‹ Henri IV et sa politiqueChapitre 23 sur 181 · LA LIGUE ET HENRI IV. LXVU · texte numérisé non relu

LA LIGUE ET HENRI IV. LXVU

listes eurent cette fortune de trouver à leur tête un prince qui, personnifiant un des deux principes, devait bientôt se soumettre au second; tandis que les ligueurs, divisés en eux-mêmes, sans chef reconnu de tous, révoltés contre l'autorité monarchique sans représentei de droit la religion catholique , s'égarèrent dans la mobilité de leurs prétentions.

C'est le malheur des peuples qu'a soulevés une grande passion politique ou religieuse, de ne pas savoir se contenir dans les limites du vrai, et de se précipiter toujours au delà du terme qu'ils entreprennent d'atteindre. Incapables de se fixer à une idée pure, il leur faut lui donner un nom, l'animer dans un chef, et ce chef, une fois choisi, devient tout ensemble leur instrument et leur maître. Ils le poussent en avant et ils le suivent à l'aveugle; leur impatience s'ajoute à sa témérité pour l'enflammer et l'exalter à mesure, jusqu'à ce qu'enfin, emportés par ces ambitions dont ils ont enflé les voiles, ils courent tristement échouer. Heureux si, à bout d'efforts et de périls, il leur est

de Chavigny, que nous combattons contre la religion catholique, laquelle nous avons toujours deffenduo, sans y espargner nos vies. : de quoy nous avons donné de très signalez tcsmoignages et gcirderons bien,' avec Tayde de Dieu, qu'elle ne se perde eu France. Car nous combattons seulement pour TEstat cdntre ceulx qui le veulent usurper, lesque's vous s<mstenez contre tout droict et vostre devoir. » Palma Cayet, Chron. noven. Collection Michaud et Poujoulaf, t. XH, p. 457.

LXVIJI INTRODUCTION, T.

donné d'abriter sous le principe même qu'ils combat-::, taicnt leur cause compromise et lem*s espérances roi- .^.

nées !

Telle fut la destinée de la Ligue et de ses chefe, les ., princes de la maison de Guise. L'histoire des Guises-^ est intimement liée à l'histoire de la Ligue. Leurs ... grandes actions comme leurs fautes sont sorties de , cette lutte et composèrent son cours. Entre leurs mains .. la Ligue commence avant le moment où elle eût été juste, et ne finit qu'après celui où elle devenait inique. a En quelle école ont-ils appris qu'il faille former des partis contre un prince légitime?» disait Sixte-Quint, . Ce caractère de révolte que le pontife dénonçait en ces termes, ce fut l'ambition tour à tour hâtive et opiniâtre des Guises qui l'imprima à la Ligue.

A peine arrivés en France, les Guises remuent autour d'eux comme un pressentiment de leur puissance. Nouveaux venus à la cour, ils prétendent y tenir la première place * ; ils trouvent dans les dissensions religieuses un prétexte à leur élévation, imposent à la

L Mémoires de Fonteaay-MaîeMiV. Collection Miohaud et Poujoulat, t. XIX, p. 26,

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