LBtkes mimi, U Yll, p. 871. 20 mars
Tel est le dénombromeut des puissances sur lesquelles s'appuie Henri IV. Les unes ont formellement engagé leur concours; les autres semblent incertaines. Celles-ci, pour la plupart, se mettront en mouvement quand les premières auront marché. Comme pour ajouter une dernière confirmation à la politique du roi, ces alliances offrent ce caractère qu'elles tiennent à des eamps opposés; en redevenant chef d'armée, Henri IV oe cesse pas de se montrer arbitre. Au moment où les Espagnols l'accusent de conspirer contre la foi catholique, il oblige les princes d'Allemagne h la respecter, et malgré sa liaison avec les États pro* testants, il conserve si bien son dévouement envers le Saint-Siège, que le roi d'Angleterre hésite à le suivre, dans la crainte de le voir tout à coup se rapr ppocher, par l'entremise du Pape, de la cour de Madrid*. Au Souverain-Pontife il fait dire, par le cardinal de La Rochefoucault : « Sa Majesté employera volontiers son crédit et pouvoir a composer les dicts diffe- *^nd8, si elle s'apperçoit que Ton y procedde sin- <îerement et de bonne foy. Mais aussi, s'il advient 9>6 l'on en use autrement ou que l'on aspire a conij^rtir çn guerre de religion ces débats qui seront purent temporels, sa dicte Majesté sera contraincte
<• Ambass, cle la Boderie^ t. V^ p. 163. LaBoderie àHsnri IV. ^•^ avril 1610.
de franchir le sauU avec ses amis... C'est pourquoy Sa Saincteté est suppliée, si on en vient aux armes, d'estre contente de faire l'office de Père commun, afin de se reserver le pouvoir et Tauctorité de composer après les affaires et modérer les aigreurs qui s'en suivront*.» En même temps, il protégeait contre l'animosité des princes protestants la religion catholique, et il disait publiquement que « si les princes catholiques d'Allemagne estoient troublez pour cause de religion, tant s'en fault qu'il voulut favoriser les protestants, qu'il seroit le premier qui se joindroit aux autres pour les fortifier, comme un prince et roy 1res chrestien doit faire*. »
En France, l'armée achevait de s'organiser. Deux corps étaient formés : l'un placé sous les ordres du maréchal de Lesdiguières, Tautre que le roi commanderait en personne. Il était question d'établir aussi im troisième corps sur les frontières de l'Espagne ; il serait confié au maréchal de La Force , et porterait au besoin la guerre dans les États de Philippe III ; mais son emploi était encore douteux. Quant à Lesdiguières , il devait amener, suivant les conventions du traité de i]nisol, douze mille hommes de pied et deux mille chevaux au duc de Savoie : à lui revenait le soin d'ou-
/. Instruction au cardinal de La Rochefoucault. — Mss. Oapuy, 557.