‹ Henri RochefortChapitre 52 sur 60 · marchai · texte numérisé non relu

marchai

quel- A ) ii>l heures de l'api turc <-ut v.-nt : dans

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rentrèrent bredouilles.

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ira tout le jour, qu'il lui fût été

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qu'il le composait loin

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il lut convenu que cuiuuiuui-

cation leur serait faite à tous à la fois le même jour par une dictée générale. Ollivier Pain fut chargé de la communication. Il fut stipulé, cela va sans dire, que l'apparition n'aurait lieu que le matin et cet engagement solennel n'était pas inutile, il y a gros à parier que sans lui la publication eût été faite avant même la séance de la conférence. Les Américains ne s'embarrassent pas pour si peu. Durant un certain temps les choses allèrent sans accroc. Mais quand l'heure fut venue de partir pour l'Académie, le manuscrit ayant été l'espace d'une seconde, abandonné sur la table, Olivier Pain fut très surpris à sa rentrée dans la chambre d'être arrêté sur le seuil par cette scène indescriptible. La chambre à coucher du déporté était presque devenue une arène de pugilat. Les reporters s'étaient tous jetés sur le manuscrit et se livraient entre eux pour se l'approprier à une bataille des plus comiques.

La grande salle de l'Académie de musique était presque pleine quand l'auteur de la Lanterne y fit son entrée.

« Une grande foule, a dit Y Herald le lendemain, se pressait hier à l'Académie de musique pour entendre Henri Rochefort. Quoi qu'il il y eût dans l'assistance un grand nombre d'Américains et d'Anglais, le public en majorité était français. L'intérieur et l'extérieur du théâtre

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i pour la circonslaix e P tribune, mail sur Le devant de la acèna ma tabla avac mi fauteuil où rorateor pouvait s'aaa r an

. pour (aire m lecture.

Derrière cetta table, <le longuei banquettes

:it été réservées pour lea membres dec mitée rrançaifl de New-York, pour lea Améri et les Anglais représentant lea différente! associations et lea branches industrielles et oommer-

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prendre ta parole. Tout le inonde était debout, l<-> hommes agitant leurs chapeaux' et les dames leurs mouchoira. »

Bt cette réflexion du journaliste est le corollaire de cette réception enthousiaste de ^aseemblée :

it ''u constatant l'accueil que nous lient ainsi non-seulement nos compati mais des milliers d'étrangers, nous avions quelque nous considérer comme des hommes

. autant uV crimes que les journaux :

tionnaûn DOS nous en attribuaient quoti-

diennement. M

L'organisation de la conl e l'Académie

de musique offrit à Rochefort une non

occasion d'attester hautement

triot int la tlate Qxée pour la

lecture publique, il avait reçu !a visite de

deux notables Américains qui étaient venus lui proposer de donner à M. Grant, le frère du président des États-Unis, la présidence de la réunion. Rochefort, quelque honorable et flatteuse que fut cette offre, s'empressa de la décliner. Durant la guerre de 1870 l'attitude du gouvernement fédéraliste avait été très hostile à la France. L'émigration allemande a apporté un élément germanique si considérable dans la population américaine, que le général Grant fut sans doute, et cela s'explique, obligé de compter avec lui, mais l'ancien membre de la Défense nationale ne pouvait oublier les manifestations anti-françaises dont l'Amérique du Nord avait été le théâtre et auxquelles M. Grant s'était, de gré ou de force, associé. Il préféra dès lors se faire présenter au public newyorkais par un démocrate socialiste très populaire, M. John Swinton, lequel exposa en termes chaleureux le sujet de la conférence en recommandant — ce qui n'était pas nécessaire, insinua-t-il, il se recommande de lui-même — le conférencier.

