Brit. Muséum. Cott. MS, Cleop. E. IV, f
feste la crainte qu'il éprouve de voir son amitié pour sir Francis nuire aux intérêts de ce gentilhomme. Il s'était fréquemment trouvé en sa compagnie à Ampthill. Toujours il avait exalté l'enseignement des « anciens Pères catholiques » et condamné surtout la prédication de Latimer « touchant Notre Dame et les saints ». Un jour en particulier, il était avec beaucoup de monde chez sir Francis à Ampthill. « Après d'agréables divertissements », il se rendit avec Brian dans la chambre à coucher de celui-ci. Il y aperçut « un gros livre », qu'il reconnut être la nouvelle traduction anglaise de la Bible. Il profita de l'occasion pour dire ce qu'il en pensait : « C'est un beau livre ; mais, à mon sens, l'interprétation est inexacte en plusieurs endroits, et cela sera peut-être plus tard la source de nombreuses erreurs. » Sir Francis ouvrit le volume et choisit le passage de saint Luc où il est parlé de la « consécration du Corps et du Sang bénis de Notre-Seigneur ». Il le lut, puis demanda son opinion à l'abbé. Hobbes approuva, mais répéta encore que le volume contenait beaucoup de fausses interprétations (1).
L'abbé avoua qu'il avait exprimé le désir qu'on l'eût mis à mort avec les Chartreux, More et Fisher. A cette époque, quelques semaines avant son emprisonnement, il était malade et, dit l'accusateur : « Dom Ralph Woburn, sous-prieur, rapporta, dans sa propre chambre, à un certain dom William Hampton, en présence du témoin, que l'abbé, qu'il venait d'aller voir, lui avait déclaré (après lui avoir demandé comment il se portait) qu'il eût souhaité périr avec les gens de bien qui moururent pour leur attachement au pape, et il