‹ Henri IV et sa politiqueChapitre 135 sur 181 · Id., p · texte numérisé non relu

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J]ien des années s'écoulèrent avant que ce conseil •? fût suivi. La haine qui animait les uns contre les autres .. les calvinistes et les luthériens se trouvait représentée : dans le mutuel antagonisme de l'électeur Palatin et du duc de Wurtemberg, celui-ci ne voulant pas entrer dans une ligue où celui-là aurait paru. Tout essai de conciliation échouait devant leurs rivalités. Ainsi s'étaient successivement rompues les réunions de Francfort, de Friedberg, de Spire, de Heidelberg. «Je suis très-marry, écrivait Henri lY au landgrave de Hesse, après cette dernière assemblée, de quoi l'union des princes correspondants n'a pas est^ faite comme elle estoit désirée ^ »

Il se décide alors à prendre cette œuvre en main. Il s'efforce, comme il a fait en Italie, de renouer par sa propre intervention la commune entente des princes; et sur leurs oppositions si profondes, il exerce son grand art des médiations. A peine a-t-il aperçu entre les princes allemands quelque contestation, soit politique, soit même de famille, qu'il intervient pour la dissiper.

Un différend s'est élevé entre le cardinal de Lorraine et le marquis de Brandebourg, élus tous deux évèques de Strasbourg, l'un parles cathoUques, l'autre

4 . Correspondance inédite de Henri IV avec Maurice k Savant, édit. Romrael, p. 106.

par les protestants. C'est toute la lutte religieuse qui est engaçée. L'Allemagne, partagée entre les deux compétiteurs, est à la veille d'entrer dans la querelle. Henri IV s'occupe d'apaiser à la fois les deux partis, et, sur les bases qu'il a indiquées, un arrangement est conclu qui donne satisfaction à tous, sans dommage pour la foi catholique. Le marquis de Brandebourg reçoit une indemnité en échange de révèché, qui demeure au cardinale

Bientôt après a surgi un démêlé plus intime encore : le landgrave de Darmstadt menace de rompre avec le landgrave de HessC'-Cassel, au sujet de la succession de leur oncle le landgrave de Hesse-Marbourg ; sur le ckamp Tattention du roi est éveillée. « Ce sera, écrit-il au landgrave de Hesse, l'honneur et le bien de tous que le dit partage soit terminé amiablement. Je vous conseille de l'achever et conclure par cette voye là... car vous sçavés que ce siècle est si pervers qu'il ne manqueroit de gens qui s'efforceroient de nourrir et fomenter toutes ces contentions, quand ils y trouveroientles parties disposées, non pour les bien faire, mais pour s'en prévaloir^. »

L'Allemagne n'est pas seule à sentir le prix de cette médiation. Un pays voisin, où le nom de la France est

i. Corresp07}dance inédite de Henri IV avec Mmirice h Savant, édit. Rommel, p. 02 et 109.

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