LA LIGUE ET HENRI IV
Jugements divers portés sur la Ligue. — Son principo était Juste; mais les ligueurs le mirent au service des ambitions politiques. — Henri IV se convertit à la religion, au nom de laquelle la Ligue s^était formée; mais il fit triompher le principe de l'hérédité monarchique, que les ligueurs méconnaissaient. — Paroles de Sixte-Quin sur la Ligue. — Les Guises. — François de Guise. — Henri de Guise. — Son fils. — Le duc de Mayenne. — La Ligue ruinée par son alliance avec l'Espagne. — Les projets de Philippe II rapprochent des royalistes une partie des liguent s. — Henri IV. — Son attitude comparée avec celle des Guises. — Roi de Navarre, il unit sa cause à celle du roi de France. — Protestant, il accorde à tous la liberté qu'il revendique pour sa propre conversion, — Français, il se présente comme l'ennemi du joug étranger et invoque toujours le sentiment national. — Caractère de ses victoires d'Arqués, d'Ivry et de Fontaine-Française. — Situation désespérée de ce prince après sa conversion. — Les protestants l'abandonnent, en même temps que l'Espagne Toblige à recommencer la guerre. — Comment il triomphe de ce eitrémités. — Paix de Vervins et édit de Nantes
La France a connu peu d'époques comparables aux temps où parut Henri IV; peu d'époques où elle ait [ouché de plus près à la ruine et se soit plus rapidenent élevée d'une agitation désespérée aune paix gloieuse. Un royaume se reposant à peine de gvieYve.a
LXIl iiNTRODUCTlOiN.
opiniâtres, et qui tombe sous la menace des nou^ tés religieuses : les divisions suscitant des luttes déshonore le meurtre et qui s'abîment en un masî immense ; la couronne ébranlée par des maisor vales, et trouvant tour à tour dans le crime sa geance et* son châtiment ; un prince que sa naiss appelle au trône et que ses croyances semblent à ja en écarter ; la misère, la famine, les progrès de Tel ger, dont les prétentions grandissent avec les malt de la France; et, au milieu de tant de vicissiti une nation qui ne sait où se prendre et aux maii qui placer son sort : quelles scènes 1 quelles anc quels souvenirs pleins d'une sombre et héroïque g deur!
C'est cette grandeur des événements, c*est cette jesté orageuse et confuse qui, se répandant si Ligue, font hésiter à la juger. Elle offre, dan choses et dans les hommes, de si frappants contra elle a traversé tant de phases diverses, et compris un nom unique tant d'inspirations opposées, qu'c saurait l'envelopper tout entière dans une seul même appréciation. Et pourtant que d'opinions traires elle a provoquées! En elle, les uns ont loué, les autres tout condamné; elle est arrivée qu'à nos jours tantôt exaltée sans réserve et t( flétrie sans mesure.
Nous n'entendons pas nous arrêter à la discusî
F L,\ LIGÛR ET HENni IV. i.xin.
■H ssifi vaine d'ailleurs, des droits de la Ligue. Les ques* ■ ÙOBB qu'elle fait naître sont de celles qui, selon le mot lia cardinal de Retz, ne s'accordent si bien eosemble çue dans le silence; quand des mouvements irrésis libles les ont livrées aux peuples surpris et emporlés, les raisonnementso'oDt guère d'empire. Mais il cal, à travers ces confusions, un fait qui, en résumant tout, semble tout éclaircir : la conversion de Henii IV fut à la fois le triomphe de la Ligue et la ruine des ligueurs. N'est-ce pas à dire que le principe de la Ligue élait juste, et que les ligueurs le détouroèrcnl?
Le droit public de la France ne se trouvait tout entier iii du côté de Henri IV ni du côté de ses adversaires : il était scindé. L'avènement du roi de Navarre mettait eu opposition deux principes j ueque-là réunis : ITiérédité monarchique que représentait ce prince et b religion nationale qu'il ne professait pas. IVut-on uieFf à moins de porter dans l'examen de ces temps les idées d'Un autie ftge, que l'union de la royauté et dii catholicisme ne fût entrée, comme la royauté même, dans la constitution? Kt celle union, la première des lois imposées au souverain, le pays n'atait-il pas quelque raison d'en réclamer le maiii-
Itieoî Une chose demeure certaine, c'est qu'après la Ligue, celte union fut rétablie et la pais avec elle, t'est que Henri IV, du jour oij il avait été ï «il reconnue pur &i promesse de se faire instvmtc t