LA COMMUNE EST PROCLAMÉE, LE CI- TOYEN DORIAN EST NOMMÉ PRÉSIDENT
Pendant qu'à l'intérieur, le gouvernement délibère sur les mesures présentées au nom des maires, la foule continue à grossir sur la place. C'est par milliers que se forment les groupes où se discutent avec animation les nouvelles des événements affichés depuis le matin. De toutes parts circule le mot de déchéance auquel se mêlent les cris de : Vive la Commune !
Vers trois heures, la foule sans cesse envahissante et dans laquelle dominent les gardes nationaux sans armes occupe l'étendue de la place et se masse à l'entrée des rues adjacentes. Elle n'est véritablement compacte cependant qu'aux abords
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de L'Hôtel de Ville, dont la porte • ment ar un détachement d<
ii.hiv du 87? bataillon, qui semblent pro!
mire qui, leurs officiers massés contre la grille. <>u remarqua un certain nombre d nationaux portant leurs fusils la crosse en l'air. iyena les plus rapprochés de la porte mentent pour ôtre introduits. Les deux battants étant ouverts, on aperçoit à l'intérieur les mobiles de l'Ille-etrVilaine en faction dans la cour us [q porche. Sous la voûte retentissante de nlements de lamb ut entendre.
Tout à coup, quelques coups de feu éclatent. Une panique générale s.- produit : i>;ir toutes
la foule se précipite en criant :
« Aux armes ! »
liais le premier in« >ni<nt d'émotion pi groupes se reforment et affluent derechef le long sur la place.
Au même moment accourent des bataillon urde nationale la crosse en l'air, venant • r la revendication de la Commun»* »'t i mer la continuation sans trêve de la défens»
fut vers trois heures que se produisit l'incident
qui pendant quelques heure.- tint Paris dans un
Suivant la version du gouvernement la panique qui s'était produite résultait d'un seul coup de
feu tire m Pair par un citoyen -ur la place même.
Ce citoyen immédiatement arrêté, aurait été trouvé muni de vingt-cinq cartouches et portait, dit-on, à la figure la trace d'une blessure sanglante paraissant provenir .d'un coup de sabre. Mais ce récit est contredit par les deux déclarations qui suivent : la première émanant de deux des collaborateurs du Combat, témoins de l'affaire. Le coup de feu en question, point de départ de cette « journée » partit de l'arcade centrale de l'Hôtel de Ville, c'est-à-dire des rangs des milices préposées à la garde du palais. Cette affirmation formelle est d'ailleurs confirmée par un procèsverbal, déposé dans les bureaux du journal de M. Félix Pyat. Le procès- verbal disait, en effet :
« Citoyen rédacteur,
« Le 31 octobre 1870 à 3 heures du soir, place « de l'Hôtel de Ville, un premier coup de feu a « été tiré sur le peuple assemblé et sans armes. « Ce coup est parti de l'escalier de l'Hôtel de Ville « où était massé un peloton de gardes mobiles. « Le citoyen Alphonse Humbert a déposé au bu- « reau du Combat un sabre n° 27, arraché par « lui à l'un des officiers qui excitaient, le sabre (( nu, la mobile contre le peuple. Ces faits sont « certifiés par les citoyens Bâillon et Mathey, « lesquels ont vu un citoyen, le front ensanglanté « après le coup de feu parti de l'escalier.
« Le citoyen Elie Ducoudray constate que le
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la Commune, sous la présidence de M. Dorian. Le rédacteur en chef du Combat voulut, une fois sa mission terminée, se retirer et quitter l'Hôtel de Ville, mais il fut retenu par les instances de M. Floquet, qui l'adjura de demeurer, dans l'intérêt du salut commun.
Le citoyen Pyat prit de nouveau la parole : « Une dictature, dit-il, atrahi la France, une autre dictature en a compromis le salut , que ce double exemple ne soit pas perdu. La France ne doit et ne peut être sauvée que par la France ; c'est le peuple qui doit être l'instrument de son propre salut, et nul n'aie doit de s'ériger en représentant de sa volonté.
<( C'est des comices électoraux que doivent sortir les hommes qu'il jugera dignes de représenter sa force, sa volonté, son énergie. Ralliez-vous donc, je vous en conjure, au décret convoquant pour demain les électeurs à nommer sous la présidence du citoyen Dorian, la Commune de Paris. »
Dans le courant de l'après-midi, peu de temps après l'envahissement de l'Hôtel-de-Ville, le rappel avait été battu dans plusieurs quartiers de Paris. Les bataillons se formaient donc, les uns armés, les autres sans armes, pour marcher sur l'Hôtel de Ville. Le général Trochu avait essayé sur la place, qu'il réussit à traverser, à parlementer, à haranguer les manifestants. Arrivé au pied de l'escalier qu'il se disposait à gravir, il dut cesser de
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discourir, menacé qu'il fut par des : l'at-
titude menaçante. Il parvint à la salle dea téancee au moment où M. Jules Perrv adjurait le peuple de laiaaer le gouvernement provisoire en fonctiona quarante-huit beurea encore, le temps de procéder aux élections <lr la Commune.
A huit beurea, le citoyen Blanqui, s'installait à l'Hôtel de Ville, e( y attendait la venue d< anus pour constituer un comité provisoire sous la lidence de M. Dorian.
I. m membres du gouvernement de la Déf< national.' ayant manifesté leur intention dei ter — et on peut juger par ce détail de la bonne If. Jules Perry, lorsqu'il demandait an peu- ■ ii répit de quarante-huit-heurea — furent uns en état d'arrestation. Flotirena '.-t un bataillon à sa dévotion avaient été commis à la garde vigilante des récalcitrants.
Dès le début des pourparlers entre Isa membres du gouvernement et lea envahisseurs, H. -un Rochefort, présent, avait reçu cette prier.' d< coUéguea de la veille :
— Retires votre démission.
Et comme il avait opposé un énergique refus les membres de la Défenae nationale conjurèrent celui qui int '-• r.
de la leur, de leur prêter une dernière moment critique, s.»n appui, al de haranguer, de calmer lea impatienci
pérations de la foule. Roehefort ne put dominer le brouhaha, et dut renoncer à se faire' entendre.
Mais tandis que les citoyens appelés par l'acclamation populaire à organiser la constitution d'un gouvernement régulièrement issu des suffrages du peuple, acceptaient publiquement ce mandat, le gouvernement dictatorial du 4 septembre faisait des efforts désespérés et sournois pour ressaisir le pouvoir qu'une légitime colère venait de lui arracher.
C'était presque eh suppliant qu'ils cédaient maintenant pour la plupart à ce qu'ils refusaient avec arrogance quelques minutes auparavant. Jules Ferry, extrêmement pâle, essaya cependant de lutter contre les murmures. Garnier-Pagès prononça un discours amphigourique sur le désintéressement et l'absence d'ambition de ses collègues. Au silence glacial qui accueillit d'abord ses paroles, succéda bientôt un violent tumulte dans .equel se distinguaient les plus amères récriminations contre les crimes du gouvernement de 1848, dont le discoureur avait été l'un des ténors. Pris de peur, le vieux cinq, accoudé dans l'embrasure d'une fenêtre, renonça à se prodiguer de nouveau. Son abattement devient tel qu'il lui faisait proférer de temps à autre ces interjections navrantes en vérité pour la dignité humaine :
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