I \ IMPORTATION
Michel qui, «levant te cons( i de guerre, avail n mé héroïquement dotomb ràsoD Lour, comme eux,
celui jour de chaque mois au |
dent et au vice-présidenl de la commission des ib pour leur reprocher, es tenues indignés, la perpétration de cet acte de cruauté impardonnable. A bord de la Virgim tequitta, connue à
Aulierive, de ce di M DOUS allons citer ici
nue de c douloui émouvantes
remise par elle sous pli cacheté, au commandant île la t raii -mettre la correspon-
dance de be, m1"' nous
transcrivons et que nous conservons religieusement, fut passé sur le «/aisseau à Henri Rochefort par Louise Miche!, en dépit «h- la surveillance des gardes. 11 porte l'entête que voici :
.1 Mt meurs les membres de /" Commission dite des Grâces.
■■ Messieurs,
\ rous ■ • ■.: bien fait d'ordonner que toute per-
« sonne pût correspondre Librement avec vous au
« moyen Je lettre -e façon, mes
TOUS arriveront de partout. Il y a trop
de sang entre nous pour que tous 1 ms le
•■ puissent laver, et la fatalité me ramène. Cepen-
I Jédonie, vous auriez eu une bonne
« chance de vous déba de moi, vous n*en
« aurez pas le courage. Toutefois, si au lieu de tuer « de sang-froid, six mois après la lutte, vous nous « aviez tous bannis, la colonie serait florissante au- « jourd'hui, et vous ne seriez pas des meurtriers. « Maintenant essayez de laver vos mains à la face « de l'histoire. Au revoir messieurs. »
Et elle ajoutait ce post-scriptum qui fait allusion au nom des deux navires de guerre qui avaient été destinés à l'emporter : « Vous avez craint, sans doute, en nous expédiant par la Sybille que ce nom ne vous portât malheur : Virginie fut fatale aux « décemvirs. »
Quelle ,que soit l'opinion de ceux qui liront cet écrit, est-il possible qu'ils ne s'inclinent point devant cette grandeur d'âme d'une jeune prisonnière revendiquant, du fond même de son cachot, et quelques représailles que puissent attirer sur sa tête une si vaillante conduite, le respect pour la vie humaine et surtout pour la vie des républicains, ses anciens compagnons d'armes, vaincus et désarmés.
Au moment de mettre pied à terre sur le sol de l'expiation, une nouvelle épreuve était réservée au cœur énergique et droit de la vaillante femme. Pour tous les condamnés à la déportation dans une enceinte fortifiée, indistinctement, femmes et hommes, la presqu'île Ducos avait été fixée par le texte même de la loi comme lieu de résidence. Lorsqu'il s'agit d'exécuter le décret voté par l'As-
i \ DÉPORTATION
semblée, l'abbé Montrousier, l'aumônier de la déportation, de mettre le holà. Quoique la ace des déportés dans les baraquements
que l'administration leur avait fait « n'olfrît rien que de naturel, la pudeur du Père mariste s'alarma. Il alla se jeter aux pieds de Mme de la FUcherie, la femme du gouverneur, et demanda à l'épouse du fonctionnaire, confit dévotion, au nom de soa salut éternel, d'user de toute l'influence qu'elle possédait sur son mari pour éviter le scandale qui se préparait. Des hommes et des femmes condamnés, dans le même village ! Mme de la FUcherie promit d'employer, à l'empêchement de l'installation des déportées à la presqu'île Ducos, tout son crédit. Cédant à ses instances réitérées, en effet, le gouverneur enjoignit au commandant de la Virginie de différer de deux ou trois jours le débarquement de sa cargaison féminine. On décida au siège' du gouvernement calédonien que les prisonnières seraient dirigées sur un territoire assez lointain, près de Bourail, et que des baraquements en planches leur seraient élevés à la hâte sur cet emplacement nouveau, voisin d'un camp de forçats de droii commun. là s déportées avaient terminé tous leurs préparatifs et se disposaient à quitter la Virginie et à descendre sous l'escorte des gardiens dans les chaloupes amarrées sur les flânes du navire, lesquelles devaient les conduire directement àlapres-
qu'île, lorsque le commandant vint leur communiquer les changements graves qui étaient survenus.
