A LA TROISIÈME ÉDITION XXV
Parlement de Paris. Une fois rentré dans sa capitale, Oa le pressait de le tenir en disgrâce. Les courtisans rfavaient pas assez de hauteurs pour ce tiers-parti, pour ces gens d'entre-deux, qui avaient donné ujie main à la Ligue et une main au roi. Ils conjuraient le prince de réserver ses égards pour ces fidèles magistrats qui avaient suivi leur souverain à Tours et refusé tout pacte avec les rebelles. Henri IV les lais^ sait dire; mais, quand ils insistaient : « deux de Tours, leur répliquait-il, ont fait leurs affaires, et ceux de Paris ont fait les miennes'. »
Ce n'est pas qu'il méconnut le mérite des magistrats de Tours. Il rendait justice à tous; mais il admettait qu'on pût le servir par des voies différentes, et condamnait ces aigreurs entre des hommes que son équité ne séparait pas : « Je veux, disait-il encore, mettre fin à la partie des Parisiens et des Toui'augeaux, et qu'ils s'en voisent quitte à quitte et bons amis 2. ))
Les exaltés ne se décourageaient point. Cette bonté (lu roi accusait leur violence; ils s'efforçaient de lui présenter sa clémence pour d'anciens ennemis comme une injustice pour ses vieux serviteurs : « Si vous et tous ceux qui tenez ce langage, disiez tous les jours vostre patenostre de bon cœur, répondait Henri IV, vous ne diriez pas ce que vous dites de moy. Je reconnais que toutes mes victoires viennent de Dieu qui étend sur moy en beaucoup de sortes sa miséricorde, encore que j'en sois du tout indigne, et comme il me pardonne, aussi veux-je pardonner, et en oubliant les iaultes de mon peuple, estre encore plus clément el
1 Lestoilo, Journal d'Henri IV, Edit. Pétitot, t. III, p. 12. »i^., p. 4G.