‹ Henri IV et sa politiqueChapitre 90 sur 181 · lettres missives, 1, VI, p. Gl · texte numérisé non relu

lettres missives, 1, VI, p. Gl

3. Beaumont fl. tlonci IV. 8 avril lW3. Suppl. franc., ïïf, t. II, paît. I, i- 140,

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HENRI IV kt LftS CAtHbLÎQbËS D'ANGLETERRE. 195

^efibrçaît d'iiitét*eésët* à là prdiection des catholiques rautôrité de jacqtlës t**'. llihToqiidit, auprès de lui, soU propre exeiii^lé; il lui îno&trdit la inénreilletisé itiffiieiice que, dadâ litl rbyaunie ai Ibdgiëilips déchiré l^les haines ifèligiëUseS, sa douceur lui avait côn* ^uisè eût les esj[iHtd ks |>tiis hostiles ^ Eti même tèmpâ, il hiéditiit d^U^érër Uti Rapprochement entré ee ^iciéë et le Souvëtàln t^ontllb.

Rëtëull deâ dehiièi^ëâ illusions qii'Utie politique âtéuglé avait ëHtrëtéUtiës autour de Itii, Cléitleiit Yltt était dé tdus bîl jilùs ëtitrë dads lëâ vues de HëtiK tY; 11 es|^ël*âit dbtënit là ëdtitërsiôn dû roi d'Angleterre : il cbih]^t)edi àii moins Tàmëilel^ à dëâ ihesùreâ ftiydrables fenVets lés ëâtholiqdes, et né négligeait^ Jidut sa part, aticuûe occasion de se concilier sa cottilahce. Henri IV informait Jacques I" de ces bonnes disfidsitions : il lui faisait llfè les lettres ijU'il avait rendes de son ambassadeur près la cour de Rome, lëtttes datls lesquelles était vàhtéë la modératidil dU Souverain Poritifé, et il engageait ie roi à eulreteiiir ce ce boii mesnage *. »

i. i5 août 1G03. Mss. suppl. franc., f/, t. II, part. ii.

2. L tires missives, t. VI, p. 484. — Voyez aussi, p. 169. A M. de Beauinbnt. a J'ày commandé vous estre envoyé un extrait do la dernière lettre que m'a escripte mon ambassadeur à Rome, faisant mention des propos qu'il avoit eus avec le Pape concernant ledict roy d'Angleterre, afin que vous sçachlés les bons o&ces qae je continue a faire au dvd to^ ^v\N^t%\\x^>^\i

196 LA PÂCIFICAtlON RELIGIEUSE.

Jacques, il faut le dire, répondait mal à ces représentations. D'une mobilité tour à tour puérile et violente, alliant dans son engouement théologique des prétentions contradictoires, très-jaloux de ses prérogatives religieuses, et, en même temps qu'il méconnaissait la suprématie du pape, témoignant une crainte extrême de son excommunication, désirant, comme la garantie nécessaire de la paix européenne, la fin des luttes de croyances, et s'emportant au seul mot de liberté de conscience *, il eût voulu conserver à la fois la primauté de l'Église anglicane, l'amitié du Souverain Pontife et le droit d'opprimer les catholiques. De là, dans les dispositions de ce prince, des revirements continuels, renversant les espérances à peine formées.

Cependant Henri IV ne se décourageait pas. S'il ne pouvait obtenir une loi positive qui établît la tolérance, il s'attachait du moins à enti:etenir l'assoupissement des rigueurs, comptant les éteindre par la désuétude. Il profitait des frayeurs que l'excommunication inspirait à Jacques pour l'engager, s'il tenait à être respecté à Rome, à laisser en paix les cathoUques. Un moment,

la modération et droicte intention qu'y apporte Sa Saincteto, pour iuy représenter Tun et l'autre, ainsy que vous jugerés a propos pour valoir et servir a ce que vous sçaurés eslre de mes intentions. »

i. Suppl. franc., ^, t. II, part. ii. Lettres de Beaumont du 23 Juillet et 20 août i603.

IIF.NHl IV KV LES CATHOI.IOIÎES r|■A^GLETI■.R!li^. 197

Jacques I" exprima le vœu de coiTespondreilirectemenl avec le pape. L'ambassadeur de France s'en inquiéta comme d'une preuve de défiance envers son mailre ; mais Henri IV, loin de se prêter k ces alarmes, encouragea la pensée du roi d'Angleterre *.

