‹ Henri RochefortChapitre 39 sur 60 · II. Thiers annoncera on nouveau départ et Pera · texte numérisé non relu

II. Thiers annoncera on nouveau départ et Pera

appareiller de nouveaux transports. Dans ce jeu

de bascule qui ne contribua pas cependant à em-

péchi île, l'ancien ministre de I

Philippe jettei i

- de famille dan- le p

iportant, entre autre-, MM.

Ba ter, Cypriani, aux Antip i G

ricre, avec MM. Verdure, Paschal Grousset, Gourde, Mourot, Olivier Pain à son bord.

Les saignées pratiquées dans le personnel du fort Boyard avaient peu à peu vidé cette prison et les détenus restant furent envoyés à la citadelle d'Oleron, sinistre geôle, la plus durement menée de tous les dépôts du littoral.

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Le dire :■ ur de la prison d'Oléron était un Bomm Fer ' lair-

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•488 CITADELLE d'oLÉRON

raient constamment sur la figure des condamnés pendant leur sommeil. Il n'y avait pas de matin où Ton ne trouvât sept ou huit de ces odieux animaux noyés dans le baquet où les déportés venaient puiser leur eau.

C'est pendant qu'il subissait toutes les tortures de cette existence, à laquelle il avait été si peu habitué, que les journaux bonapartistes racontaient que Henri Rochefort avait à sa disposition une voiture à deux chevaux qui le promenait toute la journée dans l'île.

Un autre supplice s'ajoutait à ceux-là. Les officiers de la garnison, sous l'inspiration du directeur, avaient pris l'habitude de venir et d'amener leurs amis voir passer les détenus qui traversaient chaque soir une cour pour aller se coucher. Naturellement, l'ancien membre du gouvernement delà Défense nationale était l'objet d'une curiosité toute particulière et les galonnés de Metz ne se faisaient pas faute d'échanger à haute voix des réflexions qu'ils essayaient de rendre désagréables pour le prisonnier désarmé. Apr§s deux ou trois jours de ce régime. Rochefort n'y tint plus et écrivit au directeur la lettre suivante :

« Monsieur le directeur, depuis quelque temps, à l'heure où nous traversons la cour de la caserne, nous trouvons sur notre passage des officiers en uniforme et une société de dames qui paraissent se complaire à nous humilier de leur présence. Je

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1er le qui commande celle troupe de

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Les Arabes qui étaient alors à la citadelle d'Oléron et qui, plus tard, furent transportée à la

3 lint-Martin-de-Ré, avaient damnés, au nombre de quatre-vingts, à la d< talion dans une enceinte fortifiée [unir l'insurrection algérienne de 1*71. Parmi eux, on remarquait plusieurs caïds, di et des marabouts :

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490 CITADELLE d'olÉRON

régime des bureaux arabes dont le capitaine Doineau fut l'ornement, les malheureux marabouts, cheiks et caïds avaient pour nos militaires qu'ils appellent dans leur langage imagé des « grandes capotes » une aversion indestructible. Ce fut seulement quand ils surent que leur compagnon de captivité était lui-même une victime des conseils de guerre qui les avaient condamnés qu'ils lui ouvrirent leur cœur. Ils avaient la naïveté de s'imaginer qu'Henri Rochefort pouvait les empêcher de partir pour la Nouvelle-Calédonie, car les Arabes ont de la mer qu'ils nomment « la bleue » une terreur folle. Us lui demandaient constamment de solliciter leur grâce et Rochefort dut écrire à plusieurs reprises à divers députés au nom de ces infortunés.

M. Edmond Adam promit à son ami Rochefort de s'occuper d'eux, et, en effet, un jour qu'il dînait chez M. Thiers, l'ancien préfet de police parla à son amphitryon de. la situation des pauvres indigènes, et il ajouta que c'était M. Rochefort qui lui avait écrit à ce sujet.

A quoi M. Thiers, toujours diplomate, répondit : « Eh bien, puisque M. Rochefort ne sait rien me demander pour lui, qui l'empêche de m'écrire directement à propos des Arabes ? Dites-lui qu'il m'adresse des détails sur leur procès, et il peut être sur que je ferai droit à toutes ses réclamations. »

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