Id., p. 860. A M. de Brèves. 17 mars iCiO
3. « Veterem injuriam qui 'fert invitât novam, écrivait à co sujet M. de Bongais; endurez aujourd'hui une mauvaise paroi le, demain vous aurez un soufflet. On vous prend aujourd'hui un village, demain on vous prendra une ville; aujourd'hui une abbaye, demain un baiUias^«*. On chasse aujourd'hui un pio*
434 LÀ FIiN DU RÉGNE.
secrètement des secours à l'Espagne dans la guerre des Provinces-Unies, avait révélé à Henri IV la nécessité de tenir ces domaines en dehors d'une influence ennemie. Placés sur les confins des Flandres^ les États de Clèves et de Juliers assuraient à la maison d'Autriche un moyen de communication avec les Pays-Bas espagnols , en même temps qu'une position redoutable contre la France et la Hollande. En d'autres mains tout changeait : les Provinces-Unies recouvraient leur repos, et les Pays-Bas espagnols, isolés entre elles et la France, n'avaient de ressource que dans celle-ci. L'avantage particulier de la France était donc associé cette fois encore à la sécurité de l'Europe.
A ces raisons vint se mêler un autre motif dont l'influence, pour avoir été singulièrement exagérée, n'en est pas moins à constater et à déplorer. A Tàge de cinquante-six ans, et au milieu des plus grands desseins, Henri IV s'était épris de la jeune CJiarlotte de Montmorency, mariée depuis peu au prince de
lat^ demain un prince de son Bstat. Par accoustumance vous endurerez en grand ce que vous aurez enduré en petit : Bovem feret qui vitulum tulit » Et s'adressant aux princes^ qui demeureraient indifférents à ces spoliations exercées sur d'autres^ il continuait : « Par un juste jugement de Dieu^ vous endurerez en Yostre personne ce que vous aurez laschement enduré en ceUe de vostre voisin; et vous serez secouru comme vous aurez secouru autruy. » Mss. siippi. fran^^^ 1238^, t. \lil.
LIS ARUËJHf.NTS. 4»5
Goidé. Jastement inquiet de cette passion qui ne se dissimulait pas, le prince de Condé s*ètait enfui tTec 8a femme, et avait été à Bmxelles demander asile à Tarchiduc Albert. La nouvelle inopinée de ee départ jeta Henri lY dans Témotion la plus vive : il en éprouva une douleur qui remplit quelques-unes de ses lettres, et dont l'expression naïve pourrait toucher si une flamme plus jeune , et après tout moins condamnable, l'avait inspirée. La tristesse de rhomme devint bientôt le souci du roi. Quand ii vit le prince de Condé porter plainte contre lui, pour un tel motif, à des cours ennemies, quand il le vit, d'époux offensé se faisant rival illégitime, entretenir les souverains de l'Europe de ses droits à la couronne de France, quand il apprit la réception injurieusement pompeuse que le gouverneur de Milan avait, au nom de l'Espagne, préparée au prince fugitif, son ressenti-^ ment contre cette puissance s'aigrit, a Us veulent, écrivait-il, le reserver exprès pour s'en aider et prévaloir contre mes enfants après mondecez^,» et cet outrage à son trône, le plus sanglant qu'on pût lui faire, aiguillonna pour la lutte qui allait s'ouvrir ses résolutions déjà formées.
Il importe de ne pas s'y méprendre : l'incident ciuc nous venons de dire excita l'urdcur de Henri lY, mais
1. AmboêS. de M. de la Boderiey t. Y, p. 58. 22 février 1010.
ue JétermiDa en aucune façon sa conduite. Les iaf/i sont ici les meilleurs témoins.
C'est le 29 novembre 1609 qu'a lieu la fuite ou plutôt l'enlèvement de la princesse de Condé.
