‹ Henri IV et sa politiqueChapitre 148 sur 181 · Utlrcs missives, l. VI, p · texte numérisé non relu

Utlrcs missives, l. VI, p

lie, Kaffa, l'île de Candie et l'Archipel, comprenant la Morée, Lépante et Nicomédie. Elle avait pour tributaires la Moldavie, la Valaehie, la Transylvanie et Ra-» guse. Elle tenait sous sou influence des nations qui ne relevaient pas directement de son autorité, comme la Pologne.

Mais, en même temps, les semences de dissolution se développaient dans ce grand corps; retenues par la vigueur sauvage de Soliman, elles s'étaient multipliées sous la domination énervée de ses successeurs ; les seules forces qui demeuraient debout dans l'empire , les janissaires , y fomentaient le désordre par leurs tumultueuses rébellions, tandis que la mollesse des sultans ruinait le pouvoir. Ces signes de décadence se trouvent souvent constatés dans les lettres de Henri IV. Un État où le souverain dort dans les voluptés, où le meurtre obtient en un instant raison des plus hautes faveurs, où le massacre des frères du sultan célèbre chaque avènement, où la justice étonne tour à tour par son indulgence et son atrocité, un État que presse, d'accord avec l'indignation de l'Europe, l'animosité rajeunie des Perses, un tel État lui semble voué à une mort inévitable ; déjà il voit les ambitions rivales se précipiter sur ses dépouilles : <t Chascun court au bris de ce navire, écrit-il encore à son ambassadeur, pour y avoir part à l'envy l'un de l'autre *. »

Page 1