Louise Michel et Mme Lemel protestèrent contre de semblables prétentions. Elles invoquèrent la loi aux exigences formelles. Et comme l'officier supérieur de marine s'obstinait, elles lui déclarèrent qu'elles se tueraient plutôt que de souscrire à cette violation flagrante de leurs imprescriptibles droits.
La fermeté des caractères de Louise Michel et de Mme Lemel, le mépris absolu de ces deux héroïnes pour la mort, ne laissaient aucun doute sur la tenue de leurs déclarations inébranlables.
— « Nous vous prions, commandant, avaientelles dit, de faire respecter la loi, nous irons retrouver nos frères proscrits, nous leurs sœurs proscrites, ou nous mourrons. »
Et ces mots tintaient comme un glas aux oreilles du commandant de la Virginie. Troublé de ce drame, de ce double suicide de deux malheureuses qui menaçaient de déshonorer, s'il avait lieu sur la frégate, sa carrière de marin presque finie, le vieil officier se précipita à la cage qu'habitait Henri Rochefort auquel il raconta l'affaire.
— Est-ce qu'elles mettront à exécution leur menace ?
— Elles se tueront, — vous les connaissez, — comme elles vous l'ont dit, répliqua l'ex-membre du gouvernement. Épargnez-vous, à tout prix, ce meurtre qui entacherait à jamais votre nom.
! \ DÉPORTAI
L'officier écarta en Le flétrissure. Jl
sauta dans un.- embarcation, courul chez M. de la Richerie, et l'effet de son plaidoyer lut si pui que le gouverneur B'écria :
— « Conduisez-les toutes, et sur-le-champ, à In presqu'île Ducos : Après tout, s'il en est, par la suite, dans If nombre quelques-unes qui s'avilissent, je n'ai pas à partager les craintes antir de L'abbé Montrousier, ni, lorsqu'au début, des faits de la gravité de ceux que vous me signalez se doivent certainement produire, à me constituer le gardien de la vertu do quelques déportées! »
Le soir, les vingt-deux condamnées prenaient possession de leurs cases, bâties au centre de l'enceinte fortifiée.
Lorsqu'Ilenri Rochefort débarqua en Nouvelle- Calédonie, il y avait quatorze mois que le transport la Danaé avait amené le premier convoi de déportés.
La presqu'île Ducos assignée par la loi de 1878 aux déportés dans une enceinte fortifiée et vers laquelle allait être dirigé l'auteur de la Lanterne, était loin de répondre aux descriptions qu'en avaient faite les géographes ministériels. Formée par une pointe de terre aride et sablonneuse, elle forme uu des côtés de la rade de Nouméa. Si l'on veut un court aperçu de l'Eden où devaient restera perpétuité aux termes de la loi, les condamnés des conseils de guerre , que l'on juge du pa-
radis terrestre par ce qui suit. Nous empruntons au récit de nos amis Grousset et Jourde intitulé : Quatre mille Français en Crimée, les quelques lignes que nous plaçons entre guillemets :
« La superficie de la presqu'île est d'environ 2500 acres ; son aspect est triste et désolé. Elle est formée d'une série de petites collines, contrefort delà chaîne centrale de l'île. La faible couche de terre végétale déposée sur les roches volcaniques qui en constituent la charpente est couverte d'une herbe jaune, brûlée par le soleil. Entre ces collines des ravins sont profondément creusés par les pluies et s'élargissent vers la mer en marécages où croissent quelques palétuviers. De loin en loin, un arbre au tronc blanchâtre, aux branches inclinées par le vent dans une direction uniforme semble une sentinelle perdue dans le désert : c'est le niaouli, sorte d'eucalyptus particulier au pays. Pas un seul cours d'eau, l'eau que les déportés avaient à boire, était de l'eau apportée par mer dans des futailles, ou recueillie, à la saison des pluies, dans des fosses où elle ne tarde pas à devenir saumâtre.
