‹ Henri RochefortChapitre 40 sur 60 · CITADELLE D'OLÉRON · texte numérisé non relu

CITADELLE D'OLÉRON

réalité. La venue du député de l'extrême gauche fut pour les prisonniers une bonne fortune, car elle aboutit à la prompte cessation de leurs tourments. M. Edmond Adam puisa, en effet, dans l'inspection de la citadelle et dans la vue des horreurs auxquelles étaient soumis les déportés, une force immense pour adresser au ministre de l'intérieur, M. Victor Lefranc, les réclamations les plus pressantes. Il décrivit au fonctionnaire les supplices journaliers des malheureux incarcérés, et lui donna sa parole que si l'administration ne remédiait pas aussitôt à ces monstruosités inutiles, l'affaire serait portée à la connaissance du pays et de l'Assemblée qui flétrirait de semblables abus du pouvoir. Le ministre promit alors à l'ancien préfet de police de donner des ordres sévères, pour le redressement des errements passés. Il s'engagea à écarter d'Oléron le directeur. M. Ferrand, et à l'envoyer dans un dépôt de condamnés non politiques, habitué qu'était ce chiourme odieux à mener les prisonniers de droit commun. Sans mettre le moins du monde en doute la sincérité des intentions ministérielles et la rapide exécution des promesses formulées, M. Edmond Adam tint à arracher, au cas où les mesures ne seraient pas prises sur le champ, son ami captif aux vexations que le directeur pouvait, durant les derniers instants de son autorité, infliger à ses victimes. Il insista donc vivement et obtint de M. Lefranc le

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