VÉSALE
...Je connaissais jadis Un homme, obscur alors et célèbre depuis ;
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Il aimait sans espoir et souffrait sans se plaindre,
Laissant brûler le l'eu qu'il ne pouvait éteindre.
Supplices incessants il'un aveu contenu,
Transporta silencieux d'un amour méconnu,
Espoirs, déceptions, jours sans repos, nuit lentes,
Mortelle jalousie et colères brûlantes,
11 a tout éprouvé, tout, avant que, pour lui,
Le jour de la justice et du bonheur ait lui,
Quelle joie envahit son âme et sa pensée,
Quand il franchit le seuil avec sa fiancée !
Comme il sut s'enivrer de son nouveau trésor,
Que d'heures il passa puis que d'heures encor,
Les regards arrêtés sur son chaste visage,
Pour tacher d'y surprendre un désir au passage !
Cependant nuit et jour, et veille et lendemain,
Le cœur contre le cœur et la main dans la main,
Oh! comme il se promit de s'illustrer pour elle,
Comme il aima l'étude autrefois si cruelle!
Eh bien, pour qu'un bonheur si grand, si pur, si fort
Tombât sans espérance et presque sans effort,
Il suffit qu'une bouche amoureuse et vermeille
Murmurât à l'épouse un vain mot à l'oreille,
Il suffit qu'une main près d'elle eût tressailli,
Il suffit d'un regard en passant recueilli,
Et quand l'autel sacré resplendissait encore
Des virginales fleurs dont l'hymen le décore,
Elle foulait aux pieds ce qu'on a de plus doux ;
Le devoir de l'épouse et le nom de l'époux,
Qui, tout préoccupé de l'ingrate adultère,
Le soir, la nuit, le jour, pensif et solitaire,
Sans plainte pâlissait sur les nobles travaux
Qui devaient la conduire â des honneurs nouveaux
Tandis qu'elle attendait l'amant sous la fenêtre
Où le mari veillait, en l'invoquant peut-être!
l'enfance
^'adressant à Isabelle :
Ce doit être une douleur profonde De voir tomber si bas tout ce qu'on aime au monde, De voir s'anéantir dans l'éternel mépris Et son honneur en deuil, et son cœur en débris, Et tant de longs espoirs dont la chute perfide Ne laisse autour de vous que la nuit et le vide ?
Oui, cerle
ISABELLE, troublée.