‹ Henri IV et sa politiqueChapitre 136 sur 181 · R, p. 209.27 décembre 1C · texte numérisé non relu

R, p. 209.27 décembre 1C

célébré comme une gloire nationale, où le prédécesseur de Henri IV a régné, où des voix nombreuses appelleront au trône l'un des fils du grand roi, le duc de Vendôme*, la Pologne s'adresse à Henri IV. Le duc de Suède, élu souverain de ce royaume, a vu son neveu, à qui il avait laissé le soin de le représenter dans ses anciens États, usurper son autorité et se proclamer roi de Suède. De là une Juite funeste pour les deux nations et qu'aggravent les dissensions religieuses. Un arbitre est invoqué : les seigneurs lithuaniens ont songé à Henri IV, et ils prient le duc de Nevers d'appuyer auprès de lui leur requête. On ne pouvait choisir, ont-ils dit, ni l'empereur, dont la Suède eût repoussé la décision, ni le Pape, que les protestants n'eussent point accepté. Mais Henri IV réunirait les deux parties^; et le roi entreprend cette médiation difficile, dont il sera réservé à Louis Xin de voir l'heureux succès. C'est encore à Henri IV que le marquis de Brandebourg a recours pour obtenir de la diète de Pologne l'investiture du duché de Prusse ^ de ce duché qui, devenu plus tard une puissante monarchie, doit se porter le rival de la maison d'Autriche.

i 1. Ambass. et négot. du cardinal du Perron, p. 597, Au rou 27 juin 1606.

2. Correspondance inédite de Henri IV avec Maurice h Savant, p. 109, 17 mars 1603.

3, Id. p. 99,

LA LIBERTE; OERMAMQIIK. 33it

Enfin la vigiiancft du roi a prévu dés iongleiiips les difficultés ijiie pourra soulever la mort du duc de Clèves et de Juliers. Que de fois il engage les princes allemands à ne pas allendre pour arrêter leurs coa- Tenlious le jour où celte succession s'ouvrira! Ce, jour ne se lève qu'en 1609, et dix ans auparavant, Henri IV leur avait fait entendre s^s prophétiques avertissements'.

Ces exhortations, qui regardaient plus particuliè; rement les princes protesiants, ses anciens alliés, Henri IV les adressait également aux États catholiques. Effrayés de l'anihilion de la maison d'Aulriche, les catholiques ne s'inquiétaient pas moins des entreprises de ses adversaires ; la crainte de la Réfoi-me enchaînait leur zèle pour l'indépendance, Henri IV s'attacha à tes rassurer en se montrant le défenseur de leur foi autant que de leur hberté. Son attitude dans la contestation relative à l'évêrhé de Strasbourg, la ■ pacification, opérée par ses soins, du différend sur-

1 . « Connue il semble que le desseing des Espagnols soit de se rendre niaisltes et possesseurs de la personne et de l'Estat du duo de Juliets pont s'en prévaloir el en frwttrer nvee la temps les heritieTS du dit dvc, ils (les princes d'Allemagne) seront aussi admonestez au nom de sa dicte Majcslé par le sieur de Bongarsj d'y veiller et ponrveoir par tous moyens, afin gu'ih ne soient en peine de réparer le mal après qn'il sera arrivé, continuant a leur offrir en cesie occasion comme en loaies aul- Ire s l'amitié de Sa Majesté. )> Instruction à M. de Bongars, lulfB, Mbs., anc. fonds, 8937, P 38.

3^0 L'INFLUEN'CE FRANÇAISE.

venu entre la république de Venise et le Saint-Siège, parlaient en faveur de ses intentions. De retour de Pologne, le duc de Ne vers se rendit auprès des électeurs de Cologne et de Mayence pour les intéresser aux desseins du roi*. Au monnent où s'ouvrit la succession de Clèves et de Juliers, l'envoyé de Henri IV, Boissize, redoubla d'eiforts : en même temps qu'il achevait les négociations entamées avec les protestants, il portait aux électeurs ecclésiastiques les conseils et les promesses de son souverain. « Si les princes héritiers de la maison de Clèves et ceux qui sont joints à eux vouloient entreprendre contre la religion catholique ou contre les catholiques, leur disait l'ambassadeur, Sa Majesté seroit la première qui tourneroit ses armes contre eux*. »

A la tête des catholiques paraissait le duc de Bavière. Plein de vaillance et d'ambition, alliant à de fermes croyances la dignité de mœurs graves, ne rencoAtrant au sein des factions qui divisaient l'Allemagne aucun égaP, Maximilien de Bavière attirait sur lui les regards de ses coreligionnaires. Tous ceux d'entre eux que fatiguait la domination de la maison

i . Correspondance inédite de Henri IV avec Maurice le Savant, p. 492. 4604.

2. Proposition de M, de Boissize à 3f. Varchevêque de Mayence, Mss. Fontanieu, 454. 48 mars i6i0.

Page 1