POLITIQUE INTÉRIEURE
LES AFVAIRKS RELIGIEUSES
L'ÈDIT DE NANTES
Plan gf^néral de la politique de Henri IV. — Les affaires religieuses an dedans du royaume. — Importance que Henri IV attaclie à son titre de fils aîné de l'Église. — Il se substitue aux ligueurs dans la défense de rÉglise ; mais c'est par la tolérance qu'il veut la servir. — Aux protestants, il accorde le libre exercice de leur culte, mais il retire à la Réforme son caractère politique. — La tolérance également méconnue des lifz^ueurs et des protestants. — Édit de Nantes. — Son vrai but. — Henri IV veut maintenir, au milieu des dissensions religieuses, l'unité civile, et préparer," par la liberté, la réunion des croyances. — Ses promesses en faveur de l'Église catholique.
Il y a un danger à tenter de décrire la politique-
d*un règne : c'est d'en faire un système, c'est delà ré-
l)réseuler comme une ihcorie tracée d'avance et dont
-1- AiFAlIiEb IitLlù:£Lî£5.
- - ■: •.::!• inaisons, formée? -q dehors Aps faits, ï .n :: h.'i aiitrrfi d«ts- ua ordre mvaji- •: ou. Un tel point Je vue sei^it le plus ..'. \.- :. .'4 pîiqiit- suiluut ;x un- epj jue de àé- -^ > l..:::5, où los princip'^s oh.iQcellentsiir ■-> >ii: - .tïjr: mou\antH2, où les surprises des •-. us .'.«.i.ouctrttnt le? plus surs calculs et triom- .-> ■.•is.-u:i.'iis l^rs mieux établies. Mais, lors- . .- îvi2si.^»7 i;u iega»r en son ensemble, lorsqu'on »..iv..!n' ?es c:5érei]ts actes des circonstaucesaumi- , .« - .u^ li» ^ ùs Se îout produits, on pjut, sans aspi* ...t ji>ciï-ou idéale, kur assigner certains ca- *. V ■>, ;C dcmclor, à tra\ers la succession des . . .4 ui*, uut unité qui pour n'être pas née tout à ^ •. ? .'->i?îit du souverain, uVn a pas moins do- ..* >t> LÛans. C'est ce que nous voudiions esvui .1 le^ut de Hfr-nri IV.
..* .ciiaii> comme au d^'bors de son rovaume, % iiuuv.iiL à accomplir une œuvre à la fois po- , . . iiiigkUM.'. Au dedans, le libre exercice du .,..wcMK»ùi .4 Ujilor, la prépondérance de la foi . . iUk.uuiiir, et le soin de la défendre, ,. .,v .iviiou, à rei)lacer entre les mains . V5» .iiivtioune. Au dehors même , . .i livi té de conscience à réclamer . , .V >v V i Ntvutés pai'tout où triomphait ^x..,v v». 'b'.4ise à protéger contre
L'EDIT DE NANTES. l
h enyahissemeTits d'une puissance qui couvrait de iriifdon ses projets de conquête, la Papauté à dégHjçer iW. soUdarité qu'elle désavouait, et sa suprématie ttoiale compromise par les violences de l'Espagne, à relever d'autant plus que sa juridiction temporelle sem- Hatrenversée. "Voilà pour l'œuvre religieuse. L'œuvre joBtique ne faisait que refléter ces caractères. Au dedans c'étaient les institutions ébranlées à raffermir, nne nation, déchirée par des tentations contraires de Tévolle ou de lassitude, à reconstruire sur les ruines des factions, unie et libre sous l'inspiration de la royauté. Au dehors, l'équilibre européen à assurer, les accroissements démesurés de l'Espagne à réduire, les Etats faibles à protéger, et la France trouvant dans ••i seule influence ce pouvoir que l'Espagne avait en Tain demande à son ambition. Tel était le boioiii du temps; telle fut l'entreprise de Henri IV.
Suit qu'il promulgue Tédil de Nantes ou qu'il rapp"!lr- les jésuites, soit qu'il s'efforce de ruiner les projet j de l'Espagne ou qu'il entre dans les conseils de la Pt:;.iuté, soit qu'il rassemble autour du trône les ciiîses divisées de son royaume, soit enfui qu'il délivre les Provinces-Unies, et qu'intéressant à la préjHindérance de la France la liberté de l'Europe il niédjl»; l'expulsion des Turcs et l'union des nations ciiiL'tiL-niies, c'est toujoui's la mrme inspiration qui le guide et le même but gu'iJ poursuit. Associer dani
une œuvre commune le sentiment national et la peni religieuse, et, pour mieux assurer leur victoire, si stituer, dans tous les ordres, le droit à la force et Y fluence à la conquête : c'est là tout le plan de ce règ catholique et français.
