‹ Henri IV et sa politiqueChapitre 173 sur 181 · Matthieu, p · texte numérisé non relu

Matthieu, p

2 YieduV, Coton, par le P. d'Orléans, p. 442 et suiv. — Histoire du duc de Mercosur, 1659, p. ilU 3. Matthieu, p. 8i7.

Bassomplerre se présentèrent à lui et l'accompagnèrent jusqu'aux Tuileries. 11 les égayait l'un et l'autre de ses Tivesreparties, et M. de Guise ne put s'empêcher de lui faire compliment sur cette grâce aimable qu'il mettait en toute chose; mais cette réflexion, qui aurait dû lui agréer, le ramena soudain à ses tristesses. « Tous ne me connaisses pas maintenant, vous autres, leur dit-il; mais je mourrai un de ces jours, et quand TOUS m'aurez perdu, vous connoistrés alors ce que je Valois, et la différence qu'il y a de moi aux autres hommes. » A ces mots, Bassomplerre se récria et se plaignit de ce que le roi troublait sans cesse

ses fidèles sujets.de l'annonce de sa mort, lorsque tant de prospérités l'environnaient : « Mon ami , répondit Henri IV en soupirant, il faut quitter tout cela *. »

Plusieurs avis lui avaient été donnés pour qu'il ne

s'éloignât point de son palais dans la journée. Il n'en voulut pas tenir compte. Le duc de Vendôme étant

venu lui rapporter les prédictions sinistres de l'astrologue La Brosse, il sourit de sa crédulité, et lui recommanda de ne pas effrayer la reine par ces vains propos. Il s'entretint des affaires publiques avec quelques-uns de ses conseillers, et devant eux il en vint ,

à traiter successivement des divers sujets qui avaient i. Mémoires de Bassomplerre^ p. 71.

le plus excité sa sollicitude. On eût dit qu^à cette heure suprême quelque chose le portait à rassembler toutes les inspirations de son règne; sa grande âme se montra dans ses paroles avec son ardeur patriotique et chrétienne. Il conversa longtemps de la situation de ses finances avec le président Jeannin. 11 lui exprima son intention de travailler résolument a à la réforma tion de son Estât en toutes ses parties, » de soulager les misères du pauvre peuple, et de « ne plus souffrir que cy après l'or eust plus de pouvoir eu son royaume que la vertu et le mérite.» Il ajoutait qu'il faisait appel, pour l'aider dans cette grande entreprise, aux efforts de tous ses bons serviteurs *.

A un personnage de sa cour il parla de ses desseins pour la religion; il recherchait, disait-il, les moyens de ramener à l'Église cathoUque un de ses gouverneurs de province qu'il avait en grande affection, et il se proposait, au retour de son expédition, de préparer l'entière réunion de tous ses sujets « par des remèdes si justes et asseurez qu'ils ne seroient rejettes que de ceulx qui aymeroient mieux la maladie que la guerison. d Son interlocuteur, demeurait tout ému de ce langage : il admirait de voir le roi , au milieu du bruit des armes et des préparatifs de guerre,

/. Matthieu, p. 819.

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