‹ Henri IV et sa politiqueChapitre 140 sur 181 · Mémoires de Fontenay-Mareuil, p. 9. « Outre qu'il falloit · texte numérisé non relu

Mémoires de Fontenay-Mareuil, p. 9. « Outre qu'il falloit

un catholique, ils (les princes protestants) connurent tous enfin qu'on y travailleroit vainement tant que les trois électeurs catholiques demeureroient joints au roy de Bohesme, et qu'on n& pourroit les diviser que par l'électeur de Coulogne et pour le duc dé Bavière; c^est pourquoy il n'y pensèrent plus, et luy quittèrent la place, comme, le roy le vouloit, » — Voyez aussi CEo. royales, t. Ylll^ p^ 229,

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ajoutant que $i Toq en venait à le nommer, il importerait, pour que sa domination ne fût pas trop pesante, de renverser préalablement la maison d'Autriche, dont il était membre ^ Le consentement des protestants était donc acquis, sinon à Thomme, du moins au principe ; sinon au duc de Bavière, du moins à la religion catholique.

Cependant Henri IV ne s'abusait-ii pas dans ses espérances? Les États d' Allemagne une fois soulevés, aurait^il pu triompher de leurs divisions et maîtriser les haines de partis si contraires? Aurait-il pu conserver à la guerre son caractère politique et détourner de cette arène en feu l'irruption des passions religieuses?

Essayées sur un temps qui n'est plus et à propos de circonstances qui ne se sont pas produites, les conjectures soQt ass^z vaines : on est libre de les rejeter, quelles qu'elles soient, aussi promptement qu'on les a fait naître. Comment ne pas s'éclairer néanmoins, en une telle matière, des rapprochements et des contrastes que présente la suite des événements?

Les successeurs de Henri IV ont repris quelquesuns de ses plans entre les deux factions qui partageaient l'Allemagne. Qu'en est-il advenu?

i. Instruction à M. de Bongars. Mai iG09. Mss. suppl. franc., 1*2384, t. VU, fo 22.

Ce duc de Bavière, qui avait fixé Tattentiou du roi, il a été successivement recherché par Richelieu et par Mazarin. Richelieu le soustrait aux animosités de Gustave-Adolphe ; il lui reconnaît la dignité électorale que Maximilien avait ravie au Palatin. II passe avec lui un traité secret, et en sa faveur il obtient de Gustave-Adolphe une déclaration de neutralité. « En vérité, dit en souriant le monarque suédois au baron de Charnacé, la Bavière est bien chère à la France *. » Il en est de même des électeurs ecclésiastiques. Henri IV avait pris soin de les attacher à sa cause : Richelieu les couvre de sa protection. L'un d'entre eux, l'électeur de Trêves, le désigne pour son coadjuteur et son successeur, et, tous , ils appellent auprès d'eux les Français, afin de n'avoir à se rendre ni aux Suédois ni aux Impériaux^.

Voilà quelques applications des projets de Henri IV, et quelques exemples des fruits qu'ils auraient pu produire. Mais, d'un autre côté, combien les circonstances étaient après lui devenues plus difficiles, et quels avantages la même politique n'aurait-elle pas obtenus,

i. Mémoires de Richelieu. Collection Michaud et Poujoulat, t. XXII, p. 301 et suiv. Charnacé répond à Gustave-Adolphe ^ « qu'il importe au roi de séparer ou tenir séparée la ligue catholique d'avec la maison d'Autriche. » Voyez aussi t. XXilI^ p. :i33.

2. Uanke, Ilisloire de la France pendant le dix-septième siècle^ t. W, p. 270, 283.

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dirigée par le roi! Vingt années s'étaient ccoiiléis depuis sa mort : les ressentiments s'étaient aigris en Allemagne, les forces des deux partis plus d'une fois déplacées. Si la France revenait aux plans de Henri IV, elle n'avait plus pour les exécuter le grand capitaine. D'autres nations étaient entrées dans la lutte; d'autres chefs avaient paru, tenant de leur propre gloire le droit de la diriger : un Gustave-Adolphe , un Bernard de Saxe-Weimar, tous deux protestants, tous deux aspirant à placer leur croyance sur le trône impérial, et séparant ainsi de leur cause les princes catholiques, même opposés à la maison d'Autriche * !

Représentez-vous au contraire Henri IV à la fois invoqué par les catholiques et par les protestants ^. A sa voix, les protestants se sont formés en confédération; ils l'ont prié de se mettre à leur tête, et ils confient leurs troupes au prince d'Anhalt, qu'il a agréé ^. Henri IV leur a fait connaître les

i. Ranke, t. HI, p. 267,322.

2. Mémoires de Fontenay-Mareuil, p. 8. a La pluspart des princes de l'empire de Tune et l'autre religion estoient fort contraires à l'agrandissement de l'empereur ou des siens en Allemagne, et le (Henri IV) sollicitoient continuellement de s'y opposer. M

3. Mss. suppl. franc., 1238*, t. VIII, f> 34. Points arrestés et conclus avee M. l'ambassadeur de France, le sieur Bongars : 0 On a jugé nécessaire qu'on priast M. l'électeur Palatin de déférer la direction de ceste assemblée (des princes intéressés) à Sa Majesté le roy da Fiance, afin que Sa \lijcsté fj»^so con-

conditions de son alliance : il a obtenu d'eux rengagement écrit de respecter dans lefe États de Clèves . et de Juliers les prérogatives de la foi catholique *, et ils ont entendu ses résolutions sur l'élection d'un roi des Romains : a Si tous les princes protestants estoient d'accord de faire Empereur un protestant, dit-il à Sully, je l'empescherois ^. » Ce n'était pas trop présumer de sa force. Les protestants se sentaient si faibles par eux-mêmes, ils mettaient. dans les arme» du roi une telle confiance, qu'à peine sa mort connue, ils fléchirent et se hâtèrent de rechercher un accommodement. Leur expédition se termina à la prise de Juliers, dont ils n'eurent pas l'honneur, les habitants n'ayant voulu se rendre qu'aux Français commandés par La Châtre ; aux Français, qui, remplissant les promesses léguées par Henri IV, assurèrent dans la ville soumise les droits du culte catholique ^. Si la mort du roi causa aux protestants un tel décourage-

voqnep tant les "intéressez que les princes qu'en veut requérir en leur nommant jour et lieu, et en somme que ce soit à elle à parachever ceste affaire, » 29 juin 4609. Signé : Maurice, Landgrave de Hessen. Id., t. VII. a Sa Majesté aura bien agréable que le sieur prince d'Anhalt accepte la charge generalle des gens de guerre que les dits princes employeront. » 21 décembre 1609.

1. Léonard, Recueil des traités de paix, t. III, p. 5. 23 février 4610.

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