‹ Henri IV et sa politiqueChapitre 59 sur 181 · Buike, 'Réflexions sur la révolution de France, p. 28j · texte numérisé non relu

Buike, 'Réflexions sur la révolution de France, p. 28j

LES PRUVINCES ET LES VILLKS. ina

entre ses mains qu'une extrémité rare et pénible. « J'ai toute ma vie haï le sang ' , » dtsait-il. Loin de cliercher dans l'excès du mal une arme à sa puissance, il s'efforçait de prévenir les révoltes par d'utiles conces- EÎOQS. A la nouvelle d'une sédition qui fermente à Marseille, il enjoint au duc de Sully d'examiner s'il n'y a pas lieu de faire droit aux plaintes des habitants, « car il vaudrait mieux — c'est lui qui parle — éviteirocoasion de les faire précipiter à quelques fautes que de se metlre en peive de les en chastier, comme par les raisons et la dignité, il faudrait faire *. »

L'exécution du duc de Biron ne fut pas elle-même une contradiction à ces maximes. Ou ne se persuade pas qu'on puisse admettre sous un tel règne et contre im tel capitaine nue pareille mesure : il le faut pourtant; il faut en reconnaître l'irréprochable justice, et elltj ne laisserait place à aucun blâme, si on ne voyait la grâce, t[\ie n'obtint pas Biron, accordée à son complice, le Hère de la marquise de Yerneuil, le comte d'Auvergne. Rigueur ou clémence, une semblable décision devait leur être, à l'un et à l'autre, appliquée.

Mais la condamnation de Biron , que n'avait pas fait Henri lY pour la prévenir? Il avait reçu l'aveu de ses premières trahisons et les lui avait pardonnées. Depuis, sachant qu'il était retombé dans ses conspiiy-

Page 1