C'était du côté des catholiques que Henri IV trouvait le plus de correspondance à ses avis. Son intervemioD active et patiente lui gagnait les esprits. Le pape Paul V se rangeait, comme Clément Vill, à ses conseils, qu'il jugeait « sains et prudents*, « et un catholique anglais, racontant à Personius une entrevue ' qu'il avait eue avec le roi de France, lui disait qu'il avait été « tellement content et satisfait du zèle et des bonnes intentions de Sa Majesté pour l'avancement delà reUgioD catholique en Angleterre, qu'il croyoit qu'elle seule procédoit avec syncérité aufaict de l'honneur de Dieu , et tous les aultres par interest ^. »

Une circonstance servit puissamment ce retour. L'Espagne, désireuse de détacher Jacques I" de l'alliance française, et voyant sa propre influence décroître

1. 3 janvier 1004. Le roi à Beiiumont: « Jene suis pas d'avia que nous divertissions !e dict roy et ses conseillers de s'adresser directemeiit au pape pour Irai cter des affaires des caittuliqucs; car cesle voye seroit plus seure et honorable au dict roy que toute aullre. » Mss. Suppl. franc., '^ t. 111, part. i.

a. LetlreducacdiurilduPePEOuauroi.aSjuin 160o. AmÈnss. etNégot., p

in LA l»ACiFICÀT10N tlELlGlEtJàE.

parmi les catholicfues, délaissait leltf catiSe. Par tin , matitais office que se rendàièût âtec tinô fëgretlâble , émulation les deux antagonistes, elle précédait lé moriàrque anglais contre Henti IV; elle lui lnonti*alt dans , les efforts de ce prince pour ses coreligionnaires raW- , bition de ëe eféer un parti en Angleterre ^ et il arriva soudain qu'on apprii tout à la fois la condusion d'tih traité de cottitnefce entre la Otande-Bretâgûê et l'Espagne, et le i*ennuvelletnent des éditscdnife les catholiques (1604). CeUj^ci f dirent rétoltés de Cette eoïtteidence. a Ils blasphèment eontfe les Espagnols,- mandait Beàumont, de ce (jû'du Heu de leur âtoit'pt'ôcfcit'é quelque soulagetaëtit par cette pâit, lëUl* condition en est empitée ^ >< C'êtdit pour eUx Une noti telle raison de se l'dpprocher du tbi de t'rëttce. Ainsi pèriIWitle Soute* t^ain Pontife; « Lft liêdeUt et négligëiiSe des Espagnols, écriMt de ROrtië le cftWitifill du Pet'rdn, les*quels on lUy cl teprésenté n'ëtôlt^ eU ëtt lëUi^ paix aucun souci des cathblic(uéSj l\if a fait dftratitage estimet rintervention de Vostfë Majesté \ y>

Yers la môme époque, un envoyé des jésuites anglais, qui s'étaient jusque-là montrés peu confiants dans k politique frariçaise, éë pféisentait à ttëiiK IV. Il

\ . Lettres missives, t. Vt, p. 484.

•2. Beaupnont à Villetby. H septembre <Ôd4. Msô. suppl. franc, 'fj^, t IV, part. i.

.?. Loltre chi cardinal du Peïroii Aèyoi c\\.(i^.

HENni IV ET LES CATIIOIJOI'ES D'ANGLF.TF.iUll:. inn

le remerciait de son zèle pour les eatlioliques, et le priait de prendre sons sa proteclinn ceux de son ordre, «déclarant, raconte Henri lY à son ambassadeur, ■vouloir doresnavanl despendre cnlierement de moy, se gouverner en toutes choses pnr mes conseils et TOlontez, tant en Angleterre qu'à Rome, où ils na touloient, àTadvenir, escrire ny entreprendre aiictine chose sans me le faire sçavoir par voslre moyen, pour après en user comme je jugerois estre pour le mieux et leur manderois '. » Henri IV répondait à ces ouvertures par ses conseils. Tandis qVil exhortait JacquesAla justice, il faisait entendre aux catholiques « qti'iis se gouvernassent avec tant de patience et fl*ohéisEance ans loys du royalllme que le roy et ses conseillers n'y eussent occasion quelconque de prendre omlfrnge etdefflancc.» Il leur rappelait qu'ils s'êlaieht «mal trouvez » des avis contraires que leilr aVaielll

