SAM
duJardin-des-Plantes suis de Sainte P igic li I poi 1er presque
loua lea matins un Buperbe bouquet de dimensions énormes, composé des (leurs.les plus rares ch dans les serres. Enfin, des amis et amies inconnus lin adressaient fréquemment, suit .1rs fruits, soit mémedes volières remplies u rares.
Une dame qui Bignait la ■■ dame aux oiseaux » lui lit remettre deux de ces charmantes petites perruches ondulées connues bous le nom à'insédans uni de bronze doré. Une
autre jeune fille lui envoya une fauvette, si bien que la chambre du condamné était constamment comme pour une fête.
le ii icre, dont ftochefort au moment ilf la grève avait soutenu 1rs droits, s'étaient pris d'un attachement profond pour l'écrivain, Cet engouement avait encore une autre cause Au moment «lu plus brillant Buccès de la Lanterne, il i raie que, quand une voiture passait, les gamins !)■• criassent pas :
i ' irde, le gouvernement n'aime
l>-> Lanternes, on va L'éteindre la tienne! ••
Les cochers répondaient par des laxzif interpellations »jul les amusaient, <'t chaque fois qu'un visiteur prenait nue voiture pour se rendre à la pnson, celui qui le menait lui recommandait Lien de souhaiter le bonjour au citoyen Koche-
fort et lui remettait pour lui des paquets de
•Ai.
cigares que ses amis se distribuaient, puisque le destinataire ne fumait pas.
Henri Rochefort, durant les sept mois de Sainte- Pélagie, vit un événement déboucler pour lui les portes de la geôle, sans toutefois lui rendre sa liberté. Ce fut un voyage entre deux agents qu'on lui fit faire. Mais dans l'état d'ennui inhérent à toute séquestration, ce fut encore une diversion puissante.
Le 25 mars 1870, un ordre de la préfecture arriva chez le directeur, enjoignant à celui-ci d'avoir à transférer immédiatement, par l'exprès, à Tours, M. Rochefort, qui devait servir de témoin dans le proses de Pierre Bonaparte, s'instruisant alors devant la haute cour, présidée par M. Glandaz. Le fonctionnaire était requis de prendre les dispositions les plus minutieuses pour entourer le trajet du prisonnier de toutes les garanties contre les tentatives d'évasion. Le matin où l'extraction du condamné eut lieu, une nuée d'agents en bourgeois affluait dans les couloirs du Pavillon de la Presse et la peur dont étaient assiégés les commissaires de police, et tous les desservants mouchards dans l'exercice de cette délicate mission, dépasse tout ce qu'on peut imaginer.
Ce fut gravement, avec une réserve calculée, que l'auteur de la Lanterne déposa devant les juges triés du tribunal suprême de Tours. Quand
sv
il parut à l'audience, la curiosité était vivement surexcitée, el la lalle n leurs. Rendant compte de l'effet immense proiluii par l'exhibition du député emprisonm
illaite s'exprimait ainsi, faisant reaaortir avec ans grande justesse le diffères raite*
ments employés i l'égard da Pierre Bonaparte, et il.- l'honnéts et vaillant homme da lettres que le bandit d'Auteuil avail oer.
• Henri Rochefort est arrivé à l'audienea an- « jourd'hui, vers trois heures. Il était paie, digne « et froid. Il nous a semblé un peu maigri, un i peu attristé, mais toujours firr. indompté] a méprisant. Il B'eat avant le triluin
•• l'on a pu roir ce spectacle qui restera dans l'iiisi'uii député da peuple souverain, d'un « représentant du suffrage universel dép « entre deux gendarmes devant un assassin, non « pas surveillé, ara pas gardé, mais respectueu* méat aceompagné par un officier supérieur, « comme t'Bmpereur par ses chambellans. »
Il y eut, pour l'histoire, quelque i plus
triste encore a enregistrer, ce fut la cantine «l.'< rigueurs envers leejournalistes républicains, y compris pamphlétaire, '-t l'acquittement
scandaleux *\<- <- l'excellent parant » de Mn de Montijo.
A deux reprises les élecl< urs de la premiecs
circonscription de Paris formèrent le projet d'arracher de vive force à sa prison, leur représentant dont un coup de force aussi les avait privés. L'intéressé, averti la veille, passa tout habillé la nuit à attendre, mais les deux fois l'autorité eut vent du complot et la tentative avorta sans même avoir reçu le moindre commencement d'exécution. Los clameurs grandissantes de l'opinion obligèrent l'Empire à chercher, dans un plébiscite, l'absolution du crime qui marquait ses origines. La campagne qu'on entreprit, loin d'aboutir au résultat voulu, ne contribua qu'à révolutionner plus profondément le pays. Après le vote, obtenu par les menées les plus déloyales, la situation de l'Empereur loin d'être affermie, fut plus chancelante qu'auparavant.
