Id., &a connétablo de Houlmoiefioy, p
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treprises de l'Espagne. Cette situation de Henri IV revit tout entière dans ses lettres : quand on lit ce récit animé de toute Téloquence du désespoir, quand on entend ce prince parler de ses périls, des ingratitudes qu'il lui faut subir, des maux qu'il endure ; quand on le voit, obligé de se multiplier, d'être partout à la fois, ici pour combattre les ennemis, là pour réprimer une révolte ou pour obtenir l'enregistrement d'un édit, porter seul le poids de ces luttes où tout semble conspirer contre lui, on est saisi d'une sorte d'admiration pleine d'angoisses devant tant de génie, tant de cou« rage, tant de ressources, et une fortune qui semble les déjouera plaisir de son implacable malignité.
Comment triompher de ces obstacles? comment ré* sister seul? quel parti prendre? -^Veut-il continuer la guerre? Mais ses ennemis s'accroissent et s'enhardis* sent chaque jour; mais le Souverain Pontife demande l'union des nations chrétiennes; mais le peuple est là, ruiné, exploité, mangé ^ impuissant à guérir ses propres blessures, et victime dés exactions que la guerre traîne après elle. Henri IV envisage ces calamités et songe à traiter. Alors s'élèvent d'autres difficultés; le bruit de ses desseins alarme ses alliés ; l'Espagne se plaît à exagérer la portée des négociations, et, tout ei. poursuivant la guerre, elle menace l'Angleterre et la Hollande d'une paix qui les irrite contre la France. L'Angleterre, désireuse de recueillir les avantages de
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laliilte sans en affronter les malheurs, marchande à Henri IV ses secours à des conditions que ce prince refuse noblement de siibii'. Aux premiers bruits de la pais, elle se ranime, elle prie, elle s'emporte, elle promet des troupes et s'oppose par toutes les voies à la conclusion des traités' . Telle est la position de HenriIVi seul, ayant à redouter ses alliés presque à l'égal de Eesennemis, et ne trouvant autour de lui qu'hostilité et misère : <c Je ne seays quasi pUis à quel sainct me wner, » écrit-il à Schomberg ; et à du Plessis : « Si TOUS voyés ma condition, vous la trouveriez pire que du roi de Navarre, car je ne suis assisté de personne *.» Cependant il suffit à tout. Dans les dernières extrémités, au risque de perdre une armée, il réprime les compagnies qui se déshonorent par leurs déprédations; il médite, au milieu des combats, la réorganisation de ses finances et les grandes réformes de son règne ; U enveloppe dans un simulacre de guerre des négociations que traversent à chaque instant les défiances de l'Angleterre elles trahisons de l'Espagne. Enfin, au moment décisif, alors que, partagé entre les
j. a Ils (les Anglois) eussent bien voulu par leurs délations et remises me faii'e perdre l'occasion qui se présente de pacifier mon royaulme, pour faite lousjours leurs affaires à mes dépenSjgaudiret profiler de mes travaux. Mais je n'ai pas esté conseillé de ies croire. » Lettres missives, t. IV, p. 973, Au conj nétable.
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pi*otestants qui réclament des réformeB et les catholiques qui demandent la paix, il semble obligé de choisir entre deux partis contraires et également dange-^ reux, Tun qui, en le réconciliant avec l'Espagne, lui aliène tes protestants et les États du Nord, l'autre qui, en calmant les protestants, ranime l'Espagne et porte ombrage au Saint-Siège, il prend à la fois ces deuy partis; il s'expose à ces deux périls» La même année voit signer la paix de Vervins et l'édit de Nantes; elle les voit, et, rencontre à jamais mémorable! elle voit commencer de ce jour le triomphe et la puissance dé Henri IV. De ce jour il est roi, de ce jour il gouverne la France et dirige l'Europe. C'est ici qu'il faut le contempler et qu'apparaît aux regards la politique dé don règne.