qu'il abandonne les Provinces-Unies, auxquelles il a garanti sa protection ; mais il n'entend pas, d'un autre côté, se lier prématurément avec Elisabeth contre l'Espagne, et de crainte que son envoyé n'ait donné là*dessus de fausses espérances, il lui mande en toute hâte de les dissiper : « La parole donnée, écrit à ce sujet Villeroy, ne peust estre révoquée facilement. Le roy est tres-jaloux de l'observation de la sienne comme de la conservation de son honneur ^. » Il n'aura donc jamais recours, dans l'intérêt de sa politique, à des moyens que réprouveraient le droit et la conscience. <t C'est chose, dit-il en réponse à une ouverture de ce genre, c'est chose que j'abhore naturellement et chrestiennement ^. » Il semble que sous son influence un souffle plus généreux et plus pur ail circulé dans cette diplomatie qu'avaient tant de fois
1. Surtout dans ses lettres à ses ambassadeurs en Angleterre. Voyez Mss. suppl. franc., ^, et les Ambass, de la Boderie (imprimé).
2. 9 août 1602. Villeroy à Beaumont. Mss. suppl. franc., ^*j,^, t. 1, part. I, f» 193. Bibl. nat.