Le succès, au point de vue pécuniaire, fut également très beau. Les frais de location de salle, d'éclairage, d'affichage soldés, et ces frais étaient considérables, il resta une somme nette de trois mille cinq cents francs à faire parvenir aux déportés. C'est ce résultat qui poussa les organisateurs de la conférence de New-York à réclamer de

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a Hommage à récrîvain dont les articles suint ému la démocratie euro] ruels

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ajouta au crayon, ces quelques lignes, justes observations au bas de la dédicace reconnaissante :

« Vous allez dans quelques minutes faire voile vers l'Angleterre, Mais lorsque vous mettrez le pied sur le sol anglais, souvenez-vous que, elle aussi, cette terre de liberté, comme on la nomme, a ses exilés et ses prisonniers politiques. »

La traversée de New-York à Liverpool s'effectue d'ordinaire en onze jours. Le Parthia, en vapeur bien appris, ne dérogea pas à cette habitude. Le soir du dixième jour il était en vue de la pointe extrême de l'Irlande au port de Queenstown. Il n'existe pas de voyage en mer plus épouvantable que celui entre l'Europe et l'Amérique du Nord. A moins d'un temps exceptionnellement propice, et l'exception n'apparaît que durant le mois de juillet, les passagers en sont réduits à effectuer ce trajet au milieu d'une brume épaisse et persistante. En hiver et au printemps telle est l'obscurité dans laquelle s'avancent les paquebots qu'ils sont obligés, ne voyant qu'à une très faible distance à se diriger, à sonner continuellement la cloche afin d'avertir les autres bâtiments croisant dans les mêmes parages. Des falots sont amarrés au haut des mâts et malgré toutes ces précautions il arrive encore fréquemment des heurts dont l'issue est le coulage à pic de l'un, quelquefois des deux colosses lancés à toute vitesse.

Dans des conditions de transfert si désastreu-

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l'auteur de la Lanterne avait été plu souffrant qu© jamais. Quand le Parthia loucha à Queenslown, poury débarquer quelq i ?eurs

;"r"rl I"' Biidre en Irlande instanta-

^ment. I'"'^" 1" prix de s,,,, passage jusqu'à "verpool er par chemin de rer Londres,

où il allait résider. II n'y avait en opérant de manière que deux heures de mer (c'est-a-dire la traversée du canal Saint-Ge . ((1 i,,.,, ,,-„„

demi-jour et une nuit de cou;,, de roulis el alternatifa où Bimultan Australie et l'Amérique protestantes avaient pour les évadés le chemin du Capitole, l'Irlande catholique devait être pour eux la roche Tarpéienne. Nul n'ignore a quel degré de fanatisme religieux en sont arri • sont maintenus de-

puis des siècles les malheureux habitants de cette île annexée et formant le royaume « Uni ., de Grande-Bretagne. Profitant du joug que de tout temps les Londoniens ont fait peser sur leur pays les prêtres irlandais, avec une adresse immense, ont su allier étroitement les sentiments de revend dication patriotique aux aspirations religie:.

il naît leur indestructible puissance. Ils allaient la mettre a l'épreuve comme on le verra par l'anecdote qui suit.

En montant sur le vapeur le Parthia, Olivier Pain s'était fou l et avait dû rester couché

pondant toute la traversée. A Queenstown, mis

dans l'impossibilité de chausser des brodequins à cause de l'enflure du pied blessé et de la jambe contusionnée, il fut soutenu et conduit par Henri Rochefort chez un marchand de la localité afin d'y acheter des babouches, à l'une desquelles il fallut encore pratiquer un éventrement. Les déportés étaient à peine installés dans la boutique que des passants s'arrêtèrent en regardant l'ex-rédacteur en chef du Mol tV Ordre curieusement. La nouvelle du débarquement du pamphlétaire se répandit avec rapidité dans la petite ville.

Lorsqu'ils sortirent du magasin de chaussures, une fois leurs achats terminés, les déportés remarquèrent dans la rue de petits groupes qui discutaient avec véhémence. Depuis leur arrivée à Newcastle tant de manifestations s'étaient produites sur leur passage que les fugitifs n'y prêtèrent aucune attention. Ils se dirigèrent afin de dîner, en attendant l'heure du départ pour Cork et Dublin, vers un restaurant de belle apparence situé presque en face de la gare. Ils étaient attablés depuis dix minutes à peine, quand les attroupements commencèrent à se former sous les fenêtres de la salle à manger. Les domestiques de l'hôtel, tout en servant, donnèrent de temps à autre un coup d'œil, ignorant ce que signifiait le stationnement de cette cohue. Lorsque le repas fut achevé, l'heure du départ approchant, Henri Rochefort et Olivier Pain, qui ne se doutaient aucu-

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rieur, offrirent le bras à d»ux \ ni. m : • ut l'ait avec eus te trie

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■nient, Henri Ftacuefort remarquât paslement de l'un à l'autrs et semblant donner le mot d'ordre, un préire qui désignait du munalisU os,