Ilssayons de retracer d'abord la politique intériei de Henri IV, et puisque les principales difficultés c rencontra son gouvernement tenaient aux luttes croyances, commençons par examiner sa politic religieuse.
Le premier acte qui la signale, c'est l'édit dé Nant La Ligue ne s'était pas évanouie tout entière qua parut l'édit de Nantes. Elle survivait dans Fopini^ activement entretenue, qui, en dépit des événenaer persistait à voir dans le roi très-chrétien l'ancien ] rétique, et à chercher hors du trône les véritah appuis de la foi catholique. Cette rivalité sourde, poi dans les consciences entre la Ligue et lui, Henri eut dès le principe à cœur de la détruire. Le soin veiller aux intérêts de l'Église et d'assurer sa libe ne lui apparaissait pas seulement comme le devoir sa conversion, mais comme le droit de sa couroai et ce droit, il n'entendait le soumettre à aucune c cussion ni à aucun partage. Aussi ferme dans le ma tien de son pouvoir que modéré dans son exercice souffrait impatiemment que des sujets prétendiss mieux servir l'Église qu'il ue \e l3L\^Sx\vi\-\svœîL'i, ^
WRi caiboliqtLe , 8*ecne4^ deyanf le parlement, Bne plas que tous; je 8i& p]u8 catholique que ■fc-ÏB «Diîs fils âisué de VÉ^se : ntil de tous ne Test B peut eslre ^I T^JesinÉ/Uiai9nédePÉgli8e:nul mm M Fesc ny h peui eslre. (Test là sa réponse aux ■jjLliiîiu de sa foi : c^est là le priyilége qu*il oppose à ■■jBonteÉaatiiHis, privflége que lui seul a reçu, que «fat peut roTeûdiquer, . et dont il veut en quelque ■Kimprinier la conviction au cœur de ]a France. ■fiujiJBe di*autant plus difScile, qu'en arrachant à lUîgiie son principe il ne lui empruntait pas ses Bieii'ièt qu*à là persécution il substituait la tolérance 1 Bjii.1oléraiioe était, comme l'hérésie, une houTcauté Bnr la France. Sans doute, comme l'hérésie dans la pneté, elle avait plus d'une fois pénétré dans les lois. Mais ces apparitions n'avaient été que passagères, et, les dissidences religieuses n'étant jamais parvenues à ïétablir en France, la tolérance était devenue sans objet au sein d'une nation où l'unité de foi s'était con- «er?ée. Les siècles précédents avaient vu rassemblés AinsuDe même croyance tous les peuples de l'Europe. [ la religion catholique était tellement entrée dans Ja [ Mciété, qu'elle formait le fond des idées aussi bien que I kloi morale, Ot comme celle-ci est encore de nos jours ^HHmite où s'arrête la liberté de conscience, celle-là
X l/tires mtsstves, t. V, p. 01, 7 février 1599.
• LF« AFFAIRES RELIGIEUSES.
traçait alors le cercle dans lequel devait se rénfei la liberté des croyances*. Elle n'était que la plus h eipresâion des lois morales, et, à ce titre, la premi des lois politiques, à la fois leur base iounuable et le suprême sanction. Ces deux ordres venaient se coi fondre dans Tautorité du Souverain Pontife, que l moTi^n âge avait vu maintenir contre les puissants lei priiK'ipes do justice naturelle, de la même main qiù rvpandait les grâces spirituelles sur les plus humbles do ui ohretieutè. Cotte unité, dont les bienfaits n*ODt j;uvuii$ otô mieux célébrés que par les écrivains protes* taut:^« cette unité était brisée : et, sans nous arrêter i examiner si c'était un progrès que la division dei crt^yances jetées sur Tantique union des fimes, un éta de choses nouveau commençait.
Tour à tour consacrée et proscrite, la tolérance sui vit en France les vicissitudes de la Réforme ; lorsqu'en fin h jvùx vint éclairer les ravages des guerres civile et les envahissements des nouvelles doctriiles, eili u*out plus qu'à prendre dans la loi une place défi lùtivo. Avec les événements changeait la politique CesutYossités^quine retombaient point sur le passé, c qui ne contredisaient pas des temps oii d'autres cii eoustanoes avaient autorisé d'autres maximes, la plu piut dts ligueurs se refusaient à les admettre; ils en temlaiinl maintenir dans la foi une unité rompu< tlaiis los consciences, et réprimer par la force ce qu(