I. Letires missives, t. Vl^ p
$&i LA FIN DU RÈGNE.
boutiques, les villes, les campagnes, les catholiques comme les protestants, les paysans comme les hommes d'État, tout était en pleurs, a Je meurs de notre commune perte. Je n'ai point assez de larmes pour la pleurer, écrivait Villeroy à la Boderie *. » Dans les provinces, les pauvres gens des villages, se pressant sur les grands chemins, étonnés, muets, hagards, attendaient des passants quelques détails, et, lorsque la cruelle vérité leur avait été confirmée, ils se répandaient à travers champs «c comme brebis sans pasteur ^, )» avec des cris de désespoir.
Soixante ans plus tard, on se souvenait encore avec émoXU \ de cette inexprimablQ douleur, et Bossuet la retraçait ainsi à Louis ÎIY :
a II est arrivé souvent qu'on a dit aux rois que les peuples sont plaintifs naturellement, et qu'il n'est pas possible de les contenter quoi qu'on fasse. S^nsremonter bien avant dans l'histoire des siècles passés, Sire, le nôtre a vu Henri IV, votre aïeul, qui, par sa bonté ingénieuse et persévérante à chercher les remèdes des maux de l'État, avait trouvé le moyen de rendre les peuples heureux et de leur faire senti? et avouer leu'* bonheur. Aussi en était-il aimé jusqu'à la passion, et dans le temps de sa mort, on vit par tout le royaume