Id,, t. VIU, p. 2(id. <t Leg choses s'acbeminant douce
inent par telles modérations et assaisonnements, les grandes
faveurs et bienveillances que le pape Clément VIII, Paul V
et plusieurs grands catdmaoL ^^oàsuV. \Ai^is^v(2(i4^^ au feu
LE fiRAND Dt'SSEIN. 411
avait commencé par lui remettre le solo de terminer les démêlés entre catholiques. Cétait à elie qu*il confiait Texamen de ses contestations avec TEspagne, au sujet de la Navarre et du Roussillon, comme il avait fait huit ans auparavant sa querelle avec le duc de Savoie, c'était à elle qu il décernait la suzeraineté de la confédération italienne; et s'il faut s'arrêter à toutes les dispositions des plans développés par Sully^ c'était la Papauté qui devaitse rendre auprès de la cour de Madrid l'interprète des nations européennes pour obtenir la diminutioq volontaire de cette puissance, et proclamer l'établissement de la République chrétienne.
Le premier soin de Henri lY était de placer le Saint- Siège à l'abri des conséquences de la guerre qu'il allait entreprendre. A la veille de marcher contre l'Espagne, il déclarait tenir pour ennemis tous ceux qui ne suivraient pas ses armes ; mais il faisait une exception pour le Souverain Pontife, qui demeurerait, selon
roy. luy avoient fait désirer pour le sif^ge romain que, si bien lea papes de Borne n'estoient absolument reconnus pour chefs de V Eglise par les protestants réformez, au moins y auroit-il moyen, voyant leurs animosites cessées, et ces temperamens pour faire subsister ensemble tes trois religions picifiquement par eux approuvez, de fairo estimer les Homains comme de grands et puissans rois et pr»ntes qui avoient toutes les qualitez et conditions nécessaires pour estre reputez les souverains arbitres de tous les differemh qui pourroient intervenir entre les potentats et peuples d^untf d'Mles religions les une9 contre les aultres, »
Texpression de Sully, a libre d'en user tout ainsy que bonlui sembleroit*. » Son expédition accomplie, il prétendait joindre le territoire de Naples aux possessions de l'Église, et le patrimoine de Saint-Pierre ainsi agrandi, il le constituait, sous la promesse commune des catholiques et des protestants, perpétuellement inviolable *. Belle et profonde conception ! Parmi Tentraîneraent des convoitises humaines, au-dessus de ces conflits d'intérêts où les États sont emportés sur une pente si redoutable, devant ces triomphes de la force qui tour à tour élèvent et détruisent les empires, paraissait comme médiatrice suprême une puissance qui, embrassant tous les peuples dans sa solUcitude, sans menacer aucun d'eux de son ambition, empruntait tous ses titres à sa mission spirituelle, et déployait aux regards des nations errantes ou troublées l'image visible de la justice et du droit.
C'est dans de telles conditions que l'Europe pacifiée au dedans d'elle-même, et rentrée par la ruine de la politique de conquête en pleine possession de son indépendance, procédait à l'expulsion des Turcs. Dans son empressement à mettre en règlements tous les pro- \ jets du roi, Sully n'a pas manqué de fixer d'avance le v contingent que les diverses nations devraient fournir à l'expédition, et l'ordre dans lequel elles y pren-
i . OEc. royales, t. VIÏI, p. 336.