‹ Henri iv.: sa vie, son œuvre, ses écritsChapitre 35 sur 39 · IV. — Lettres non datées · texte numérisé non relu

IV. — Lettres non datées

A Madame du Breuil.

Madame du Breuil, d'autant plus que j'ai connu votre fils et qu'il a été près de moi, d'autant ai-je de regret que Dieu ne l'a laissé vivre plus longuement, pour voir accomplir en lui l'espérance de ce que sa vertu promettait. Vous avez occasion de le regretter; mais si c'est consolation de voir ses regrets accompagnés, croyez que vous devez vous consoler autant qu'une mère peut faire, pour ce que tous les gens de bien y. ont perdu, et moi particulièrement, qui le tenais pour mon serviteur, et l'aimais comme son honnêteté et valeur le méritait. Je vous en dirais davantage si je ne craignais vous augmenter la douleur. Je me contenterai de vous assurer que n'ayant pu faire pour lui ce que j'eusse bien désiré, s'il y a quelqu'un des vôtres auxquels je puisse reconnaître les services que j'ai reçus de lui, je m'y emploierai de tout mon pouvoir; et pour votre particulier, croyez. Madame du Breuil, que me trouverez toujours autant que sauriez désirer,

Votre affectionné et meilleur ami,

Henry.

A Monsieur de Harambure.

Borgne, sur l'avis que j'ai eu de votre perte, je vous dépêche ce laquais pour vous 'visiter, et vous témoi-

gner par ce mot comme j'y participe par la connaissance que j'avais de votre femme, et l'amitié que je sais que vous lui portiez et elle à vous, de vos jeunes ans ; mais après que vous aurez en vous-même considéré que telle était la volonté de Dieu, à laquelle il

nous faut conformer, il me semble que le meilleur conseil que je vous puisse donner en cette douleur est de montrer que vous êtes plus courageux à supporter les afflictions que les femmes, qui n'ont autre remède que leurs larmes et ne cherchent autre consolation en leurs ennuis que celles que leurs yeux leur fournissent; laissez -leur en donc l'usage, et venez vous en consoler avec votre maître qui vous aime, et qui veut avoir soin de vous. A Dieu, Borgne, lequel je prie de tout mon cœur qu'il vous console. Ce xix septembre, à Fontainebleau.

Henry.

 LA Reine Marie de Médicis.

Des lettres données comme a^ant été écrites à Marie de Médicis, quelquBS-unes pourraient l'avoir été si d'autres. Généralement eUes ne portent pas d'adresse.

Mon cœur, je serai demain sans faillir avec vous,

non sans regret de partir d'ici, et bien résolu d'y

revenir bientôt. J'ai eu des melons de Fleury aussi

bons que ceux de Tours. Voilà toutes les nouvelles de

ce lieu où j'ai eu ce repos de n'y ouïr point parler

d'aCTaires. Je vous donne le bonsoir et cent mille

baisers.

Henry.

Mon cœur, j'eus hier beaucoup de plaisir de mes oiseaux ; je crains bien de n'en avoir pas tant aujourd'hui car le vent est fort grand et la pluie ce semble prochaine. J'ai fort toussé cette nuit et mal dormi, .ayant bien fort la migraine. Je m'en vais voir si la chasse du cerf me la fera passer. Je vous donne le bonjour et mille baisers.

A Madame de Montglat.

Madame de Montglat, je vous fais ce mot et vous dépêche ce laquais exprès pour vous dire que Mme de Verneuil sera ce soir à Saint-Germain où elle va pour voir mes enfants ; et encore que nous ne soyons pas bien ensemble ne laissez de lui faire tout l'honneur et la bonne chère que vous pourrez et de la faire loger au château, me mandant par le retour de ce laquais des nouvelles de mon fils et de mes enfants. Bonjour Mme de Montglat. Ce vj® juillet à Paris.

Henry.

A Monsieur de la Roche- Jaquelein.

La Roche, sur l'affection que vous avez à mon service, je vous prie exécuter le contenu de la commission que ce messager a charge de vous remettre pour le Mas de Verdun, en avisant au mieux, pour ne point offenser M. de Terride. C'est chose difficile; je m'en remets à votre bonheur de jeunesse, qui ne me fait

peur en cela , pour ravoir vu germer non moins en prudence que dévouement, et porter fruits avant fleurs. Aussi ne vous mets-je plus en défiance, que n'y devez mettre mon amitié pour ceux qui vous ressemblent ; laquelle ne pourra faillir à croître avec vous; si persévérez fidèlement à servir.

Votre affectionné ami,

Henry.

A Monsieur de Souvré.

La Gode, pour réponse à celle que ce gentilhomme m'a rendue de votre part, je vous dirai que Tévêque de Commenges ne s'est voulu laisser mourir et se porte mieux. Souvenez-vous de ce que vous m'avez ouï dire que je suis résolu dorénavant de ne donner plus lesévêchés que à personnes qui les puissent desservir et non les faire desservir par autrui , et que faisant bien étudier et nourrir celui de vos enfants que vous avez destiné pour être d'Église en bon ecclésiastique, que vous aimant comme je fais, il ne manquera d'être pourvu de dignité en l'Église; et pour révêché de Commenges, si elle eut vaqué je l'eusse donné à quelque cardinal à Rome pour y faire mes affaires. Je m'en vais à Fontainebleau où je ferai séjour de deux ou trois mois. Si vous m'y vouliez venir trouver nous y passerions fort bien notre temps ; je vous y convie donc, assuré que vous serez le bienvenu et vu de moi qui vous aime et le vous témoignerai. A Dieu la Gode. Ce xx" septembre, à Paris.

Henry.

La Gode, j'eus été très aise de vous voir, comme je le vous mandais par les miennes; mais puisque c'est pour un si bon œuvre que celui que vous me mandez qui vous empêche de venir, je reçois vos excuses à condition que vous viendrez à ce printemps, lorsque je vous le manderai. On m'a dit que pour payer vos dettes, ou vous acquitter de vos promesses, vous le faites faire par mes sujets sans ma permission. Mandez-moi ce qu'il en est; car je ne le veux croire, et ne le trouverais bon. A Dieu, Monsieur de Souvré, ce dernier de février, à Paris.

A Mon Cousin...

Mon cousin, les ennemis sont à Bourgneuf. Je fais passer quatre cents cuirasses et douze cents arquebusiers, pour s'il tourne à vous me mettre en cul, s'il vient à moi faites-en de même. Les Bretons ne sont plus que six vingts pour s'en être allé une troupe, le reste parle de les suivre. Bonjour. Ce xxiij", à cinq heures.

Votre affectionné cousin et parfait ami,

Henry.

Que je sache à toute heure de vos nouvelles.

VI — Trois lettres conservant l'orthographe de henri rv

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