Afin d'opérer une puissante diversion., on chercha les prétextes à une guerre extérieure. M. de Bismarck, qui rêvait depuis Sadowa l'amoindrissement de la France, les fournit, certain qu'il était d'en profiter. On sait les événements sinistres qui suivirent. Ils nous conduisirent à la journée du 4 septembre et c'est là que nous nous hâtons d'arriver. <( Vive la République ! Vive Rochefort ! Nous voulons notre député ! » Tels étaient les cris que proféraient aux abords de Sainte-Pélagie, le matin du 4 septembre, des groupes d'ouvriers, de femmes et d'enfants passant et repassant sous les fenêtres de la prison.
lAOm-PÉLAOR 357
Depuis la veille, le d lugubre de Sedan
était connu. La nouvelle de l'écœurante reddition d'un corps d'armée de plus de quatre-vingt mille homi
et ses ba i tait venue fondre sur Paris, le
frapper au cœur, le stupéfier. Au cri de douleur qui retentit d'abord sur tous lea points de la eapitale, Buccéda un silence de mort; puis de non des cris s'élevèrent. <>n allait en iimr avec le le de l'aventure.
Tourmentant leurs épées d'une main fiévreuse, marchant deux par deux, 1rs sergents de ville regardaient «le tous les côtés d'un air inquiet. Ils avaient perdu leurs allures naguère si assui C'était timidement, sans conviction, qu'ils jetaient encore aux citoyens le laineux : « Circulez, messieurs : Lit près pie avec douceur qu'ils contraignaient à avancer les gens qui, malgré leurs ordres, stationnaient sur la voie publique.
Depuis près de trois semâmes, tout ce que renfermait la grande ville de régiments de ligne, de bataillons de chasseurs et d'escadrons de toute nature, s'était, à marche forcée, dirigé vers la frontière; la garde des divers listes de Paris, celle de lu prison de Sainte- Pélagie était con fiée a des soldats pris au dépôt de l'infanterie de marine. Arme au bras, les sentinelles montaient la faction et regardaient curieusement, sans animosite, passer les groupe
Une séance de nuit au Corps législatif, dans laquelle la déchéance de l'Empereur avait été énergiquement réclamée, ne laissait aucun doute sur la proclamation prochaine de la République, et vers deux heures les prisonniers, tenus au courant par les indications des passants des péripéties de la veille, des tentatives populaires du jour, attendaient de minute en minute le dénouement. Avant l'envahissement du palais Bourbon par le peuple, es condamnés du Pavillon de la Presse prirent déjà leurs dispositions en prévision d'une sortie possible et probable.
« Nous sortirons tous aujourd'hui, je vous le prédis, répétait fiévreusement à ses co-détenus rassemblés dans sa chambre, le député de la première circonscription de la Seine. »
L'intérieur du Pavillon présentait un aspect inaccoutumé. Chacun des journalistes allait et venait dans l'agitation de l'attente et dans l'impatience de la délivrance.
A trois heures la foule devint énorme devant la porte principale, les acclamations éclatèrent, suivies bientôt de ces cris : Délivrons les prisonniers ! La masse qui obstruait la rue du Puits-de-1'Ermite était composée d'ouvriers, de femmes, de gardes nationaux et de mobiles, sans armes.
Henri Rochefort s'étant approché de la fenêtre fut l'objet d'une manifestation enthousiaste : Vive Rochefort ! Et un ouvrier imposant silence, enga-
SAnrK-l'KLAOlE 359
gea le colloque Buivanl de la rue avec l< nier :
— La République fa 6tre pi . j'arrive du Corps législatif. Le Palais-Bourbon i it envahi. Apprétes-vous à sortir.
— Citoyens, si vous voulez nous prêter nain» forte, nous allons de notre oôté Caire notre possible pour recouvrer immédiatement notre liberté. Ruez-vous extérieurement sur la prison, nous autres, nous allons tenter d'enfoncer les grilles.
Un nurrah fut lé signe d'un acquiescement unil. Des applaudissements frénétiques couvrirent les dernières paroles <Ju député de Belleville, et aussitôt un immense mouvement de la d porta le flot humain dans la direction de l'entrée de la prison.
Tandis que ce flux populaire se produisait, les détenus descendirent en toute hâte les escaliers qui conduisaient au greffe, M. Jules Dacosta, qui était venu visiter son frère dans l'aprèsmidi, s'apprêtait à quitter Sainte-Pélagie lorsque l'incident que nous venons de relater eut lieu. En un clin d'œfl les prisonniers tirèrent parti des hasards et des avantages de cette heureuse visite. Ils prièrent If. Jules DaC08ta de 8*aA
jusqu'à la première porte d'entrée intérieure, et de demander vouloir bien la lui ouvrir comnu de coutume. Les condamnes qui ululeraient le
long de la muraille, profiteraient rapidement de l'instant où le surveillant confiant livrerait passage au demandeur, et où ce dernier, de son côté, s'arcboutant brusquement contre la grille empêcherait l'agent de la refermer, pour faire irruption et franchir ainsi la première et la plus difficile des deux enceintes.
