A LA TROISIÈME ÉDITION XXXI
filhomme protestant avait tcraiiné sesobsei^ations pai- UDP menace contre les catholiques. Le f^entillionmic catholique finissait à son tour par une bravade ctmtiH» les protestants : « S'ils sont devenus plus ambitieux que leurs prédécesseurs, il ne sera pas trop malaisé do h ^érir de cette maladie, quand vous aurez réconcilié vostre rovaume à vous. »
Le roi avait eu peine à supporter ce liardi langage. Il ^ contint pourtant, et ses premières paroles furent pour invoquer, non pas sa dignité blessée, mais la mémoire du roi qui venait de mourir.
(' Parmi les estonnemens desquels Dieu nous a " exercés depuis vingt-quatre heures, j'en rerois un 1 de vous, messieurs, que je n'eusse ])as attendu. " Vos larmes sont-elles desja essuyées? Lamesmoire t de votre perte et les prières de vostre roi depuis ' troi<^ heures sont-elles évanouies avec la révérence
qu'on doit aux paroles d'un ami mourant? Si vou?^
fînitic'»^ 1<* cliomin de vongvr le ])nri'ic*i(le, eonnnont ■' nr*'*ndjvz-vous celui de conserver vos ^i('s et vos
'■«nditions?... 11 n'est pas ])ossil)]e que tous ce que
voii< rstos ici consentiez à tous les points quo je ' vi».'n< d'entendre : me prendre à la p:oro;e sur le ' ov-'imf^-v pas de mon ad\en(3moî)l, a une lunire si
d;ii!cr''M'«*uso me cuider (croire) ti'aiuer à ce qu'on n'a »' j» MI inrc«'r lant de sim|)les personnes, pour ce ([u'ils f f.iit ^cpu mourir! Kt de qui pouvez-\ous attendre* " un*' telh» mutation en la croonce, que d(^ celui rpii
M*»*" .'Ml roi I point? \urioz-vons plus a,tj:ival)le un roi u -:»îi- l)i<Mi? A'ous asseurez vous en la loi (ïvn '. aîliéisto, oi aux jours des batailles, suivjvs vous ' d'ri<>euranc(» les vomix et les auspices d'un parjui'o
i'i iVun npt}sl.u? Oui, lo roi de Navarre, v^uwuie
If >//*>• f/j/c>\ a soii/rcrt do. i^randos; nVisiM-es e.\. we. Ç^'^^
XXXIl iNTRÔDUCTIOX
a est point estonné; peut-il despouîller l'âme et le « cœur à Tentrée de la rovauté ! »
A cette énergique protestation, que lui dictait rhoniieur, l'habile politique ajoutait aussitôt des paroles conciliantes : il laissait percer jusque dans Tex- . pression de son refus l'espérance et le moyen cfun accord : « Or afin que vous n'appelliés pas ma cons- ■ (( tance opiniastreté non plus que ma discrétion las- (( cheté, je vous responds que j'appelle des jugemens - (( de ceste compagnie à elle-même, quand elle y aiira « pensé, et quand elle sera complette de plus de Pairs « de France et officiers de la couronne que je n'eu « vois ici. Ceux qui ne pourront attendre une plus « meure délibération et qui se rendent à la vaine 6t (( briève prospérité des ennemis de F Estât, je \g\sX « baille congé librement pour aller chercher leuf « salaire sous des maistres insolens; j'aurai parmi (( les catholiques ceux qui aiment la France et Thonce neur. »
Au même moment entre Givry, cher à Henri IV, gracieux, spirituel, lettré, intrépide, jeune et fier rejeton qu'allait bientôt moissonner une mort glorieuse '. (( Sire, dit-il, en prenant familièrement la main de Henri IV, je viens de voir la fleur de vostre brave noblesse, qui se reservent h pleurer leur roi mort, quand ils l'auront vengé; ils attendent avec impatience les commandements absolus du vivant. Vous estes le roi des braves, et vous ne serez abandonné que des poltrons. »
La diversion fut heureuse. Elle rompit l'entretien» et prévint la réponse qui allait être faite au roi, ré-
* Il fut tué d'un coup d'arquebuse, en 1594, au siège do Laou.
A LA TROliSHBB È1IIII0.T XXXIII
dans l'excitation de3 esprits, aurait pu tout '. Henri IV descendit dans les jardins poulies Smsses que le maréchal de Birou venait iflter. Biroii lui-même avait été ramené au roi adroites insinuations de l'habile Sancy '. La rêvait d'exiger, en récompenee de sa soûle comté de Pérîgord. Aujourd'hui il ne plus que de servir le roi « sans si et sans car. » trouvait alors entouré de ses plus dévoués Les protestations que ceux-ci lui prodiéutient de nature à lui faire oublier les rudes iciions qu'il venait d'entendre.
Cependant il ne s'y ari-êta point. Prenant avec lui ^ques conseillers fidèles de l'une et l'autre relipm, en ayant soin d'écarter les ministres protesbats dont les obsessions l'importunaient, il passa la «Bit à délibérer avec eux. On savait que les catliofiqnes étaient, à la même heure, réunis chez François de Luxembourg, duc de Piney; il importait de coneener la réponse qu'on fer^t à leurs demandes.
L'avis prévalut que le roi devait persévérer n pour brs » dans sa croyance, mais donner aux catholiques toutes les satisfactions désirables, dùt-il même « relàeber quelque chose de l'autorité royale. » On se ré- «err^t d'ailleurs, pour prendre une plus ample résohl&aa, d'attendre l'issue de la conférence tenue chez jtduc de Piney.
Cette réunion était nombreuse. Elle comprenait, BC les nuances diverses qui les distinguaient, pres-
fstous les officiers de l'armée royale. Trois princes . 'Qniig s'y trouvaient : le prince de Conti, le duc Nico] tutti ■.p. 5
Nicolas de Harlay, seigneur de Sancy. — V, 1p discours j(»t de M. àe Saacy dans les Mèmoira dv. diw de Ne^eTS, ^p. 59(1 et suiv.