Lettres missives, t. IV, p. 4014. 27 juin
Ik FRANCE, L'Ér,LISE ET LES ÉTATS PROTESTANTS. m
tant envers la royne d'Angleterre et les Estais des
provinces unies des Pays-Bas que aultres ' »
Qu'on ne voie pas dans ces propositions une façon habile de gagner, en flattant ses vues, la confiance du Saint-Siège. Vers la môme époque, Henri IV annonçait, par la bouche de son ambassadeur, le protestant Bongars, de pareilles intentions aux princes d'Allemagne '.
Les représentations du Saint-Siège n'en exerçaient pas moins leur empire sur la conduite du roi. Si le pape ne se rend pas toujours assez compte des exigences de la politique, Henri IV, de son côté, sans jamais abandonner les grandes fins de son règne, semble parfois les contrarier dans l'ardeur de sa lutte contre la maison d'Autriche. Un moment il caresse le projet d'une descente des Turcs eu Sicile. Il voit les Maures tout frémissants sous les rigueurs aggravées de l'Espagne, et porte faveur à leurs premières tentatives de soulèvement. Effirayé des progrès de l'empereur contre les armées du sultan, il essaye d'entraver une paix qui laisserait eu repos ses ennemis. Ces déviations incertaines, et dont la politique espagnole,
urdea raisons moius légitimes, avait donné l'exem-
i. Jnstmction baillée à M. de Sillery, allant k Rome au mois de janvier (S99 Mss., aue. fonds. 8937, f° 9. Bibl. nat. ,
S. Instruction baillée & M. de Bong;trs, s'en allant en Aliemagne en février 1599. Mss., anc. fonds. 8937, 1» 30.
pie, ces déviations ne durent pas. Elles se dissipent peu à peu, souvent aux instances du Saint-Siège, et les grands desseins se retrouvent. En 1609, les Maures sont bannis par Philippe III : le pape etleroide France s'accordent dans le jugement qu'ils portent sur cette violente mesure. Paul V se refuse, malgré les sollicitations pressantes de TEscurial, à la consacrer de son approbation. Henri lY, alliant à son tour l'humanité et la religion, reçoit en France ceux d'entre les proscrits qui embrassent la foi chrétienne, et assure le passage des autres en Afrique. U combine à l'avance les conditions d'une ligue contre les Turcs. Vainement le sultan, inquiet de rencontrer parmi les troupes impériales des sujets français, prie le roi de les rappeler; Henri IV élude ses demandes réitérées; mais il enjoint, au contraire, à son ambassadeur de retirer du service du sultau les Français qui ont pu s'y engager, c( Il n'est pas convenable, lui écrit-il, qu'ils continuent
h servir les Turcs contre les princes chrétiens ; la nécessité seule a pu les rendre excusables jusqu'à ce moment*. »
Ce fut principalement sur les relations de l'Espagne et de la France que Clément VIII et Paul V portèrent ieur attention. Au sein des déchirements de la chrétienté, le Saint-Siège prenait soin de réunir les nations
i. Lettres missives, t. VI, p. 669,