Tel est le territoire où huit cent trente proscrits furent successivement débarqués. Ils devaient, d'après le texte de la loi, y rester cinq ans avant de pouvoir obtenir d'en sortir pour s'établir sur la grande terre, et cette autorisation même étant soumise au caprice du gouverneur et nécessitant une démarche que la plupart des déportés se refusaient à faire, cela revient à dire que le plus grand nombre est condamné pour la vie à habiter la presqu'île Ducos.
A l'arrivée, les déportés étaient répartis en cinq ou six camps formés de baraques en planches et de huttes militaires hors de service, où l'on étouffait pendant l'été et où l'on pataugeait dans- la boue pendant la
saison «les pluies. Chaque abri recevait douze hommes, qui avaient chacun un hamac poui tte et pour
ustensiles communs une marmite et une cruche Le vivres distribués chaque matin au guichet d'une i cambuse d spéciale, se composaient quotidiennement de 250 grammes de viande avariée ou de lard rance, : mêmes de pain ou biscuit, 100 grammes de haricots secs et 16 grammes de café.
L'administration qui distribuait ces vivres crus. o'allouait aux déportés m combustible, ni substance pour les l'an.- cuire. Les condamnés durent aller à deux kilomètres couper du bois el rapporter au camp les charges de brandies à dos d'hommes.
Si l'on ajoute aux prodigalités administratives (prodigalités est le mot, on le voit), une distribution annuelle de vêtements, savoir : un costume de toile, un costume de laine, deux chemises et deux paires de méchants souliers, on aura le tableau complet des libéralités que la direction coloniale réserve à ses « chers subordonnés. »
« On doit dire cependant tout de suite, que s'il en exprimait le désir, la loi donnait le droit au condamne de se construire une habitation personnelle et que s*il voulait tenter un essai de culture on lui allouait un lot de terre de quelques mètres. M i s comme on ne lui fournissait ni outils, ni semences, ni matériaux d'aucun genre, ces tentatives étaient nécessairement très limitées, on pourrait écrire nulles en ce qui touche au défrichement. Huant aux habitations personnelles, elles se composaient de quelques cabanes en terre, couvertes d'herbes et de branchages plus misérables qu<
huttes des sauvages. Généralement groupées autour des camps, sans ordre et sans symétrie, elles constituaient deux ou trois tristes villages accrochés aux flancs des collines. Au-dessus de ces villages étaient placées les casernes des surveillants. Sur toute la ligne des hauteurs courait un chemin stratégique armé de canons et de mitrailleuses, et par où un cordon de sentinelles espacées de distance en distance, se relie à un camp d'infanterie de marine, établi sur l'isthme qui rattache la presqu'île à la grande terre. »
C'est dans une des « paillottes » dont nous avons parlé, construites avec des efforts surhumains et avec leurs ressources personnelles, que Henri Rochefort trouva installés à son arrivée à la presqu'île Ducos, deux de ses compagnons de Sainte-Pélagie ; MM. Paschal Grousset et Olivier Pain.
L'entrée de la Virginie dans la rade de Nouméa ayant même été connue la veille, les deux co-propriétaires de l'immeuble sis entre deux ravins, par 22 degrés de latitude sud, avaient été passer la nuit à la pêche, afin de renforcer l'ordinaire assez maigre de la case, et de faire dignement, à leur ami débarquant, les honneurs de l'habitation. Henri Rochefort mit pied à terre à la presqu'île Ducos le matin à cinq heures et demie. Une valise à la main, il apparut à ses camarades. Tel un voyageur qui viendrait pour une saison de trois mois à Trouville ou à Aix-les-Bains.
LA DEPORTAI M I
La courte présence «lu pamphlétaire en Oci
réduire Ba déportation aux di- . à quelque station balm
kdea et les i de main,
Henri Rochefort reçut l'hospitalité chez ses deux
. La maison était inachevée, deux p
it étaient habitables, une troisième restait en-
onstruire. L'ex-député la fit terminer et y
demeura jusqu'au -lu a
- tée un peu à l'écart, en dehors du camp dit de la Guerrière, sur un monticule bordé par deux ravins la » villa o était surplombée par des montagnes assez hautes et totalement arides. Devant elle s'étendait un vaste terrain, impropre à toute culture.
