‹ Henri IV et sa politiqueChapitre 55 sur 181 · U IV, p. 518. 7 mars 159C · texte numérisé non relu

U IV, p. 518. 7 mars 159C

3. Id., t. IV, p. 343. 18 avril IS9b. i. Id., t. iV, p. 713. U mars ia97.

LES ETATS GENÉBAUS. 97

Ëq 1600, il écrit à M. de Bellièvre ' : « J'escris au sieur de Fresiies de faire voir en mon conseil les pri- Tilêges de ceux de ma ville de Uergerac pour l'exeniptiûu des lailles qu'ils demandent, vous en ayans bien voulu aussi faire ce mot pour vous dire que m'ayant servy, non-seulement devaut mon advénement à la couronne, mais depuis, déaire les gralitfier en tout ce que je poui-rés, et que vous et ceulx de mon conseil le jugerés juste. Teoés-y donc la main et y apportés tout ce qui despendrade vous, à ce qu'ils cognoissent que je n'ay perdu la mémoire de leurs services, u

Quelque tempérament que des vœux ainsi manifestés pussent introduire dans le gouvernement, quelque faveur qui les pût accueillir, ce n'étaient là , il faut le dire, que de faibles garanties, n'ayant après tout, pour se soutenir, que la volonté mobile et absolue du souverain .

Ce qui faisait leur importance, ce qui prélait à ces représentations une sorte d'autorité légale, c'était l'ensemble d'institutions, de franchises et de coutumes dont elles émanaient. Telles sont à ia fois la grandeur et la misère de l'ancien régime : il oifre, dans sa confusion prodigieuse, les éléments les plus divers, des abus immenses et des privilégias singuliers : ici des

\.LetiTismmlrcs,\. V, p. 310. 3 odubi-e lOOf».

SS LE GOIVEBNEMENT.

droits en souffrance et qui languissent oubliés comiBe' des terres sans culture : là des intérêts fortement protégés et qui semblent, suivant le mot d'un profond philosophe, tout hérissés de libertés '. L'arbitraire se confondait avec l'indépendance; mais, sans parler desprogrès que devait amener l'établissement d'une administration régulière, l'indépendance, par les mille voies qui s'ouvraient devant elle, inquiétait et dominait l'arbitraire. Tout n'était pas concentré sur un point. Les Ktats généraux étaient suspendus ; mais les provinces demeuraient dans leur intégrité. Ces provinces à leur tour , elles avaient chacune leurs lois et leurs usages : u Nous sommes vos subjects, pouvaientelles dire au roi comme les États de Languedoc, mais, avec nos privilèges *. » Des institutions étaient at* teintes; mais elles n'entraînaient pas dans leur ruine le reste de l'édiflce ; si une voix était réduite au silence,, d'autres s'élevaient encore, et. pour être bannie d'une province , la liberté n'était point exilée de la France entière. Ce n'est pas tout ; les individus n'étaient point captifs dans leur isolement. Le coup qui frappait l'un d'eux retentissait dans les corporations dont il faisait partie, et, à supposer que ces corporations fussent elles-mêmes resserrées dans leur égoïsme , à supposer que ces Parlements, ces États provinciaux, ces Assem-

i. M. Royer-Coîlapd.

Malbieu, Histoire de Henri IV, liv. 0, p. 303.

blées des villes , ces associations multipliées sous tant de formes, se laissassent absorber par leur propre intérêt, cet intérêt, du moins, embrassait une masse d'hommes. Il rapprochait les unes des autres des existences nombreuses, et de là une certaine solidarité conservatrice des résistances généreuses, et pour tout dire, de l'esprit public.

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