‹ Henri IV et sa politiqueChapitre 171 sur 181 · Matthieu^ p · texte numérisé non relu

Matthieu^ p

2, Lettres missives, t. V^ p. 696.

ces craintes lui revinrent avec plus de force. « Je ne sais ce que c'est, disait-il à Bassompierre dans les derniers jours du mois d'avril; je ne sais ce que c'est, Bassompierre, mais je ne puis me persuader que j'aille en Allemagne. Le cœur ne me dit pas que tu aillesaussi en Italie*. »

Pour conjurer ces pressentiments, il voulait se rendre immédiatement au milieu de ses troupes. 11 lui semblait qu'à leur vue toutes ses anxiétés auraient disparu. Il était si fier de son armée! il en parlait avec tant d'orgueil ! c< Qu'y a-t-il au monde, s'écriait-il, qui puisse résister à cela? Que ne feroient pas deux mil gentilshommes en présence de leur roy? Ils esbranleroient les montagnes^ ! »

Le sacre delà reine arrêta son désir. Le jour approchait où Marie de Médicis allait être couronnée régente; elle tenait beaucoup à ce que le roi fût présent à la cérémonie. Henri IV, qui avait peu de^ goût, et alors moins que jamais, pour ces grandes pompes, ne voulut pas affliger la reine par un départ précipité, et, malgré les instances de ses conseillers, il resta. c( Que dira ma femme? répondait-il à Sully, car elle a merveilleusement ce sacre en teste ^. » Mais ce retard pesait à son âme; ses appréhensions ne fal

Page 1