LXIV INTRODUCTION
r/est que, sauf de rares exceptions, les meillei d'entre les royalistes, les évêques, ces cent évêqi si fermes à le soutenir, les principaux chefs de £ armée, les parlements invoquaient ou rappelai» sans relâche cette promesse de leur prince, soit pc attirer à lui les ligueurs, soit pour le ramener 1 même à leur croyance ; c'est qu'enfin la France ép sée, en proie aux horreurs des guerres civiles et péril du joug espagnol, ne se rallia à Henri IV qu près son abjuration, et que, cette abjuration une f prononcée, elle courut toute à lui.
Qui s'étonnerait de cette disposition? Qui ne coi prendrait qu'une nation, accoutumée à mêler enseml: sa foi et son histoire, trouvant dans les plus catholiqu de ses princes ses plus grands rois, et ne connaissa les protestants que par les haines malheureuses, né de leurs fureurs et de ses vengeances, qui ne coi prendrait qu'une telle nation eût répugné à laisg monter sur le trône, où se rassemblaient ses tra( tions, la croyance qui les brisait? La promesse qu vait faite Henri IV de respecter la religion catholiq était-elle une garantie suffisante à cette époque où partis erraient débordés, où la loi politique, parte confondue avec la loi religieuse, avait partout su ses vicissitudes, et où nulle part encore on n'avait un souverain professant une religion différente dn religion nationale ? Et si quelque exemple était proj
r ^r LA LIGDE ET tIESni IV. ixv
iencoiiragpr les appréhensions des ligueurs, n"(H;iit-ce jflâ le speclacle qiie leur offrait alors i'Anglek'n-o, rjiangeant trois fois de religion au gré des trois nio- .lanjues qui l'avaient successivement gouvernée?
Celle résolution de maintenir, en dehors de tout ealcul politique, la religion catholique sur le trône de laiDt Louis ne fut donc pas seulement la pensée d'un ^i ; elle entraîna dans un même ùlan toute la France.
Mais la Ligue ne fut pas là tout entière. Comment oublier, en effet, à côté du principe qu'elle ît Iriompher, tant d'excès dont elle précipita le coure, 1k intérêts exploitant ou eiîaçant les croyances, les fureurs des Seize, qu'il âuffit de nommer, les théories lérolutionnaires ou tyranniques loar à tour invoquées, kl royauté menacée par la Ligue avant même de l'être F la Réforme', et celte alternative née de l'enlnil-
i. La Ligue commEusï ù Péroniie en 1576, fl una Époijuo où fljcrilier prûsomplif de la couronno élail, mua pus Henri do Nanrie, mais le duc d'AuJou, frère du roi Henri IIL Aussi ]es fOTtBBtes, dans l'instrucliun qu'ils donnèrent en 1 591 au duu do iûeinbiyurg, se tendaiit on leur nom auprès du pape, disaieiit- : B Sur ce que la créance que 1g 107 tient aprésent au faict la religion est damnée ou réprouvée en l'Eglise, ils (les HfSlisiBs) pensent leur (des ligueurs} feint zale a la conservation d'icelle, duquel ils font rempart en leur injuste cause, gnt prouvé. Ce qui auroit quelque a ppare ara ia moîna pour aucunement escuser envers les plus simples ' bttte qu'ils font de Ikire la guerre a leur prince souvom ne l'avoient commencée gîte depuis son aâvenemeni a la oou- <{.
Dr^if i: I--f r.iT'i?. n:^ ti*im roi catholique qui ne M y^ii Irz.T.iif. eu rG3 loî iratîiDe qui ne fût pasciù.:l:::ar7 Iijizis ca :» Sentit plus le besoin de séparer . ^ ilrs î^iuiIoLï Crs hommes les conseils de Dieu, eth 'à ciîin dr il F^nL'^îdfn^?. anétant à une fin eommune-^l ce^ ambitions ài^p^7^es Teis des buts si divers, n^ap* %^ pirat jamai:^ en mie lumière plus éclatante. f
Sissdoute, la réunion des deux principes qui constà;* tuiirDt li monarchie trouvait dans l'un et Tautre camp tes pirtisacset ses adversaires. Dans les deux camps se rencontr.tient ces factions turbulentes, ennemies de toute paix, érigeant les haines en préceptes etlesdlTi* sions en doctrines, exagérant, celles-ci les droits du roi, celles-là les droits du pape, sauf à les compro- , mettre de leurs Tiolences, ou à les méconnaître, dans . le mutuel rapprochement du pape et du roi, par leur révolte. Dans les deux camps aussi, des esprits sages et modérés, véritables interprètes de la religion et de la France, s'avançaient par des voies opposées vers un même but. Jeannin, Villeroy, et peut-être à de certains , moments le duc de Mayenne, marchaient sur ce point d'accord avec Luxembourg, le duc de Nevers, Tévêque (ie Paris ou rarchevèque de Bourges*. Mais les roya-
ronne. Mais le premier et le plus violent éclat de leurs mauvaises volontés est advenu du vivant du feu roy et contre sa persorm» 'îiesmc... » Bibl. riat., anc. fonds, 8357
1, « Co sont discours de dire, répondait aux ligueurs le comte