Une fois ce premier coup de main accompli, les détenus ne se trouvaient plus séparés de la porte donnant directement sur la rue que par un barrage en bois assez élevé mais assez facile à escalader. Cet ordre et cette marche furent suivis, et tout réussit au gré des journalistes républicains. C'était au moment même où la foule mugissante essayait à coup de leviers d'enfoncer le guichet que les gardiens hésitants, mais encore esclaves de leur consigne pourtant, refusaient d'ouvrir.
Alors, Olivier Pain, à qui Henri Rochefort et Armand Duportal firent la courte échelle, se hissa sur le barrage en bois, sauta de l'autre côté. Il courut au porte-clefs lequel effaré de cette brusque apparition, et craignant l'exaspération des révoltés, abandonna son trousseau d'énormes passe-partout et aida bientôt lui-même à lever le dernier obstacle. La porte céda sous la poussée et SaintePélagie fut envahie par deux ou trois mille gardes nationaux et ouvriers.
Les hôtes du Pavillon de la Presse furent l'objet
d'une ovation louchante, Rocheforl entouré, clamé, pouvait à peine, au milieu de la cohm Quand il parvint dans la rue, un f] étant venu à se montrer, la fouit- intima au cocher l'ordre d'arrêter.
Ou força le voyageur qui s.- trouvait dans le véhicule découvert A en descendre et le député de Belleville a son corps défendant y fut installe, in groupe important de manifestants qui arrivait du Corps législatif apprit que la République était proclamée et qu'un gouvernement provisoire comdes membres de la gauche se rendaient à l'Hôtel de Ville, Le cri de « Rochefort h l'Hôtel de Ville! " fut donc aussitôt proféré. A la tel nouveaux venus marchait un vieillard portant un immense drapeau rouge. Ce trapeau fut arraché de sa hampe, et servit à faire de larges écbarpes ; l'auteur de la Lanterné s'en vit attacher une énorme eu sautoir aux applaudissements frénétiques des libérateurs et des lil»
Dans 1»' liacre aux côtes du représentant du peuple, prirent place l'aschal Grousset, olivier Pain. (Jlric et Arthur de Fonvielle. Lu voiture ■ ndit au pas la rue Ifonge, le boulevard Saint- Michel, pour gagner l'avenue Victoria et la place de Grève. Sur tout le parcoui multipliaient. 11 fallait souvent stationner pour serrer les mains fraternelles qui se tendaient au
âge.
3iî8 SAJNTE-l'KLAGIR
A h hauteur du musée de Cluny, un fait épisudiqiie vint jeter une note enfantine et gaie dans ce véritable triomphe. Le plus jeune des fils d'Henri Rochefort, Octave, ignorant les événements de ]a journée, remontait avec sa gouvernante le boulevard Saint-Germain, se dirigeant vers Sainte- Pélagie pour aller y embrasser son père qu'il croyait toujours emprisonné. La' voiture dans laquelle le député de la première circonscription était assis arriva à proximité de l'enfant, que la. gouvernante prit dans ses bras afin qu'il pût mieux voir celui ou ceux à qui la foule témoignait de si, touchantes sympathies. Quelle ne fut pas la surprise du petit garçon, lorsqu'il reconnut,, dans la personne choyée, son père adoré, la poitrine rayée par une énorme écharpe rouge 1 L'enfant ne put résister à la, joie de mêler ses acclamations à celles qui éclataient de toutes parts, et poussa,, en battant des mains, ce cri perçant, auquel des miniers de tètes étonnées se retournèrent : « Vive papa ! Vive
Enfin le véhicule toucha, au terme de son voyage, Henri Rochefort entra à l'Hôtel de Ville ; le gouvernement était constitué,, il se composait des hommes marquants de l'opposition parlementaire sous l'Empire,, le plus grand nombre — MM. Gambetta, Jules Ferry et 'le général Trochu, exceptés — revenants de 1848. Dans la précipita-
%JJl ■ -
lion que cha< un des nouveaux gou\
itlribuer une parcelle du pouvoir, nu
instant au i r qui
: ' i' la lu l<
retour 'lu r< -
républicaÎQ. Il avait fallu le ressouvenir. U ivo-n- «lll p.'Uplc, qui, lui, Ii'nublie jaliKUS le H'IIhlil il. -s liomim-s uYvoi
celte injustice odieuse.
gauch !ii|M..riaii
l'État, an ni. npia mûrie iz. Le
de l'iatérietu
i'inllut'inv la plu- :uia-
lient in pettO dévolu ce mini^ MM. i.ainl.. .. ad.
