Péréfixe, Histoire de Henri IV
2. Lettresmissiws, t. VU, p. 770. lias. Foutanieu, portef. 4î^8.
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kl Papauté. On peut juger de la façon dont il corn- |irit la liberté de conscience, et s'il l'associa jamais avec le triomphe de la Réforme. Et cette liberté même, on peut, à la lumière de ce règne, lui assigner sa véritable origine.
Ouel démenti la seule histoire que nous racontons n'oppose-t^-^e pas en effet aux systèmes qui représentent lea protestants comme les fondateurs ou les souliens de la liberté de conscience! En quel pays, au temps de Henri IV, lavaient-ils donc établie? En quel pays avaient-ils, peuples ou princes, fondé leur domination par d'autres voies que par la violence ? Est-ce en Angleterre, où nous avons montré à quels résultats avaient abouti les pénibles et constants efforts de Henri IV, où un gouvernement, tout nouvellement armé de ses prérogatives ecclésiastiques, déclarait, comme eût fait Philippe II, qu'un État ne saurait souffrir dans son sein la présence de deux religions *? Est-ce en Allemagne, où les princes protestants violent sans cesse les stipulations de la paixd'Augsbourg, où calvinistes et luthériens, unis pour dépouiller les callioliques, se déchirent entre eux; où l'un des es-
<• a Elle {Elisabeth) me dit que son peuple n'estoit pas capable de souffrir l'exercice de deux religions et qu'elle se gai- •leroit bien d'ulterer la paix de son royaume par ceste coniusion. » B^aumont au roi. Septembre 1602. Mf^s. suppl. fianç.,
=^,St. I, part. H, f^'asa.
prits les plus modérés, le landgrave de Hesse, tout empressé à réclamer la liberté en faveur des protestants de Hongrie, exprime la crainte que les tentatives de Henri lY pour adoucir le sort des catholiques de Hollande ne lui aliène la confiance des Prôvinces-Unies *? Est-ce en Hollande, où les États généraux , reproduisant pour leur compte les raisonnements de l'Angleterre, n'accordent qu'à grand peine, et à la seule considération de Henri IV, une misérable et partielle sécurité aux catholiques I Est-ce à Genève, où Calvin avait passé? Est-ce en France, dans cette France elle-même où les protes* tants du Béarn et de Ntmes refusaient aux catholiques la liberté que l'édit de Nantes accordait à leurs frères?
Non, il n'est pas un pays où le protestantisme ait donné l'exemple de la liberté, pas un coin de terre où il ne se soit présenté en conquérant qui n'accorde rien et qui prétend à tout, où il n'ait flétri l'intolérance que pour la pratiquer à son tour, comme un oppresseur qui ne veut pas être opprimé. Nous ne nous sentons nul goût pour les excès de la politique espagnole ; mais, qu'on veuille bien y réfléchir : qui mérite la plus sévère justice, de celui qui défend par
i . Correspondance inédite de Henri IV et de Mawiiùe U Swant, édit. Rommel, p. 450. i9 avril 1607.
HENRI IV ET LA SOUVERAINETÉ DU SAINT-SIÈGE, m
left armes un ordre de choses anciennement établi, ou de ceux qui, après avoir reproché la vio« lence à leurs adversaires, ne savent, une fois triomphants, que remployer elle-même pour un culte né
d'hier?
Encore serait-il facile de montrer, à côté des souverains protestants trop souvent encouragés dans les mesures rigoureuses par leurs théologiens, la voix du Saint-Siège se faisant entendre aux princes catholiques pour leur recommander la modération : Paul III, par exemple, demandant à François P' grâce et pardon en faveur des dissidents^; Clément YIII, toujours opposé, comme Ta reconnu Sully, aux persécutions ^ ; Paul Y se refusant à consacrer de sa signature la sentence d'expulsion prononcée par Philippe III contre les Maures; Innocent XI apprenant avec déplaisir la révocation de Tédit de Nantes, et disant <c qu'il ne pouvoit approuver ni le motif, ni le moyen de ces conversions à milliers, dont aucune n'étoit volontaire ^ ; » les plus grands papes enfin, désavouant les horreurs de rinquisition espagnole, de cette Inquisition qoi portait atteinte, ainsi que l'écrivait un nonce *, à
\, Cheruel, Administration de la France, 1. 1, p. 171.