1 . Lettres missives, t. VI, p. -ISi . Il faut noter ici entre Henri IV et Villeroy, qui écrivait après lui ft l'anibassudeuf, une nua ace impa Hante. Quoique siucËrement caitiolique, l'anciea ligueur est plus réservé que le roi. 11 déclare à Deaumonl que tfileiil étépréseût BU moment de la visite do l'unvoyé des jésuites, il eût probaLkment prié Henri IV de ne pas le receviiir. Il appréhende de voii' Jacques 1" se oi:mverlir, de peur qu'une Tois catholique, il ne s'allie plus étroilcment avec l'Espagne. Il envoie à l'ambassadeur des pouvoirs que le roi a obtenus du pape poup que l'aumflnier de l'ambassade puisse étendre son ministère aux catholiques anglais; mais il lui recommande de n'eu pernietlre l'usage qu'à la dernière eitrémild.

donnés les Espagnols. Il leur montrait, dans leiu^s propres divisions, la principale source de leurs maux, et les conviait à « une réunion générale, laquelle, disait- il, j'estimois utile et nécessaire *. »

Ces heureux présages durèrent peu. La conspiration des poudres, crime isolé de quelques fanatiques, allait provoquer contre des milliers d'innocents les mesures les plus cruelles. Devant cette nouvelle épreuve, les catholiques demeurèrent patients et héroïques. On en vit plusieurs, qui s'étaient tenus cachés durant les jours tranquilles, surgir tout à coup, et confesser leurs croyances aux lueurs sinistres de la persécution. Sous répouvante de lois plus barbares que chrétiennes^, comme parlait Villeroy, la foi des martyrs reparaissait. Des scènes étranges se produisaient parmi ces violences ! Défense avait été faite de garder en aucune maison des serviteurs catholiques, et il se trouvait que la prohibition atteignait ceux-îà même en faveur de qui elle semblait établie, ce II y en a une infinité (de ces serviteurs) chez les protestants, écrivait l'ambassadeur de France, desquels il leur fâche extrêmement de se défaire , pour reconnaître plus de fidélité en eux qu'en ceux de leur religion même ^. »

Ces terribles surprises n'arrêtèrent pas les efforts de

i. Lettres missives, t. VI, p. 483.

2. Ambass, de M. de la Boderie, t. I, p. 172. S. Id., p. 230.

HENRI lY ST LES CATHOLIQUES D*ANGLETERRE. 201

Bemi lY. Il venait d*adre8ser à son nouvel ambasadeur, H. de la Bodorie, les plus pressantes instructions. En félicitani le roi d'avoir échappé au compiot ^menaçait ses jours, Tambassadeur devait lui re- ]^résenter, par l'exemple même de ce crime, à quelles extrémités les persécutions pouvaient porter les âmes désespérées ; il devait l'exhorter à punir sévèrement les vrais coupables, mais lui recommander de ne pas envelopper dans ses vengeances tant d'innocents qui ne les méritaient pas, et- qui, conmie' le Souverain Pontife calonmieusement accusé par là haine, abhorraient plus que personne de tels forfaits. Toujours soigneux d'écarter les défiances, c'était dans Tintérét même du roi, c'était <c comme chose conjoincte au bien de ses serviteurs et de ses royaulmes, » quo Henri lY lui adressait ces conseils *•

Tels furent les premiers avis que la Boderie, dans le silence coupable de l'Espagne , fit entendre en faveur des catholiques. Ils n avaient pas réussi à empêcher la publication des édits, et l'on peut se former une idée des dispositions du gouvernement britannique, lorsqu'on voit l'ambassadeur considérer comme une sorte de victoire le simple bannissement des ecclésiastiques ^. On reconnut bientôt à d'autres

i. InsiruclioD h M. àe h Doderie. — Aïn/x(S8., t. l,ç. 22. 2, M, t. y, p. 120» « En quoy, dit à co 8\iielVoAïiW^^^^>^^>

Seâ LA PACIFICATION RELIGIEUSE.

signes que, pour être au-dessous de sa sollicitude, l'inJBluence de Heuri IV n'avait pas disparu. Pendant que des remontrances étaient adressées à l'ambassadeur d'Espagne, parce qu'il recevait des catholiques dans sa chapelle, l'ambassadeur de France remplissait librement le même devoir : « On ne voit moins courre les pauvres catholiques qui viennent céans, écrivait-il. Yrai est que j'y apporte |e plus de discrétion, et y fuis autant l'ostentation , comme les autres la recherchent**. » En l'absence des prêtres anglais, bannis ou cachés, Rome av^it, sijr la demande de Henri lY, envoyé des pouvoirs plus étendus à l'aumônier de l'ambassade française.

