‹ Henri IV et sa politiqueChapitre 54 sur 181 · y avait d'abord simplement ; de ceux · texte numérisé non relu

y avait d'abord simplement ; de ceux

4. Toute cette parenthèse a été ajoutée par correction, îi. Il en est de môme de ces mots : mes chers subjects.

VOUS faire approuver leurs volonlez * ; je vous ay as- ■ semblez pour recevoir vos conseils, pour les croire, .^ pour les suivre ^, bref, pour mo mettre en tutelle entre vos mains : envie qui ne prend gueres aux roys, aux : barbes grises et aux victorieux. Mais la violente amour que je porte à mes subjects, Textresme envie que j*ay : d'adjouster ces deux beaux tiltres a celuy de roy, me ; font trouver tout aysé et honorable. »

A cette tutelle, qu'il acceptait de si bonne grâce, Henri IV, il est vrai, mettait une limite. « Je l'entends, disait-il à Gabrielle, avec mon espée au costé. » Pour être expressif, le commentaire ne détruisait pas la promesse. Il signifiait seulement que si le roi n'entendait pas gouverner sans contrôle, il voulait pourtant maintenir le dernier mot à l'autorité.

Les délibérations des notables montrèrent combien les esprits étaient mal disposés à la mission qui leur était offerte. Ils passèrent tour à tour d'un excès de présomption à un excès de découragement, et, après avoir prétendu s'arroger à eux-mêmes l'adminisli'ation des finances, on les vit, au bout de trois mois, venir, effrayés de leur tâche, remettre au souverain le soin de la remplir.

Cependant leur réunion ne fut pas inutile. Di-

1. Ici sont effacés ces mots : fassent el les jvs tes ou non.

2. H y avait seulement d'abord : pour croire vos conseils, pour les suivre.

LES ÉTATS GENILIIADX. SJ

verses ordounancea s'inspirèrent expreaséiuent de leui's vcpux, el, choso remarquable, ce qui est le premier objet de rinter\ent,OQ du pays dans ses affaires, riaipAt, sous ce régne, se régla d'après la décision de l'assemblée de 1596 '. Ce fut d'après cette dëciâoa que s'appliquèrent les chiirges anciennes et que fut établie la Pancarte; « celte imposilion, dit le préamhulc de l'édit de 1602 qui la relirait, nous a^ait été accordée par l'assemblée des trois ordres de notre royaulme, tenue à Rouen, pour y subvenir aux grandes dépenses. » Les notables avaieul arrêté à trente millions le chiffre de l'impôt. Non-seulemeut Henri. lY ne dépassa point celte limite; mais, dans les dernières années, il l'avait réduite à vingt-six millions. Ce n'est pas, hàtons-nous de le dire, qu'il faille cherchep dans la politique de ce prince quelque penchant à partager son pouvoir, quelque application réfléchie de ces principes que les temps modernes, pour les combattre , les exagérer ou les défendre , ont rais en lumière. De telles idées n'étaient pas de son époque. Si la conduite de Henri IV parut, sur quelques points, les devancer, cela tint uniquement à sa modération naturelle et à ce tact singulier avec lequel il savait interroger les vœux et entretenir la confiance de ses ^ peuples.

, Histoire di Henri IV.

d4 LE GOUVERNEMENT.

Les États généraux n^étaient point réclamés. Ils avaient si rarement paru, et en des jours si contraires au bien qu'ils eussent pu faire, que leur absence devenait moins sensible. Les Parlements semblaient suffira à les remplacer. Lisez les jugements toujours indé' pendants des contemporains sur Henri IV. De tous les reproches qu'ils adressent à ce prince, aucun ne touche l'absence des États. Cependant le souvenir de ces grandes assemblées n'était pas éteint dans les conseils du roi. Sully le rappelait à Henri IV dans Ées rapports sur la situation de la France; il représentait au roi l'interruption des États non comme une loi, mais comme une faute et un malheur *. Une fois le royaume en paix , tel qu*il se montrait en 1610, il n*eùt manqué aux États que d'être désirés. Quand on s*est pénétré de l'esprit de ce règne, quand On a vu Henri iV, si ouvert à toutes les réformes, si attentif aux demandes de ses sujets, incapable de se résigner à l'isolement, même dans la toutepuissance, retu'ant ses édits devant les remontrances ou la froideur de ses peuples, et se trouvant mal à

l'aise s'il ne sent leur âme d'accord avec la sienne, on

ne saurait douter qu'au jour où la convocation des

) États fût entrée dans les vœux du pays, dans ces vœux

dont sa vigilance ne cessa de provoquer l'exprès-

i. Œc. rùyalesi t* VI, p. 372, 379,

LES ÉTATS GÉNÉRAUX. iJB

siou, dans ces yœux qu'il oiilonnait à Sully de résumer en un rapport afin de les satisfuire ', on ne saurait douter qu'à ce jour les États généraux n'eussent Été réunis.

Si la nation ne députait pas dans une assemblée solennelle ses représentants , elle les envoyait successivement auprès du roi. A part les assemblées du clergé, dont nous avons suivi les travaux et entendu les doléances, à part les synodes des réformés, mêlant les intérêts politiques avec la religion, et de qui Henri IV écrivait à Sully (15 mai 1607) : « Ils ne cherclifnt qu'à gaigner tousjoura pied et au préjudice de mon autliorité; si cela coutinuoil, il vaudroit mieux qu'ils fussent les roys et nous les assembles ' ; » à part ces réunions, à peu près périodiques, les provinces, les parlements, les villes, faisaient parvenir aux fiieds du trône leurs demandes ou leurs griefs. 11 ne se passe presque poiut d'auuée sans qu'on voie à la suite du roi quelques-uns de leurs envoyés

I. CEo. i'oyaleit, t. VUI, p, 84, a Sa Majesté veut,., ua esiat de toutes les (iumandËS et l'équi^îtions des provluces, seigneuries, corpî, villes et communautés, tant d'une que d'autre religion du royaulme, afin de les examiner et regiirder à donner prompte eipédition sur chacune d'icelles avec contentement raisonnablej eu esgard aux lois et constitutions du irayaulrae, f honoeur et dignité du roy, seuretê de sa personne et de son estât, conseivalioû de l'autiiorilé royale, soulagement du peuple et possibilité des finances, d.

-2. CEc, royales, t. Vil, p. 173.

ss LE gouvehneme:<t.

lai exposant leurs plaiales, ne se lassant point d'une

loDgue attente, et ne le quittant le pluâ souvent

qu'exaucés.

Les Lettres missives témoignent de cette représeutatlon constante de la nation auprès du roi. Lb 29 décembre 1595, Henri écrit aux habitants d'Arles qu'il entendra leurs députés, « que nous attendons de vostre part et lesquels vous pouvés esLre asseurés qu'ils y seront très-bien receus '. » Aux habilantsde Toul, il annonce qu'il a accédé à toutes les demandoe de leurs envoyés^. 11 écrit au maréchal de Matignon « J'ay satisfaict le plus favorablement qu'il m'a esltS possible au désir des jurats et habîtans de ma ville de Bourdeaux, lesquels vous in'avés recommandés par vostre lettre particulière, apportée par l'un d'iceulx, B

Et deux années plus tard, tout eu proie aux inquiétudes que lui cause la prise d'Amiens, il écrit au connétable de ïlontmorency * : « Faîctes ouyr les depputés du hault pays d'Auvergne qui sont à la suite de mon conseil, il y a longlems, et tenés la main que leurs cahiers soyeut respondiis le plus favorablement que vous le pourrés. »

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