L'arrivée du nouvel hôte, amené parla Viryinic, fut signalée par un incident que nous allons relater. A cette époque, les déportés affectaient dans leurs rapports d'ailleurs peu fréquents avec les gardiens, une réserve qui avait le don d'exaspérer tes dernier-, i tr, au nombre des détenus mar. selon l'expression en usage dans la déportation, " au crayon rouge », c'est-.. - par leur
silence même, leur tenue pleine de raideur. à une surveillai le l'autorité, figuraient
-MM. Paschal Grousset et olivier Pain.
conçoit que' la présence du rédacteur en chef dn Mot d'Ordre ne lui pas «le nature à adoucir les regards que l'administration braquait déjà
de ce côté. Le commandant territorial crut que le moment était choisi pour faire un acte de vigueur et pour montrer qu'il saurait au besoin avoir raison des hommes qui passaient pour exercer une influence sur leurs camarades. Le jour où les déportés de la Virginie débarquèrent se trouvait être un jeudi. Eteux appels avaient lieu alors par semaine à la presqu'île, un le jeudi, l'autre le dimanche.
Sans prévenir les nouveaux arrivants, sans apposer dans le camp une affiche qui leur désignât l'endroit où ils auraient à se présenter, l'appel se fit. La plupart ignorant l'existence de cette formalité, y manquèrent, et quelques-uns répondirent, mais à des groupes qui n'étaient pas les leurs, faisant ainsi, et malgré tout, constater leur présence. Tel fut le cas de Henri Rochefort.
Quoi qu'il en soit, le commandant territorial donna l'ordre de l'arrêter. Le vendredi, deux gardiens, casquettes vissées sur la tête, pénétraient dans la case du déporté à sept heures du matin. Le ton sur lequel ils parlaient ne permettait pas de douter de l'issue de cette visite domiciliaire. Aux observations fort justes que leur fit le prisonnier, les gardiens ne savaient que répondre, mais ils n'en exécutèrent pas moins les ordres qu'ils avaient reçus de leur supérieur, et traînèrent Henri Rochefort en prison.
Cette punition imméritée et criante infligée par
i \ DÉPORTATION :'-'l
immandant oc fui pas de longue durée. Elle n'excéda pas un jour. Ce fut en réalité et comme doua l'avons dit uniquement pour faire éclater manifestement sa toute-puissance que le fonctionnaire galonné se laissa aller à cette mesquine et ridicule fantaisie. Il devait la payer plus tard de sa propre destitution. C'est à dater de cette époque, en réalité, et pour échapper aux mesures rigoureuses dont ils B6 sentaient menacés dans l'avenir que les déportés tournèrent avec obstination leurs pensi les projets d'évasion.
Avant la fuite des BÏX déportés, ^u mars IsTi. les condamnés n'étaient astreints, on l'a vu, par ce qui a précédé, qu'à deux appris par sem L'un (Hait l'ait à sept heures du matin chaque dimanche, l'autre tous les jeudis, à une heure de L'après-midi. Dans l'intervalle de ces deux constatations «le présence, les prisonniers jouissaient d'une liberté à peu près entière dans les limiU a qui leur étaient assigm
Des gardiens se promenaient, il est vrai, à toute heure, dans les camps deux par deux, revolvers à eillant sur ce qui se passait; mais même la nuit, après le coup de canon qui annonçait la fermeture des cantines, les détenus pouvaient courir où boa leur semblait, dormir hors de leurs gourbis, pêcher à la ligne, la mer, sur miennesétant très poissonneuse.
