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LA LIGUE ET HENRI IV

Myauté une protcclion qui Ja dégrade, et, en mcine temps que se publient des généalogies poui* ratlaclier à tharleraagne l'origine de leur maison, ils suscitent f^ toute la France ces associations qui, sous l'ambifuIté de leurs foionules, cachent une menace à la dylastie et un encouragement à ses rivaux. Chose remarquable ! les prétentions des Guises s'accroissent à mesure que diminue leur génie, et ceux d'entre eux qui semblent le plus près du trône en paraissent aussi les moins dignes.

Le premier de tous, c'est François de Guise : sa grandeur tient de l'inspiration. Il voit le protestantisme en aiTOies, les consciences eiFrayées, la royauté affaiblie ; il n'hésite pas : agité du sentiment confus u'une grande mission, ne trouvant autour de lui nul '.L-f pour guider les résistances, et comme sollicité liV les regards d'une nation que son bras a déjà sau- \':". il prend le glaive et engage la lutte, comme d'aulî-j? prennent le cilice et fondent les ordres religieux. C»?t la même aideur, née du même péril et s'exaltant .'. '• lui. L'ambition peut se mêler à ce transport; elle :/ii point le temps de le détourner et n'atteint pas à «•■ s li.iuteurs de rànic, tout illuminées d'une croyanciî ({VA. ^'échappant, à ses derniers instants, en un pardon tuLlime, répand siu' cette vie guerrière l'auréole d'une :'.iiilemort.

IL mi do Guise conthniQ le rMo^ njais uon\a e\o\\<^

j^X.\ INTRODUCTION.

ie son père. C'est un frondeur transporté dans la Ligue. Il retire à l'entraînement religieux tout ce qu'il j donne à Tintérét politique, moins ambitieux peut-être j de pouvoir que de renommée, et, par goût comme ; par aptitude, mieux fait pour soulever un parti que pour le conduire, pour ébranler un trône que poui s'en emparer. Nature généreuse, mais inachevée, mé* lange de légèreté et de bravoure, d'insouciance et de présomption, de hardiesse et d'indécision, il précipite les occasions et ne sait pas les saisir ; il essaye et délaisse tous les projets, y intéressant tour à tour Henri III, Philippe II, le roi de Navarre lui-même, et ce héros de Lépante qui, tout ardent aux entreprises, se reposait impatiemment dans sa gloire *. Il voit conspirer à ses fins la faveur populaire, les événements, l'indolence du souverain, et, agitant d'une main plus téméraire que ferme ces puissants ressorts, il insulte la cour, il encourage les factions, il les pousse à des extrémités qu'il n'ose pas franchh% et n'arrive en définitive qu'à jeter dans l'àme épouvantée du roi une perturbation dont, le premier, hélas! il tombera victime.

Avec lui commença ce qu'on appelle proprement la Ligue : ligue depuis longtemps formée, reposant, dès 1576, sur une constitution menaçante pour la royauté, et que consacra, en 1585, le traité de Join-

i . Ranke, VEspagne sous Charles V, Philippe U et Philippe ÎU p. 190.

LA LIGUE ET UENBI Lx\|

ville, nenri de Guise lui avait impûsé tout d'abord les deux caractères qui devaient la compromettre et la perdre. En la tournant contre Henri III, il forçait ce prince, comme le prévoyait Sixle-Quint, à s'appuyer Sur les huguenots; il divisait les catholiques, et, selon le mot du cardinal d'Ossat ', il faisait de la sainte union ruiiton des hérétiques et la désunion des callwtùjues. En invoquant les secours et en acceptant la prééminence de l'Espagne, il préparait le jour où le soiu de combattre son parti deviendrait la cause nationale.

L'alliance de la Ligue avec l'Espagne eut d'autres încon'vénients : elle répandit dans les esprits les idées de despotisme qui dominaient le gouvernement de Philippe II. Avant de prétendre entamer la France, l'Espagne l'envahît moralement; elle inspira les demandes des ligueurs, et on eut ce singulier spectacle d'un grand mouvemeul populaire, fait au nom de la BLerlé contre la liberté, mêlant en soi les idées les plus opposées d'oppression religieuse et d'anarchie ci- Tile, et réclamaol à la fois le rétablissement des franchises provinciales « dans l'état où elles étaient du temps do Clovis, » et les persécutions contre les dissidents. Il faut le dire : si tristement représenté que fût le pouvoir à celle époque , si naturel que parût l'ascendant des Guisi^ eu face de princes tels que leu

f . Mémoire sur la Ligw, par le cardioal d'Ossat, eu lète de 10. Vie.

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