Le Saint-Siège s'était épau à la nouvelle des rigueurs déployées contre les catholiqijes. On ne pouvait s'en étonner. Henri IV n'avait cessé de faire entreypir à Jacques h' les orages que ses procédés amasseraient contre sa couronpe. Il s'agissait pourtant de les conjurer et d'empêcher entre le Souverain Pontife et le roi d'Angleterre un éclat dont les catholiques eussent seuls porté la peine. Deux brefs ayaient été lancés par le pape pour interdire à ceux-ci le serment que Jacques exigeait d'eux, et que plusieurs avaient cru

comme en ce qu'ils font encore poiii' adoucir les dits regh^meuts, je vois certes que roffice que j'ai fait de la part du roi n'a pas été inutile. »

L Ambass.f t. I, f. 320*

HENRI IV ET hïi9 Ckf^QPlQW^ P^I^GLETERRE. 203

pcmvoir pr^r- B»nn |y obtînt de Paul Y qu'il n'irait p» au ^Ik â» <^e« d^BWPiiU^tioas, et qu'avant de recQurïr h ^^vMreê memv^^ il ^ consulterait. Tout ^preisé da flîf^ fpnqaUre à Jacques pas concesâops dp S^V-S^SP^ U le priait d*y répondre par me p1ii$ gr^fld^ tP^r^nfue, et commB il le savait oceupé k cQfppos^ Uff^ tl^t<^ contre Tautoiité de la alai]r^ afiQSfplHjiie, il Tipvitait à s'abstenir de ces discnnooi^ imj9$i iso^traires k sa dignité qu'à la paix

rt ItIHMin!

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Hais lacquM »V)Ht trop {nborj^Msemfnt préparé son livre pQur f renoncer de }^, sorte. Ijl j^'eut de repos qu'il 06 ^eût acbevé et publié. Les théologiens catholiques fie ^aqquèrent pas 4e relever la royale agrès* sion. Leurs réponses causèrent à ce singulier contro-. versisle uu vif déplaisir. Il eût voulu les voir interdites dans le royauwe do France, et il se plaignit à Tambassadeur de la liberté que leur laissait Henri IV. Loin de les prohiber, Henri lY avait, en effet, couvert de sa protection quelques-uns de ces écrits. C'est ce qui résulte de Iji lettre suivante, où il refuse spirituellement défaire droit à la demande du roi d'Angleterre: « J'ay sceu, écrit-il à M. de la Boderic, la plainte que le comte de Salisbury vous a faicle des livres qui ont esté faicts et publiés icy contre celuy du roy sou maistre, et mesme de celuy qui a comparu avec ma permission : vous ayant néanlmoins faict paroistre

fO( LU PACIFICATION RELIGIEU

esire plus mal cantenl de la (|tialité des auteurs que de la siibslance d'iceux. Sur (fLioy vous luy dires que, comme il y a peu de persoimes en la clircslienlé, pgales en qu.ililé au dict roy, qui soyent versées en telles matières el capables d'en fuire des livres comme luy, il a fallu employer des docteurs en théologie pour dignement s'en acquitter: ce que j'ay voulu estrcfaid avec toute révérence el modération pour son respect, et qu'ainsy qu'il affectionne la deffence de la religion ■ de laquelle il fait profession, ii doist croire aussy que nos consciences nous ohliijenl de duffendre la foy en h croyance de la nostre,qHe vous lui (ères recognoîstre eslre tout autrement fondée et exercée qu'il ne la représente par son dict livre : a quoy je me suis trouvé plus obligé que les aultros, puisque j'ai reçu son livre; mais que tant s'en l'ault que j'aye permis la dicte publication pour faire autre chose qui pust luy estre désagréable, et que j'ay eu tout aultre intention ; que davantage il n'ignore pas que celuy qui enlrepreiid de composer et publier des livres, principalement en matière de religion, est subjecl a eslre Pontredict par personnes de toutes qualités, qui ont les lettres et la religion en recommandation. Je m'asseureque vous aurés rendu capable le dict roy de ces raisons, s'il vous a jette en ces propos', w

Ultres mhwm, t. VIT, \\ s:*, Si février iGlO.

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