LÉON BÉQUET
avocat à la Cour de Paris.
Ce fut avec une verve toute nouvelle et des accents gouailleurs réjouissants. que le journaliste proscrit se gaudit de la déconvenue du gouvernement bonapartiste en cette affaire.
Au moment où je me préparais à subir cinq ans d'exil, criait-il de Bruxelles aux magistrats impériaux à la date du 29 juin dans la Lanterne, je reçois de toutes parts les lettres les plus rassurantes du monde, d'où il résulte que le gouvernement, en me privant de mes droits civils et politiques, a commis nonseulement un acte odieux, mais encore parfaitement
inutile . . .
J'ai donc devant moi trois ans pendant lesquels je suis parfaitement électeur et on ne peut plus éligible. Les ignares qui dirigent la conscience des juges connaissent si peu les lois dont ils nous accablent, qu'ils croient m'empêcher net d'entrer au Corps législatif après les options, tandis que la condamnation dont je me trouve de nouveau victime aura probablement pour effet unique de favoriser singulièrement ma candidature auprès des électeurs.