‹ Henri IV et sa politiqueChapitre 92 sur 181 · HENRI IV ET LES CATHOLIQUES D'ANGLETERRE · texte numérisé non relu

HENRI IV ET LES CATHOLIQUES D'ANGLETERRE

îmne, et se rappeler que loin d'ouvrir l'ère de la tolérance, elle avait partout remporté et maintenu ses triomphes par la force,

Koug verrons plus tard Henri IV intervenir auprès te Provinces-Unies en feveur des catholiques, et là comme en Angleterre , nous reconnattrons que si quelque interruption est apportée aux rigueurs, c'est i la tetile iiiildedce Ail M ^d^ëllë est due,

Henri IV ne se contentait pas de protéger les catholiques étrangers auprès des États protestants ; il s'appliquait encore à défendre le pouvoir temporel du ^int-Siëgë et fl félëvef Son aûlblité hiorâle en Europe, devant les réfdtlbés comtlie devant les catho-

ligues.

HENRI IV ET Ik SOUVERAINETÉ DU SAINT-SIÊGIE,

Plans généraux de Henri FV pour faire garantir par toutes les puissances, catholiques et protestantes, les possessions du Saini-Siége.

— Ses témoignages réitérés de déférence envers la Papauté. — Clément VIII, — Léon XI. — Paul V. — Intervention de Henri IV pour faire restituer au Saint-Siège le duché de Ferrare (1597). — Différend du pape Paul V avec la république de Venise (1606). — L'Espagne excite les deux parties : l'Angleterre anime Venise contre le pape.

— Henri IV médiateur. — Ses représentations au Sénat de Venise. — Ses prières au pape. — Son énergique réponse à l'ambassadeur vénitien. — Son zèle pour amener une pacification. — Il y réussit.

— Sa vigilance pour que les promesses, dont il s'est fait lui-mônie garant auprès dupape, soient rigoureusement accomplies. — Déplaisir de l'Angleterre et humiliation de l'Espagne. — Reconnaissance que le pape et les Vénitiens manifestent à la fois envers Henri IV.

— Conclusion sur les négociations religieuses de Henri IV. — Ce jtrince a détruit toute confusion entre la cause de la maison d'Autriche et celle de TËglise, entre la liberté de conscience et la Réforme.

C'était un des grands desseins de Henri IV d'asseoir sur des garanties durables les possessions du Saint- Siège, et de lui faire reconnaître par les États protestants jeiix-mêmes une sotte 4ft ijûmaulé d'honneur

HtNRI IV ET LA SOUVERAINETÉ DU SAINT-SIEGK. 2.0

qui rélevât au-dessus des différends de la chrétienté '. 11 mil tous ses efforts à avancer raccomplissement de ce projet, et de ses deux mains tendues, Tune au Souverain Pontife, l'autre aux princes protestants, il eut à cœur de ménager entre eux un rapprochement.

Pendant que son influence grandissait à Rome, il De perdait aucune occasion de manifester devant les autres puissances ses sentiments envers la Papauté. Elisabeth et Jacques F, aussi bien que les princes d'Allemagne, en avaient reçu plusieurs fois le témoignage; et le landgrave de Hesse, dans la visite qu'il lai fit à Fontainebleau, s'étonna d'entendre le roi lui « vanter sa propre confiance dans le pape ^. » Par là Henri IV accoutumait les esprits les plus prévenus à ridée d'une entente avec le Saint-Siège, et ce monarque, le plus patriote et le plus indépendant des souverains, démentait par son vivant exemple les appréhensions qu'excitait contre le droit des couronnes la suprématie pontificale.

C'était sans doute cette politique qu'avait entrevuo Sixte-Quint, lorsqu'il appelait de ses vœux prophétiques la conversion de Henri IV. De quelle ardeur ne se fùt-il pas associé aux desseins du roi, le grand

{. CEc. royales, t. VHI, p. 269.

2. Correspondance inédite de Henri IV avec Maurice le Savant, puhUée par M. de Rom mol, p. 74.

IK PACIFICATION RELiniKUSE.

pontife dont les derniers jours se passèrent à mettre en dehoi's des prétentions de la conquête oii des efr traînements de la révolte la cause de l'Égîise ! Lorsqu'il repoussait les conseils violents de l'Espagne, lors(|ue éclairé sur les entreprises de là Ligiie, il lui refusaitsort appui commo à « une ambition fondée sur un faux prétexte de religion, » lorsqu'il accueillait l'ambassadeur de ilenri IV encore prolestant, et admettait dans Rome les envoyés de plusieurs princes de rAUemagoe, lorsque enfin, portant ses regards sur l'Angleterre, il faisait entendre, au sujet de la reine Elisabeth, des paroles de douceur, n'était-ce pas le même accord qu'il voulait par les mômes moyens préparer 't N'eùt-il point reconnu sa pensée dans la pensée dé UenrilV?

Depuisla conversion de Henri IV jusqu'à sa iitort, trois papes se succédèrent sur le trône de saiiil Pierre.

Le sage et pieux Clément VIII avait donné libre carrière, après l'abjuration du roi, au mouvement j[ui déjà le portait vers lui. Il l'avait soutenu contra les acGusattong de l'Espagne, il lui avait ménagé à luimôme des alliances en Italie, et, s'itispirant à sofl tour de ses conseils, il avait montré tant de modérdtion que Jacques 1" et les protestants français avaient

^ i, Kunko, Uistoûe de la Puii<aili', 1. 111, p. 322, e(c.

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