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nie, laquelle emboîta .

aux évadés. Quelles étaient les apostrophes lancées par ces cent vingt ou cent trente manifestants? Les deux vieilles dames furent seules à les les comprendre, ni Rochefort, ni Pain ne parlaient un seul mot d'anglais et les infortunés Queenstownais gloussaient dans le désert. On était entré dans les salles d'attente de la gare, le train allait partir. On monta en wagon, quelques cris — ceux de l'énergumène en soutane, dépité sans doute que le coup monté par lui n'ait pas atteint d'autre proportion — accueillirent une dernière fois les condamnés qui regardaient parla portière. Néanmoins, les quelques secondes d'attente dans le train permirent encore aux proscrits d'être l'objet d'une protestation sympathique.

Ce prêtre venait, en effet, de pousser ses dernières imprécations, quand trois négociants de Queenstown, informés de ce qui se passait, accoururent au chemin de fer, obtinrent du chef de gare de venir jusque sur le quai de la voie et là, s'approchant du wagon servant d'observatoire aux exilés, serrèrent la main de ceux-ci et les prièrent d'accepter toute une collection de journaux français, dans lesquels au jour le jour étaient relatés les incidents de leur évasion et du fameux voyage en Australie, au Firdji, à Honlulu et en Amérique.

C'est à Panthon Hôtel que Rochefort prit ses quartiers en débarquant à Londres. C'est là que

RETOUR r\ EUROPE

dès qu'on eu! publié dans les rouilles londoniennes l'annonce de Bon arrivée, la plupart de exilés vinrent lui rendre visite ••! l'inviter an grand banquet que la proscription avait décidé de donner aux Bix •• revenus de l'enfer néo-calédonien. » Mais la règle de conduite de l'auteur de la Lanterne avait été de refuser à Sydney, à S Francisco, à New-York toute réunion de ce genre. Par les divers refus exprimés précédemment il était d'honneur à Be dérober aux autres

dans L'avenir. Ce futdonc à son grand regret qu'il déclina lès nouvelles offres faites, en fournissant les motifs plausiblesqui lui imposaientcette résolution.

Au lendemain du départ de son père pour Nouméa, Mlle Kochefort, toute jeune fille encore, était entrée dans une institution de Neuilly pour y continuer son éducation. C'était alternativement chez m tes, les sœurs de son père, ou chez Mme Edmond Adam, ou chez. Mme Charles Hugo que la pensionnaire passait bos dimanches de sortit'. Ce fut à M. Edmond Adam que le pamphlétaire écrivit de Londres pour le prier de vouloir bien lui amener immédiatement en Angleterre l'enfant chérie qu'il n'avait pas embrassée depuis tant d'anm

M. Edmond Adam Be rendit àce désir véritablement BEcré. La façon dont !• eurs quittèrent Paris fut si précipitée qui- l'exilé n'en fut même pas prévenu. Quand l'entrevue Bpontanée

eut lieu à Panthon hôtel, la réception fut d'autant plus touchante qu'elle était plus inattendue. On ne s'imaginera jamais à quel degré les sentiments paternels tiennent de place dans le cœur de l'exdéputé de Belleville !

Tout ce qui peut faire plaisir à ses enfants, il n'hésite pas une seconde à accomplir. Pour eux, rien n'est trop coûteux. La scène que nous allons décrire et dont nous avons été les témoins prouvera mieux que toutes les phrases la façon dont Rochefort entend les devoirs de la paternité.

Lorsque le journal parisien la Lanterne fut créé au mois d'avril 1877, les fondateurs, MM. Adrien Duvand et Victor Ballay, demandèrent à l'exreprésentant du peuple sa collaboration exclusive et l'abandon de la propriété du titre moyennant une prime de 20,000 francs et deux mille francs d'appointements mensuels.

La prime fut expédiée de Paris par 'intermédiaire du Crédit Lyonnais et des banquiers de Genève, MM. Huntsch et Luscher, lesquels avertirent le destinataire d'avoir à passer dans leurs bureaux pour la toucher. Le premier soin de Rochefort, en possession de cette somme importante, fut d'en faire" sur l'heure bénéficier ses enfants. Sa fille, alors à la veille de se marier, vit tomber la plus forte part, en dépit de ses récriminations, dans sa corbeille de noces, et Octave et Henri, ses fils, l'un au lycée d'Alger, l'autre au collège de

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