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Gabrielle. D'Eslrées emporUi près d'un million, ce qui attendrit tout de suite et les Bernois protestants, el le Valais catholique, qui s'offrirent à marcher. Zurich donna des armes. La présence de l'ambassadeur rendit du courage aux Grisons. Dès qu'il eut planté son drapeau à Coire, tous les bannis des vallées accourent, demandent à combattre. Une explosion morale se fil d'abord dans le coin des Grisons dont les Autrichiens s'étaient emparés. Le peuple les chassa. D'Eslrées n'eut plus qua y entrer et leur fermer la porte sur )e dos en fortiGant le pont du Rhin du côté du Tyrol.
Restait la Valteline môme, el ce grand épouvantai! des clefs de sainl Pierre qui flottaient sur les Alpes avec le drapeau romain. Là, il fallait prendre un parti. Dernières sommations. En vain. L'ambassadeur change d'habit; le voilà général. Une petite armée française, trois mille hommes et cinq cents chevaux se trouvaient là, sans qu'on ail su comment., pour appuyer les Suisses. Il ne manquait que des canons.
Les soldats du pape, dans leurs nids d'aigles, contre un ennemi sans artillerie, n'avaient qu'une chose à faire : être tranquilles, n'avoir pas peur. C'est ce qu'ils ne firent pas. La peur dispensa de canon. Quoiqu'ils eussent
avec eux nombre d'Espagnols, ils n'attendirent pas de voir, il leur suflit de savoir que le drapeau de la France venait à eux par la vallée. A la grande suprise des Suisses, qui ne pouvaient le croire, ils abandonnèrent le premier fort et le brûlèrent. Tel fut généralement i'adieu qu'ils laissèrent au pays, brûlant ce qu'ils pouvaient , et faisant main basse sur cette population catholique qui les avait appelés.
Cela donna la meilleure grâce à l'entrée des Français, qui semblaient n'arriver que pour empêcher l'incendie. Le général pontifical, le marquis de Bagni, poussé jusqu'à Tirano, reçut les ordres d'accommodement qu'on voulait bien lui faire encore. Il espérait gagner du temps, avoir quelques secours. Maïs rien ne vint alors. Il tira sur nous en pleine négociation. Cela força d'Eslrécs à l'attaquer et le battre, avec tout le respect possible. La ville fut emportée sans peine, voulant l'être et tout le peuple étant pour nous. Bagni, réfugié au château, se rendit deux jours après et fut honorablement renvoyé avec ses drapeaux. On ne lui garda que les blessés pour les soigner et les nus pour les habiller; tous auraient voulu se faire prendre (décembre 1624).
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