11 en était qui donnaient la nuit entière à cet i
cice. C'était une façon d'éviter le supplice odieux qui naît au déclin du jour de l'invasion des moustiques. A peine le soleil a-t-il disparu à l'horizon que des nuées de ces terribles insectes s'abattent sur les habitations et harcèlent jusqu'à l'aube, les infortunés habitants. On ne saurait s'imaginer l'état d'irritation dans lequel l'insomnie due à cette guerre dans les ténèbres plonge le malheureux supplicié. Au bord de la mer, la brise, soufflant assez fortement, chasse et met en déroute les malfaisantes bêtes ailées et la plupart des condamnés emportaient une couverture, dans laquelle ils s'entortillaient et dormaient étendus sur la plate-forme des roches de basalte qui bordent le littoral.
La pêche n'était en somme, pour beaucoup, qu'un moyen d'attendre le sommeil, et, pour Henri Rochefort surtout, l'attrait de la ligne de fond et la capture d'une lamproie ou d'une loche ne constituaient qu'un bien faible divertissement. L'auteur de la Lanterne, d'ailleurs, ne réussit pas toujours très bien dans ce genre de récréation. S'il parvint-à prendre trois ou quatre pièces importantes et s'il faut porter à son actif la capture d'une lamproie gigantesque, la plus belle qui ait été prise à la ligne en Nouvelle-Calédonie, son passif met sous les yeux des aventures d'un ordre amusant. L'une est passée, par profits et pertes au compte de la pêche à la presqu'île Ducos, l'autre au compte de la chasse, après l'évasion,
nnr partieor lux environs de Sydney,
Qgd'un desbrasdutyri u ,'s li appelé
/' • ramaU : fl
le la presqu'île nous montre Henri lefbrt iinçantsa l . ndà tour de bras,
ta nuit, dans la mer. La violence avi in destructeur a tournoyé, envoie l'haï] . non point dans l'eau devant le'p lis derrière lui, dans les branches d'un arbre et
attend de pied ferme que les mou irina viennent happer l'appâl qu'il croit immi
- ièl ouvert au gré de vents. On juge des éclats de rire qui accueillirent cette découverte dont Fauteur lui-même est le premier à se gaudir. L'histoire de la chasse est plus rêjouisacore. Elle a été racontée dans deux récits • idée, et c'est à l'un d'eux que nous faisons l'emprunt suivant :
« Le vendredi-saint, dit M. Ballière, un excellent docteur du pays, sachant combien la ville i deuil reliÉ liteu l'i.
une chasse aux wallabis (p. ce
de Un nombre pro-
digieux de fusils avait été apporté à l'hôtel. Au lieu du rendes-vous .M. Eva amis placèrentles
eurs dans les tranchées du bois et I eur, l'endroit par lequel devaitd plus
rapidement le gibier fut abandonne à Henri Rochefort. Aprôfl avoir installe le debutan.
teur Evans réitéra au journaliste les recommandations ressassées :
— Faites bien attention, M. Rochefort, le wallabis passera certainement devant vous, rabattu par la manœuvre des chiens. Prêtez attentivement l'oreill ,equand vous entendrez un bruissement sourd, et les toc... toc... toc... des sauts lourds de l'animal dépisté, épaulez votre arme, la tête ne tardera pas à apparaître, dès que. vous l'apercevrez, faites feu.
On était à peine depuis une demi heure aux postes de combat quand cette exclamation retentit :
— Oh! en voilà un, ah ! l'horrible bête! Dieu ! qu'il est gros !
C'était Rochefort qui proférait cette apostrophe à la vue d'un énorme kangourou arrivant et bondissant à quelques pas de lui. Ce qui ne retentit point ce fut le coup de feu de l'apprenti chasseur, en extase devant ce spécimen curieux de la gent animale australienne et mis par cette contemplation dans l'impossibilité de faire le moindre mal au wallabis.
Lorsque dans l'humble case de la presqu'île Ducos, l'ex-député de Belleville et ses co-déportés recherchaient les moyens à employer pour gagner la terre libre de l'Australie, le premier plan auquel les trois condamnés s'étaient primitivement arrêté, (ce plan était le plus simple, effectivement mais aussi le plus périlleux), était celui qui se résumait