A LA TROISIEME EDITION XIX
wmbattre au nom de la Ligue. Le roi de Navonv, ««n ne cessant de lui offrir son concours, lui avait «''vii»'* •i'avance l'huniilialion de le demander. Il lui cmoio •n tonte hâte du Piessis-Mornaj ; sans n(\ï2:li{::(M' de \\\p\t^Y les conditions nécessaires à la sûreté do son pâni. il est impatient de voir Tunîon conclue : o P<nir K«:\i! que l'cni ne m' este point le moyen de servir le m *. » Tout abaissé que soit le lïionarque, il sent qik'ilo force trouvera sa cause dans ce rai)proclh'inent ave la royauté. Aussi quel cri de triomphe lorsqu'apîv>la réconciliation de Piessis-lez-Tours, il a accompagné le roi jusqu'à Blois : « Je vous escris de lîlois ou il y a cinq mois que Ton me condamnoit héréîiqn(» £1 indigne de succéder à la couronne et j'en suis asteure le principal piher. Voyez les œuvres do Dieu avers cc-ulx qui se sont toujours fiés en luy. ('ar y avoit-il rien (jui cust tant d'apparence de force ([u*nn ?rrest des Etats? ('ependnnt j'en appelois devant Tekiy qui peut tout, qui a reveu le procès, et ras>é les airi>:s des lionmies, e,t crois que ee sera aux d:-|)ens *]*' iin!< ennemis. Oulx qui se fiejit en J>i(.Mi ef le >"r\.-i,f lie sont jamais confus ^. »
î-;: «.M\iH* ])ré\o\onre dicte la conduite de Ucuri ]\ •• vr- îa î/ij4:ue. Il di^tinj^ne dans la Lip:!ie l(»s clK'rs ■ ; ;•• r.-iiiiiiifion anime, et cetle feule. im:)'''îueuse et - •:• •!'=•. '[in* le Z'''le de la foi a jetée (]:\\\< la li!(i". dWi) :■. !.'•', vnrtie (]o (ous les lauji;^, compo-^ait, à vrai «iirc: Î! • iM«e du pays, l n préjugé invii^cihle la sépr.r.iil • •; ::?] de \a\ nrre. Fermeinciil atta^diécà la reii.'.;!on (Tii.';:.iq'j''. elle croyait voir en lui son ennemi déchue. Ujj lui rl«''p«.'i}2:nail ce prince sou^^i les couleurs Ic-^ phis
1 r,. ". ■ s „>(\^., t. II. p. .'lOO. A M. .lu Plossis, '>] mars 1589. • /'/"., '. II- i'- 't-"^'- î» l.'i C'nnf«'Sr-(» <l(^ (iiaiiionl.lS mai ir)SU.
XX miRonucTFON
odieuses; les mmcnri rie la Ligne, secondés par folle jaclajice des protestants exaltés, avaient imprii aux populations cette idée que jamais le roi de NavatT^^ ne reviendrait à la loi nationale.
Henri se rendait compte de ces dispositions; il évî-^^ tait avec soin tout ce qui pouvait les entretenir, et iVil ne donnait pas encore satisfaction aux catholiques, il s'elTorrait du moins de les rassurer. Au risque d'exciter les murmures de son i)arti, il les comblait d'él^ards, il ébranlait leur hostilité par sa douceur, il les amenait à regretter l'obstacle qui les séparait de liû. 11 avait déjà surpris, avant de se rendre auprès de Henri III, les marques de cîî^î changements dans l'armée royale : « Force de cenlx du roy, écrivait-il, se viennent rendre à nous, et des miens nul ne veut changer de maistre*. »
On confond quelquefois la modération avec la faîj)lesse du caractère. Elie exige, au contraire, en même temps que la suite dans les idées, une fenneté rare; car elle a sans cesse à repousser des attaques violentes, venues de tous les points. Henri IV, pendant tout son règne, rencontra ces attaques et les domina. L'Edit de Nantes mit contre lui les anciens Ligueurs ; le rappel des jésuites, les protestants et les parlements. Il avait appris, dans ses longues épreuves, à dédaigner les accusations : « Si pour les calomnies, disait-il, on couppoit toutes les langues mesdisantes, il y auroit bien des muets, et on seroit en peine do se faire servir 2, »
* l.eW' s miss., t. H, p. 459. — 8 mars 1589. *7/e//ri ] V et sa politique y p. Gl.
A LA TROlSlEMi] EDITIOÎÎ XXI
11 se plaîaait, avec sa finesse habituelle, à montrer WiiDment ces accusations se réfuîaiont les iinef? les autres. Il se vengeait gaiement do ceux qui autrefois avaient condamné sa modération, en leur faisant sentir que menacés à leur tour, elle devenait pour eux-mêmes use protection : « J'ay esté de deux religions, disait-il aux jésuites tfui venaient le rcnorcier de les avoir rappelés en France, et tout ce que je faisois estant luguenot, on disoit que c'estoit pour eux, et maintenant que je suis catholique, ce que je fais pour la religion, on dit que je suis jésuite; je jmsso par-dessus tout cela et m' agreste au bien parce qu'il est bien, faites ainsi^ vous aultres^, »
Les injustices des partis, loin d'aigrir son âme, le disposaient, comme tous les grands esprits, à Tindulgeuce. Il avait vu de trop près les fautes de ses défenseurs pour ne pas excuser celles de ses adversaires. On essayait de ranimer ses préventions contre les jésuites par le souvenir de ce que phisi.urs d'entre eux avaient fait sous la Ligue. « 11 ne leur faut plus reprocher la Ligue, répondait Henri IV, c\.stoJt l'injure du temps. Ils croyoient de bien faire, et ont esté trompés comme plusieurs aultres * » .
Ils croyoient de bien faire ! paroles admirables et que les partis ne prononcent jamais. Ils n'admettent pas la bonne foi diez leurs contradicteurs. Ils rivent un homme à ses erreurs passées; ils lui interdisent en quelf[ue sorte la sincérité du retour, même quand son appui leur serait le plus utile, et souvent ils aiTÎvcnt à soulever contre eux les hostilités, à force de les supposer.
• Henri lY et su politique, p. 62.
■7c?., p. 57. — L'jt'.rcs inias., fc. "Vl, p. 18Î1