Matthieu, lli:>toirc de Uenii IV, liv. Il, p. 27 i
C'est encore par les efforts de Henri IV que devait ^ être pacifié, neuf ans plus tard, le différend du Saint- ' Siège avec la République de Venise.
La République avait rendu plusieurs décrets, dont î les principales conséquences étaient de soustraire des 3 prêtres accusés de crimes à la juridiction ecclésiastique jusque-là admise, d'empêcher l'établissement de congrégations nouvelles et de défendre aux laïques toute donation de biens au clergé. Le pape Paul V s'offensa de ce renversement arbitraire des lois sous lesquelles avait toujours vécu l'Église. 11 demanda la révocation de ces mesures : sur le refus de la République, il prononça contre elle l'excommunication et frappa d'interdit tout son territoire. La lutte était engagée : les passions suscitées par la Réforme se ranimaient; un nouveau schisme menaçait la chrétienté.
Les trois politiques qui divisaient l'Europe parurent dans ce démêlé. L'Espagne craint de voir tomber son influence ; elle propose son concours aux deux parties; elle les condamne et les excite à la fois l'une Tautre pour les mettre aux prises, et se faire de leur. affaiblissement mutuel une force dans la Péninsule ^ L'Angle-
i. Péréfixe, Histoire de Henri tV, p. 351. « Les Espagnols avoient l'œil au guet pour faire leur profit de ces divisions, et sous main jetoient de l'huile sur le feu, quoique ouvertement ils fissent semblant de l'éteiadre. Car d'un côté ils échaufibient Jcs Véûitïens et leur mettoient le cœur au ventre pour soute-
HCNRl !V ET L\ SOUVERAINETÉ DU SAINT-SIK(.!:. -:;
terre applaudit à une querelle qui lui présage rabaissement de la Papauté; elle félicite la Républirjno d'avoir secoué c< la tyrannie du Pape * ; » elle s'offre à la soutenir de ses vaisseaux et de ses armes, et le nombre des Anglais qui demandent à combattre pour hx Seigneurie est si grand que, c< si elle les vouloit accepter, dit notre ambassadeur à Londres, elle tire roi t a moitié d'Angleterre *. »
Au premier bruit de la rupture, Henri lY avait vu le péril. Une nouvelle guerre de religion se préparait. La Réforme et l'Espagne allaient se disputer ritulie, comme elles s'étaient disputé la France, et la confiisioû allait renaître entre le Saint-Siège et la maison d'Autriche, C'était la ruine de sa politique : il en fit sortir son triomphe. A la fois ferme et conciliant, refusant de se prononcer, pour être écouté des deux parties, il leur présente sa médiation, et avec des accents
nir leurs droits, et de l'autre, ils ordonnoieni à leurs gouvcriiemcijs de Naplcs et de Milan de servir le S;iint-Si('go avec toulps leurs forces. » Voyez aussi les lettres de rambass;idcur le France à Venise, Fresnes-Canaye, Ambuss., t. 111, p. 7D, I»» juin tC06. A M. de Coramartin. « Je m'esbahis de voir quj l'S Espngnols fassent semblant en vos quartiois d'esfrc [)a'.'lir'ins de Sa Siincteté, et icy au contraire, non-seulement il-j sont nouires, mais mcsnie leurs interesls les font parier ù l'advantaije de ce Sénat. » Ici. Lettre au roi, p. 30. 28 juin l')Or>.