B me il arrive te
t'-n-' ique toujours au premier oecu|
[[< -publique, l'inventeur de leur tle Tours aMel de U plaro
..au. Ils mirent dans cette course au ckx
une activité e^ale. 'il ih'hi
but tant ami lis que l'un
— oiseaux se disputant le même épi — se regardèrent, mais sans sourire.
En présence des manifestations enthousiastes dont Roche fort était l'objet, les membres directeurs du gouvernement de Paris se rendirent immédiatement compte de l'impossibilité de ne point ouvrir leurs bras au pamphlétaire. Et ce fut sur ce mot jésuitique de M. Jules Favre, que les récalcitrants s'y décidèrent.
« M. Rochefort est dangereux, je l'aime mieux dedans que dehors. »
Henri Rochefort devint donc, séance tenante, membre du gouvernement de la Défense nationale. C'est lui qui proposa ce titre, ! qui fut, sans contestation, adopté. Il devait en outre couvrir, comme l'avait prévu le triste plénipotentiaire de Ferrières, les impopulaires ministres de sa popularité jusqu'au 30 octobre, jour où il refusa de se rendre plus longtemps solidaire des crimes des incapables qui, par peur d'une révolution, menaçant de les renverser de leurs chaises curules, préfèrent perdre la nation et laisser morceler la patrie !
Il y .eut dans cette journée mémorable « tant de joie et tant de douce effusion épandues », qu'il ne resta plus aux cœurs républicains assez d'énergie pour prendre les mesures sages et pressai] lus qu'on n'aurait à aucun prix dû différer. On s'attarda, on s'abêtit dans un triomphe facile,
fauta grave dont on do* repentir
un j.iur.
Sur les quelques points où la ittue
. t une molle résistance on <>;•[>'. •
titui plus molle encore. Ainsi, à la préfecture de
•. où le désarmement des sergents de ville de
la brigade de BÛreté s'opérait, un rédacteur de la
Ulaise, ayant aperçu l'ancien commise M \! urseille, l'agent bien connu des journa (liuit il était chargé de dénoncer les articles et de l'air. ■ ~ . riminées,circulant dans les
ici tant ceux-ci à larévolte,le rédacteur de la Marseillaise àÏB-}et se contenta d'administrer du l">nt «lu pied au subalternede M Pietri un avertissement qui, touchant les reins del'alguazil, contraignit l'ex-commissaire à la déroute. Ce furent les s.-uls massacres de septembre. À l'instigation uY Henri Kochefort les directeurs de la plupart des geôles politiques de France avai. Mit relaxé leur prisonniers. Ce tut sur les insts du pamphlétaire que M. hfégy l'ouvrier mdamné aux travaux forcés, pour avoir, dan
nuitamment l'arrêter tue !<• policier afourot, recouvra sa lilii ■ Lorsque] s, laient abattus sur
. au début de la campagne de Pn
i avait donné l'ordre de transférer a Beauvais, l< is par trop nombreux «lu
quartier des Politiques. Toujours inquiet des menées socialistes et républicaines, le ministère mettait ses soins les plus empressés à la répression intérieure. Étrange destinée que celle du second Empire! Établi le deux décembre par un guetapens nocturne, soutenu pendant toute son existence par les de Maupas, les Boitelle et les Piétri, les seules mesures que sut prendre au moment de s'effondrer ce pouvoir sinistre, cette chose grotes^ que, furent des mesures de basse police !
Les internationalistes emprisonnés à Beauvais virent s'ouvrir, pour eux aussi, le soir du 4 sep^ tembre, les portes de la prison de la ville où depuis trois semaines environ ils avaient été écroués.
Les cachots du Cherche-Midi renfermaient également leur contingent de victimes, et la révolution fut même pour ces derniers une planche inespérée de salut. Compromis et condamnés dans l'affaire de la Vilette, Eudes et Brideau, s'attendaient d'un moment à l'autre à être fusillés. Or, après avoir quitté Henri Rochefort à l'Hôtel de Ville Olivier Pain et Arthur de Fonvielle avaient rencontré, au sortir de la place de Grève, une manifestation qui remontait du côté du quartier latin. L'idée leur vint de mettre immédiatement à profit, pour la délivrance soudaine des blanquistes prisonniers, cette force sans but déterminé. Le groupe armé gagna la prison militaire par le boulevard
« ir Sfl7
• lu I1
qui m* - ; l'i'in-
ppliquant bm le contre la muraille, l'un dei manitoatanta parlementait I batif pour la reddition