‹ Henri IV et sa politiqueChapitre 124 sur 181 · M., t. IV, p. 123. 23 décembre iOOS · texte numérisé non relu

M., t. IV, p. 123. 23 décembre iOOS

3. Id., t. IV, p. 233. 13 février 1609. Voici quelques-uns des détails que l'ambassadeur se plaisait à éuumérer : «... Hier, la nuit, U fut dansé, et le jour de devant don

Cette oscillation perpétuelle entre la France et YEê^ $ pagne faisait, du reste, tout le fond de la politique dd t Jacques P'. A peine avait-il signé avec la cour de Madrid > le traité de 1604, qu'il proposait à Henri IV de former , une ligue contre la maison d'Autriche. Henri IV pro- . fitait de ce» retours pour se faire accorder des avan* , tages durables; c'est ainsi qu'il obtint en 1606 la convention qui devait mettre fin aux déprédations des pirates anglais et placer sur le même rang les marchands des deux pays. Mais il tenait sa politique

Fernandez de Girone avoit fait voile, après avoir reçu l'arrêt que s'il ne se hastoit de partir^ il auroit l'affront que j'y serois appelé à sa barbe. Comme il partoit, on m'y vint convier et ma femme aussi, tant de la part du roi de la Grande- Bretagne que de celle de la reine, sans nous parler de souper, et néanmoins comme nous y fûmes^ ledit roi me fit souper avec lui en compagnie des princes ses deux fils^ et ma femme soupa avec madame la Princesse. Durant le souper, il me fit une brinde à la santé de Sa Majesté, et voulut que je la por* tasse à M. le prince de Galles et qu'il y fit raison. Au ballet, il me fit seoir auprès de lui... Durant le dit ballet, il me fit toujours l'boniieur de m'entretenir, et dans un des intermèdes, comme il n'y en eut que trop et d'assez tristes, la reine s'approcha aussitôt de ma femme et lui fit la même faveur, s'ap» puyant sur elle et lui faisant mille démonstrations de privante. Du ballet nous fûmes a la collation, et en tout cela et au départir fûmes traités avec tant de démonstrations de bonne volonté et avec un applaudissement si gênerai de tous, que Sa Majesté a grande occasion d'en être satisfaite, çt moi, si je ne sçavois l'histoire de l'âne qui portoit les reliques, d'en devenir bien glorieux. En la faveur que reçut l'ambassadeur d'Espagne^ l'an passée il n'y eut rien de semblable... »

iodépendante des tergiversations du roi d'ÀDgleterre. Il s'efforçait de le rallier à ses avis : le voyait-il iocertiin, il prenait les devants, en lui laissant la faculté de le rejoindre, bien assuré que le meilleur moyen de tsrcer son consentement, c'était de se montrer résigné à s'en passer : a Ils ne cèdent jamais qu'à regret, knrnt le président Jeannin, et après avoir reconnu que nous ne laisserons de &ire sans eux ce que les prions de faire avec nous^ i»

Il n'y eut point en effet d'événement de quelque importance où Jacques P% justifiant ces paroles, ne fiolt bon gré malgré par se ranger aux résolutions de Henri IT.

Telle avait été son attitude sur la question si grave de savoir quel prince on appellerait au trône du roi des Romains. Préoccupé soudain de cette élection dont l'attente agitait toute l'Allemagne, Jacques I" avait invoqué l'opinion de Henri IV. Il ne voulait se conduire que par les conseils du roi de France. Henri IV aussitôt de répondre à ces ouvertures par les protes tations les plus affectueuses. Mais, fidèle à la recommandation qu'il adressait à son ambassadeur d'avoir tt les oreilles plus grandes que la bouche, » il se garde de découviir au roi d'Angleterre toute sa pensée : il veut connaître d'abord les dispositions de ce prince,

{.Negoc. du président Jeannin, p. 398. 29 août 4 «^08. A lï. de Villepoy.

et, sans manifester de préférence marquée, il désigné ^ à son attention les archiducs Mathias et Maximilien ^ et le duc de Bavière. Tous ces candidats étai»t ^ catholiques; c'était au contraire un protestant que , Jacques P' prétendait faire élire. Aux sollicitations de Tarchiduc Albert, il avait déclaré qu'il réservait ses . bons offices pour « quelqu'un qui fût de sa religion,!» et il proposait au choix de Henri lY son beau-frère, le roi de Danemark. Essayer, par une opposition précipitée, de combattre ce projet, c'eût été le fortifier. Décidé à ne soutenir qu'un prince catholique, Henri lY se contenta de représenter à Jacques P^ que la majorité des électeurs n'admettrait jamais un protestant. En même temps il prescrivait à son ambassadeur la plus grande réserve : a Ne Tesconduisez pas de mon assistance ; mais aussy ne m'y engaigés davantage *. » Cela fait, il reprit en silence ses négociations auprès des États de l'empire : c'était là, c'était en Allemagne qu'il se promettait de convaincre le roi d'Angleterre.

Il s'armait seulement des intentions de Jacques P' en faveur du roi de Danemark pour lui insinuer que, s'il voulait se concilier les vues de l'Allemagne, son premier soin devait être de secourir les Provinces-Unies.

Auprès de Jacques P% comme auprès d'Elisabeth, raftrauchissement des Provinceô-Unies avait été le

î. Lettres missives, t. VI, p. 532.

I principal objet des instances de Henri IV. Il n'avait I cessé d'en entretenir le roi, tout en évitant, de peur I d'encourager sa jalouse indolence, d'y témoigner un intérêt trop personnel : <x Si vous le trouvés disposé, éciivaitrîl à la Boderie, vous l'y fortifierés doucement par les meilleurs moyens dont vous pourrés adviser, sans neantmoins lui faire beaucoup paroistre, si vous s'y remarqués une grande disposition , que ce soit chose qui me soit tant à cœur; car vous cognoissés le naturel du pays ^. )> Il fallut, cette fois encore, que Henri IV donnât l'exemple. L'Angleterre n'avait fait jusque-là que lui susciter des entraves ou le laisser seul : quand elle le vit, comme nous le mon rerons bientôt, prendre en main la cause des Provinces- Unies, elle vint elle-même réclamer sa place dans les négociations : mais le roi en demeurait le chef et elle ne put que l'y suivre.

Survient enfin l'ouverture de la succession de Clèves et de Juliers (1 609) . A cette époque , Jacques P' paraît en plein accord avec Henri IV. 11 comble de sa bienveillance l'ambassadeur français : il se plaît à l'assurer de sou amitié pour le roi. La persécution des catholiques e&t moins rigoureuse; des projets de mariage entre une fille de France et le prince de Galles se forment dans les deux cours. Dès qu'il s'agit de déterminer la part

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