‹ Henri IV et sa politiqueChapitre 132 sur 181 · Négoc.fi · texte numérisé non relu

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L'AFFRANCHISSEMENT DES PftOVlNCES-UNIES. 32Î

monopolent et cabalent au préjudice dg l'État, ils doivent en faire un châtiment exemplaire ; mais il doit être particulier et ne pas loucher au général , afln que l'innocent ne pâtisse pas pour le criminel, et que celui qui \it comme il doit, gardant les lois du pays, jouisse du repos et de la sûreté publique comme ses compatriotes. Toutefois, vous mesurerez tellement cette remonlrauce à la règle de l'utilité desdites Provinces, qu'ils la reçoivent comme venant de la part du meilleur et plus assuré allié et ami qu'ils aient. »

Jeanniu se conforma dignement à ces belles instructions. Les remontrances qu'il adressa aux Étals furent le glorieux couronnement de ses négociations. Avec quelle élévation il fit justice des raisons misérables que les prolestants opposaient h la liberté des catholiques! A ceux qui se prévalaient encore du péril de l'iufluenco espagnole, il rappelait les grandes origines de leur indépendance, et représentait les services de ces catholiques qui avaient bravement combattu dans leurs rangs. A ceux qui, dévoilant euxmêmes l'injustice de leur cause, s'appuyaient sur le grand nombre des cathohques pour leur refuser la tolérance; à ceux qui, par une contradiction souvent renouvelée du protestantisme, invoquaient la nécessité poUtique de l'unité de foi, il exposait les heureuses conséquences de la liberté, l'inutilité funeste des persécutions, et on reconnaissait le vieux ligueur, en mém?

temps que le sujet dévoué de Henri IV, à Tardeur éloquente avec laquelle il peignait les malheurs des guerres civiles et les bienfaits de l'édit de Nantes * I

Tant d'efforts ne demeurèrent pas sans résultats. La condition des catholiques n'était pdint partout la même : les uns, dispersés dans les villes des Provinces- Unies, subissaient le joug d'une majorité protestante; les autres appartenaient à ces villes du Brabaut que la Hollande avait conquises et qu'elle devait garder : leur croyance y avait jusqu'alors régné seule. Ceux-ci obtinrent la reconnaissance formelle de la pleine et entière liberté de leur culte *. Ceux-là reçurent des adoucissements partiels et passagers : en plusieurs endroits, les rigueurs continuèrent. Ailleurs on vit prévaloir, pendant quelque temps, l'avis des plus modérés, jugeant « qu'il valoit mieux souffrir et dissimuler (l'exercice de cette religion) en faveur de leurs compatriotes, et pour le respect qui était dû à un si grand roi qui les en prioit^. »

La pacification des Provinces-Unies marquait un nouveau triomphe à la politique de Henri IV. L'Es-

1. Négoc, du président Jeannîn^ p. 654. Remontrance faite en l'assemblée des États généraux des Provinces-Unies des Pays-Bas par M. Jeannin^ au nom du roi^ en faveur des catholiques desdites provinces.

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