‹ Henri RochefortChapitre 32 sur 60 · I . i-ii un · texte numérisé non relu

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désormais qu'à gagner du temps dans l'attente d'un événement qui vint aider à sa délivrance. L'Hôtel de Ville n'étant occupé que par des hommes dont ils avaient lassé la patience, trahi le patriotique espoir, les gouvernants n'avaient, en effet, qu'à implorer du secours de l'extérieur. Les efforts qu'ils avaient faits pour ressaisir la confiance du peuple avaient échoué misérablement, et Rochefort n'avait pu parvenir à les couvrir du prestige que lui donnait sur la foule, son honnêteté politique profonde et notoire.

Les mesures étaient prises pour empêcher toute communication entre les membres de la Défense nationale arrêtés et les administrations à leur dévotion.

La salle était gardée par des citoyens sûrs. Dans l'escalier campait le bataillon Tibaldien (2°2<SC). Les capitaines surveillaient la pièce où le Provisoire était acculé, et s'assuraient qu'aucune issue cachée ne pouvait favoriser une évasion dont il n'était que trop aisé de supputer les déplorables suites.

Tout à coup la nouvelle se répand que le général Trochu a réussi à s'échapper avec un képi de garde national sur la tête, il s'est faufilé dans les rangs du 106e bataillon, lequel a enlevé le général au pas de course, par une des portes de derrière de l'Hôtel de Ville. Bientôt le désarroi se met parmi les occupants, les ordres inexécutés se

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1. g : il i.lluiis € bienpensant u qui stationnent sur le quai se ruent en cet instant sur les portes de l'Hôtel de V lies et

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tement barré par les légions des quartiers bourgeois ; sur la place sont groupés en masses épaisses les bataillons républicains. Du pas de la porte d'où il exhorte ses concitoyens à la concorde, M. Dorian est salué à gauche par les cris de : Vive Trochu ! A bas la Commune ! et à droite par les clameurs de : Vive la Commune ! A bas TroChu !

La révolution ne veut plus de Trochu ni de ses collègues, la réaction entend ne point obéir à Blanqui, à Félix Payât ni à Delescluze. Sans le patriotisme des bataillons républicains qui consentirent à éviter une lutte fratricide, en eût vu dans cette nuit se renouveler, dans une ville assiégée, les massacres hideux de juin.

Un coup de main habilement pratiqué venait, d'ailleurs, de mettre les troupes en présence dans l'obligation de souscrire à une convention ou de se battre. Un souterrain conduit, on le sait, de la caserne de la rue de Rivoli à l'Hôtel de Ville. Sur un ordre du général Trochu, les mobiles du Finistère et d'IUe-et-Vilaine passent par ce chemin et débouchent dans la maison de Ville. Ils sortent précipitamment des caves, et s'emparent, sabre au bout du fusil, de toutes les issues, par surprise. Si le combat se lut engagé, c'eût été un épouvantable et gigantesque corps-à-corps.

A l'extérieur, le tambour bat aux champs. Le général Trochu, suivi de son état-major, passe les troupes en revue. Les portes, grandes ouvertes,

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auxquelles MM. Dorian, Ferry d'une part et MM. Millière, Plourens et Blanqui de l'antre lient ilonne leur adhésion.

■ Les citoyens soussigné dans les

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« Dans l'intérêt de la patrie en danger, et en vue d'éviter un conflit qui pourrait ensanglanter le baptême de la nouvelle République ;

<( Déclarent que, réserve faite des droits du peuple, ils attendent le résultat des élections qui doivent avoir lieu demain. »

Il fut en outre assuré par MM. Dorian et Jules Ferry que le gouvernement de la Défense nationale, s'engageait à ce que les incidents de la journée n'ouvriraient la porte ni aux récriminations, ni aux représailles, ni aux recherches de quelque nature qu'elles pussent être.

Les événements récents donnent une telle importance à ces conventions intervenues et violées, que nous ne saurions trop nous appesantir sur les détails qui mettent ce manquement de parole bien en lumière.

Un journal de l'époque, le Tribun, précisait mieux encore les décisions consenties et il s'exprimait ainsi à ce sujet :

« Citoyens, déclarait M. Dorian, le décret relatif aux élections est signé et affiché, elles auront lieu demain sous mon contrôle et sous celui de M. Schœlcher.

— Bien, riposta M. Millière, mais qui nous répond que les membres du gouvernement une fois mis en liberté ne profiteront pas de leur délivrance (ceci se passait dans la nuit du 31 octobre au mardi le? novembre) pour opérer des arrestations,

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pi M I ' >nan. je VOUS j 1 1 1 • et mon passé vous répond de mon honneur — que lea élections pour la Commune auront lieu demain, el celles pour la réélection «lu vernoment après-demain. Quant à la bonne loi des membres «lu gouvernement, je me porte garant pour eux.

Et les membres de Comité de >alut public se déclarèrent satisfaits. MM Dorian, Delescluze, MUNèreet Rouvierse rendirent auprès de MM. Jules Favre, Garnier-Pa{ - et Jules Simon qui ratifièrent pleinement les paroles de M. Dorian.

L'n quart d'heure après arriva l'adhésion de If. Jules Ferry.

S'il fallait "uni- preuve nouvelle de cette convention d'oubli, elle résiderait tout entière, indiscutable «ians ce dernier Fait caractéristique. A heures <'t demie dn matin, après L'investissement et l'envahissement de L'Hôtel de Ville par les troupes réactionna i arda itionaux, con-

fiants dans la parole de M. Dorian, se retiraient peu a p. ii. Une pluie fine qui tombait, le froid qui devenaient infc Lie retraite. 1

quoi d'ailleurs tout étant termi

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