‹ Henri IV et sa politiqueChapitre 95 sur 181 · avril 1605, Tjettres missives, t. Vf, p. 40i · texte numérisé non relu

avril 1605, Tjettres missives, t. Vf, p. 40i

HE!(Rl n ET LA SOUlTBBAIlIBTi DU SAINT-SIËGE. tIS

kg affaires d'Angleterre Gomme dans son différend

tieck république de Yenise, s*en remettre finalemeut

«a ayis de Henri. lY. Ce qu*il souhaitait avec ardeur,

eeqa'U s*ettorççdt d'obtenir, h Texemple de ses prédé«

ceaeiirs, c^était la rôocMiGiliation des deux grandes

pnaeanGes catholiques; il s'appliqua, dans ce but,

à cooserf er entre elles la balance égale, soigneux de

ne pas offenser VEspagne, môme quand il se rangeait

aux conseils de la France.

Deux occa^ons furent données à Henri lY de faire paraître le caractère de sa politique enyers le Saint- Siège.

Ce fut d*abord, sous Clément Ylfl, roccupation du duché de Ferrare (1597).

Don César d'Esté s'était porté souverain de ce duché au mépris des droits du Saint-Siège, et il l'avait envahi par la force. L'usurpation était flagrante. Le duché de Ferrare faisait partie de l'exarchal de Ra vanne, que Pépin avait donné, pour le bien de la chrétienté, à la chaire de saint Pierre *. Les Papes en avaient in-

i. Lettres du cardinal d'Ossat, t. ï, p. 490. « Cette donation, disait d'Ossat^ est le premier litre et droit que le Saint- Siège eut jamais en Ferrare et en toute la Roraagne. Laquelle donation, faite par Pépin, fut depuis confirmée par Charlemagne, son fils, étant à Rome en l'an 773, et depuis par le roi Louis le Débonnaire, fils de Gharlemagne, en l'an 817. De façon qu'en prêtant secours au pape pour Ferrare, Votre Majesté aura conservé et recouvré au Saint-Siogo le bien que vos prédécesseurs lui ont fait autrefois. »

21/v LA PACIFICATION RELIGIEUSE.

vcsti, de leur pleine autorité, les princes de la raaîsou d'Esté, sous condition de retour, à défaut d'héritiers mâles légitimes. La condition venait de s'accôitipllt^ par le décès du dernier duc, Alphonse If, mort sans enfants. C'était donc à Clément YIII qiie le duché devait être rendu : aussi, après avoir inutilerhefli atèiti don César, le Saint-Père n'avait- il point hééité à l'èicônirnUtiier et à ordonner côtitré lui uile levée de seize mille hommes.

Mais, en présence de l'inaction ou dé là ëbtn|ïlicité sourde des autres puissances, le triomphe du Pape demeurait incertain. Ce triomphe, chose remarquable 1 les petits États, accaljléè sous le joug feèpagdol, se montraient les plus ardents à le désirer, dahs l'èspoit que la prépondérance du Sdint-Siége préparerait leur affranchissement. L'Espagne, aii contraire,, appuyait secrètement les efforts dû prétendant : a Le roi d'Espagne , écrivait le cardinal d'Ossat, craint particulièrement la grandeur teraporelle du Pape, qui, sur tous autres, peut moyelmer son abaissétnent et la liberté de l'Italie, que les Espagnols oppriment^. »

Les mêmes motifs dictaient à Henri lY une attitude tout opposée. Il embrassa résolument la cause du Saint-Siège, et l'on apprit soudain que le duc de Luxembourg s'était rendu auprès du Pape et avait

i. Lettres d\x cardinal d'Osi?at, t. T, ];i, 484.

UENRI IV ET LA SOUVERAINETE DU SAlNT-SlÉiiK. 515

mis à son service Tépée dix roi de France. A celle nouvelle, Témotion fut extraordinaire. C'était, de la pai-t des Italiens, un concert de louanges envers Henri IV. « 11 ne se parle d'autre chose à Rome, disait encore d'Ossdt, et il semble que les forces du Saint-Siège en soient multipliées et celles de don César ravalées *. »

Un mois après, les armes étaient tombées des mains de don César, et le Pape reprenait sans coup férir possession du duché de Ferrare. Personne ne doula de la pari qu'avait eue l'intervention de Henri lY dans la paisible fin d'une lutte dont on n'avait osé jusque-là prévoir la durée ^. Clément YIII, dans l'élan de sa gratitude, s'écriait : ce Nou§ rendons grâces à Dieu de ce qu'en un temps si difficile, et auquel la république; clirélionne est troublée, il a voulu nous donner un tel fils et défenseur ^. »

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