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LES PROVmCES ET LES VILLES. loi
pouvait guère. Ces mesures, sans doute explicables après de si grands désordres, et qui n'en offrent pas Dioiiis UQ fâeheus coutraste avec la politique modérée du règne, ces mesures n'étaieut poÎJit acceptées, et Henri IV était trop habile pour s'obstiner à les mainteuii-.
Un exemple fait bien voir comment les choses ac passaient.
En 1609, Henri IV, fatigué de l'indocilité des habitants de Poitiers et redoutant l'issue des élections qu'ils préparent, veut écarter ces élections. On est lente de sourire à la lecture dé la lettre dans laquelle il s'efforce de donner couleur à ses prétentions :
« Très-chers et bien amez, écrit-il, ayant esté advertis qu'il se faict en nostre ville de Poitiers de grandes brigues et monopoles pour l'élection du mane qui se doibt faire en ceste année, et que cela pourrait allé- Ter le repos de la dicte ville, ce quHl faut soigneusement éviter et y conserver, au contraire, toute bonne union et concorde entre les habitants dHcelle, nous avons, H ceste occasion, résolu de prendre nous'-mesmes le soin de ceste affaire; et, pour ce, nous voulons et vousmandons que vous ayés promptemeut à dépesclier enveiï nous deux des eschevins de la dicte ville qui soient capables etintell^cns de Testai d'icello, pour nous en pouvoir résouldre, et, les ayant sur ce oys, nous leur ferons entendre nostre voloufé et iiitenùou, que bous
lOS LE GOUVERNEMEiNT.
rendrons tousjours conforme au bien et advanlage de la dicte ville, et leur ordonnerons de la vous rapporter promptement *. »
La ville de Poitiers ne se prête pas à cet excès dv, sollicitude. Les troubles s'accroissent, des députés sont envoyés au roi, et la mesure est retirée :
c( Chers et bien amez, ayans nous-mesmes entendu vos depputés, nous avons faict donner en nostre conseil Tarrest portant règlement qu'ils vous feront voir, sur l'élection de vostre maire ; et encores que le désordre qui s'^ est faict jusques icy et la conséquence de cestc affaire nous donnast beaucoup de subjectd'y apporter davantage de changement, néantmoins, postposant l'observation plus élroicte de vostre debvoir à la considération de vos prières, nous avons voulu simplement remédier à la confusion de vos procédures, et non déroger à vos coustumes, bien qu'il y en ayt qui soyent aucunement extraordinaires^... »
Il n'entrait point en effet dans les vues de Henri IV de forcer les volontés de ses peuples. On a dit de lui : c( Avant de songer à se faire aimer, il savait se mettre en position d'être craint^. » C'est le contraire qui est vrai. Il cherchait à gagner la confiance de ses sujets bien plus qu'à exciter leur crainte, et la rigueur n'était
i. 13 janvier 1609. Lettres missives, t. VU, p. 071.