Quelle avait été jusque-là l'attitude de Henri IVf Nous l'avons vu : à peine la mort du duc de Clètes connue, il avait pris les devants auprès des prince d'Allemagne. Le 30 mai il leur offrait son appui, se déclarait prêt à uempescher toute voye de fairl leur préjudice. » Le 15 août, il écartait les sollicits-J lions de l'archiduc Lèopold, en lui exprimant Bolution ferme et amiable de ne point souffrir qu fasse tort à ses amis, tant que Dieu luy douneral le moyen de l'empescher. » Quelques jours après, il «■ levait le courage des princes allemands, et en leur promettant de « se porter à leur action, » il ajoutait qae son secours ne consisterait pas a en parolles, « mais «en effects. » Le 16 octobre, il avertissait le Pape qu'il « seroit contrainct d'unir et joindre ses armes i celles des princes intéressez en ceste cause, a Dès c( époque aussi, il prévoyait l'étendue de la guerre, écrivait qu'une fois engagée, elle deviendrait g< raie '. Le 10 novembre 1609 enûn, il renouvelait
1. LettredurofaM.de Beniy, son ambassadeur àBruielIr's. (octobre 160B). Mss. supp!. franc. 1238*, 1. VIII.
avis aux princes allemands, et les pressait de « baster 1 assemblée » d'où ils devaient sortir unis et armés.
A partir du 29 novembre, une autre préoccupation s'est glissée dans les dépécbes du roi; elle va, dans les premiers jours, jusqu'à en déranger l'ordre, et le trouble de Henri lY se trabit jusque dans Tincohérence de ses instructions. Mais sa prudence survit à ce transport : les réserves qu'il posait naguère à son intervention, il ne s'en est point départi. Convaincu de la nécessité d'une résistance ouverte, il ne se décidera pourtant à l'opposer que à ses alliés le soutiennent dans la mesure qu'il réclane : après comme avant le 29 novembre, soit qu'il corresponde avec les princes d'Allemagne, soit qu'il s'adresse au roi d'Angleterre, il fidt ses conditions : a Je ne veux, dit-il le 22 décembre 1609, danser seul b bransle sans sçavoir a qui je doibs faire bien et de qui j'en doibs attendre la recognoissance * . » A l'égarc de ses ennemis, il ne se refuse point à un juste acconmodement. Il consent à confier le ducbé de Glèves à m tiers, fût-ce même au duc de Saxe ; mais son offn est repoussée par les Espagnols. Au commencemeit de l'année 1610, le inarquis de Bonzi vient, au ncpa du grand-duc de Tos-
U A M. de Bongars. — Mss. supl. franc., 1238*, t. VII. — %ez aussi Ambass. de la Boderie t. V, p. 33... <. Le uoi ne ^eut seul endosser la cuirasse. » \lleroy à la Boderie. 6 février 1610.
488 l'A FIN DU REGNE.
cane, lui proposer de remettre les États litigieux à Bassompierre, sous la réserve que celui-ci prêtera serment à Tempereur en même temps qu*au roi. Henri lY se rend encore à cette ouverture ; mais sa réponse ne fut connue des intéressés qu*après sa mort*.
Cependant il presse ses armements; il s'occupe activement de recueillir le fruit de ses longues négociations. Tout en réunissant les secours avec lesquels il compte ouvrir la guerre, Henri IV ne perd pas de vue ses grands projets; il veut suivre, derrière le feu de la lutte, les combinaisons qui doivent en faciliter Texécution. Des ambassaleurs sont désignés pour se répandre, suivant Toccadon, dans les divers États de l'Europe, pour interroge.' leurs dispositions, ou terminer avec les souverains bs arrangements commencés, i Béthune se rendra auprë du Pape et des petits princes de r Italie ; BuUion aup^s du duc de Savoie et de la République de Venise ; (aumartin ira en Suisse, Préaux dans les Flandres, Scbmberg en Saxe, en Bavière,* dans le duché de Brunavick et auprès du marquis de Brandebourg ; Mongla^à Gonstantinople ; Bongars, le négociateur aimé de l'jjlemagne, resserrera les intel« ligences avec la Hongie, la Transylvanie et la Bo hèmc ; Boissize continiera à la cour des rois de Dane^