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draieut part. Mais la pensée de Henri lY éclate, cette fois encore, à travers les combinaisons du ministre: avant de combattre les Turcs, l'Europe doit s'unir ; ittiie, son prenûer devoir est de marcher contre eux.
Le grand Dessein de Henri lY nous est maintenant connu. Arrêtons-nous un instant à le considérer dans son ensemble. Quelque idée que Ton se fasse de ses dispositions, quelque origine que Ton attribue à chacune d'elles, il est impossible de ne pas remarquer en elles un caractère commun qui suffirait à déceler, au milieu de leurs diversités, l'inspiration générale de Henri lY : c'est que partant toutes de l'état du monde tel qu'à cette époque il se montrait, elles s'étendent toutes au delà et prolongent jusqu'à notre âge leurs applications. Cette habileté singulière avec laquelle ce prince sut consulter les nécessités passagères et les be- . «oins durables des peuples, cette entente des expédients que l'heure présente réclame et des principes qui doivent dominer l'avenir, elles revivent dans ces plans conçus tout à la fois pour l'abaissement immédiat de la maison d'Autriche et pour le lointain apaisement des divisions européennes.
On a reproché au traité qui devait couronner la guerre de Trente ans d'avoir contrarié, par la distribution artificielle des territoires, les lois de la nature et le génie des peuples : on lui a reproché d'avoir sub stilué des intérêts mobiles aux règles immuables de
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suivant quelques-ung, mis les droits en péril, c'était précisément sur le maintien de leur intégrité que Henri lY avait fondé sa politique. Il n'était pas un seul d'elle eux dont il n*eût pris la défense et secondé le déiFeloppement. Pour n'opposer qu'un exemple à l'attentat dont le dix-huitième siècle devait être l'insensible témoiq, on peut se représenter, à l'extrémité de l'Allemagne, ces trois royaumes, la Pologne, la Hongrie, la Bohême, fortifiés par Henri IV, et par lui placés sous la protection commune des grandes puissances; que l'on accepte la forme déterminée de ces projeta, ou que l'on en prenne seulement l'inspiration, pour s'arrêter surtout à cette pensée de garantir eu même temps contre les Turcs et contre les Tartares l'indépendance de la Pologne, on avouera que le partage de l'héroïque nation n'y eût trouvé d'aucun côté sa sanction ou son excuse.
Ce que préparait au contraire cette politique, ce qu'elle portait dans ses maximes, ce sont ces entreprises qui ont honoré notre âge, ce sont ces grands principes qu'à travers tant de défaillances et de bouleversements notre pays semble appelé à faire prévaloir. Ce respect des États faibles, cette sollicitude pa^erne//6, comme disaient les Allemands et les Hollandais, • pour leur indépendance, celte attention à ramener ou à maintenir chaque nation dans la voie que la Providence lui a faite , qui mieux que Henri lY en a donné
l'exemple? En considérant les desseins de ce prince pour assurer le bon gouvernement des peuples autant que leur liberté, qui ne s'est rappelé les expéditions VK5omplies aux jours glorieux de notre siècle, Téta- ' blissement du royaume de Grèce et l'expédition de Rome? Dans ses efforts contre la barbarie, dans ses luttes opiniâtres contres les Barbaresques, qui n'a salué d'avance la prise d'Alger? Dans cette intervention libératrice qui décide Taffranchissement des Provinces- Unies , protège l'Italie , seconde les revendications de la Hoiigrie, de la Bohême et de l'Allemagne, comment ne pas entrevoir la source et la règle de ces inspirations qui , pour être égarées par l'esprit d'aventure ou de désordre, n'en sont pas moins conformes à l'éternelle justice? Qui n'a reconnu enfin dans les projets de Henri IV contre les Turcs l'inquiète vigilance de notre époque pour les chrétiens d'Orient?
Il est dans la politique de Henri IV une pensée plus haute, dont les révolutions n'ont pas détruit l'opportune grandeur, et que sanctionnent toujours la mission secrète et le vœu persévérant de notre patrie : c'est la pensée religieuse. Oui, jusque dans les espérances religieuses de Henri IV, jusque dans les plans formés par ce prince pour le retour de l'unité et pour la pacification de l'Europe, se retrouve la saine et profonde entente de la vocation et du génie de la France.
De son rocher de Sainte-Hélène, Napoléon , méditant
sur les épreuves et les destinées de la France, s'est étonné qu'au milieu des divisions de l'Europe, l'ancienne monarchie fût demeurée fidèle à la foi catholique. 11 a reproché à François I" de n'avoir point em^ brassé le luthéranisme, ce si favorable, disait-il , à la suprématie royale*, n et de ne s'être pas porté l'adversaire de Rome autant que de la maison d'Autriche. En une autre circonstance, il se félicitait de n'avoir aucune croyance arrêtée, et il ajoutait qu il aurait pris soin, s'il fût resté sur le trône, d'inspirer à son fils de semblables dispositions, voyant dans cette « espèce dMncrédulité un bienfait pour les peuples » et un gage pour la paix religieuse^. Étrange erreur dans ce puissant génie, et qu'on ne saurait expliquer que par la déplorable habitude de n'envisager en l'homme que la matière, et de sacrifier partout l'empire des forces morales à la régularité mécanique d'un ordre sans âme!
Nul système ne serait à coup sûr plus opposé au caractère de la France. Une croyance qui se dissipe dans la pensée individuelle, comme en Allemagne, ou qui se limite, comme en Angleterre et en Suède, à la constitution d'un État, répondrait mal à l'esprit logique et à l'élan propagateur de notre pays. Ce qui lui conviendrait moins encore qu'une telle croyance,