Matthieu, llisfvirc de lie mi IV, L'. ii;, p
ne dissimulait pas ce péril au Saint-Siège ; en lui té* moignant par des preuves mémorables son désir d'assurer la paix de la chrétienté, il lui montrait dans l'avenir les causes qui la pourraient troubler. Écoutons le langage qu'il tenait au pape Clément YIII :
c( Tres-Saint-Pere, bien que j'aye vescu toute ma vie dans les armes et que je porte impatiemment les ressentiments des offenses qui me sont faictes, d'un cœur de prince tel que Dieu m'a faict naislre ; toutes fois, il m'a doué d'un esprit de paix et de justice accompagné de quelque jugement et prudence, pour en desernant l'ombre d'avec le corps, la vérité du mensonge et les choses bonnes des mauvaises, eslire les plus justes, utiles et honestes pour régir et gouverner les peuples qu'il a soubmis à ma puissance. Je révère aussi grandement la personne de Vostre Saineteté, et ay bien esprouvé son amour paternel, sa bonté, son equanimité, dont je ne serai jamais mecognois^ sant. Elle seule nous a aussi procuré et après Dieu donné la paix de laquelle nous jouissons; mais, Tres- Sainct-Pere, si nous voulons qu'elle dure, il faut que chacun se contienne dans ses limites sans empiéter sur l'autruy, rechercher par moyens illicites de s'accroistre et advantager au dommage de ses voisins, ni favoriser l'incontinence et inquiétude de ceux qui ne peuvent vivre en repos. Si cela se fait, par qui et comment il se faict, Vostre Sainctelé le sçait ; toute la Chres-