Voy. ch. m
en communauté, la somme d'environ 50 livres, avancée, — on l'a vu plus haut, — par leurs amis.
« Après avoir rendu nos devoirs et nous être humblement recommandés à Votre bienveillante Seigneurie, écrivent les agents de Crumwell à leur maître, il pourra vous plaire de savoir que nous avons inspecté le monastère ou couvent de religieuses de Pollesworth, dans le comté de Warwick. Il y a là une abbesse appelée dame Alice Fitzherbert, âgée de 60 ans, femme très sage, très discrète et très pieuse, qui est à la tête de la maison et la dirige depuis vingtsept années. Et, en ce même couvent, sous ses ordres, se trouvent douze religieuses vertueuses et dévotes, et de bonne conduite, autant que nous avons pu l'apprendre ou nous en rendre compte, soit par nos interrogatoires, soit par la renommée et rumeur publiques de toute la contrée. Et pas une seule des religieuses de cet endroit ne veut quitter ou abandonner la robe ni la vie religieuse. C'est pourquoi nous pensons que, si tel est le bon plaisir de Votre Seigneurie, vous accompliriez une action excellente et fort méritoire en intercédant auprès de Sa Majesté le roi pour qu'il laisse debout la susdite maison et ne la supprime point ; car, à notre avis, vous ne pourrez parler en faveur de meilleur couvent ni de meilleures femmes.
« Et la ville de Pollesworth renferme 44 habitations et pas de laboureurs, sauf un ; les autres sont des artisans, des journaliers et marchands de vivres, et ils subsistent, en réalité, par le secours de ladite maison. Et celle-ci reçoit les enfants des personnes de condition et des gens du pays : ils y sont au nombre de trente, quelquefois de quarante et plus, et sont très vertueusement élevés. Et la ville et le couvent sont
situés sur un sol dur et une terre stérile, et nous estimons que, si le couvent est supprimé, la ville ne tardera pas à dépérir et à tomber en ruine, et que les habitants, au nombre de cent vingt ou de cent quarante, seront probablement obligés de partir à l'aventure pour gagner leur vie, le Seigneur Dieu sait comment (I). » Les occupations auxquelles se livraient les religieuses dans le cloître étaient semblables à celles que nous décrit un témoin oculaire à propos d'un couvent du Wiltshire. Là, dit John Aubrey, « les jeunes filles étaient élevées non comme aux écoles de Hakney, Sarum, etc., où elles apprennent l'orgueil et la frivolité, mais à l'intérieur des couvents, où elles avaient des exemples de piété, d'humilité et de modestie à imiter et à suivre. Ici on leur enseignait la couture, l'art de la pâtisserie, la chirurgie (car autrefois, il n'y avait ni apothicaires ni chirurgiens : les nobles dames guérissaient leurs voisins pauvres; mais aujourd'hui leurs mains sont bien trop délicates), la médecine, l'art de l'écriture, le dessin, etc. Le vieux Jacques pouvait voir, de chez lui, les religieuses du prieuré (de Sainte-Marie, près de « Kington Saint-Micheel ») venir dans la prairie à l'est de la maison^ avec leurs quenouilles et leurs rouets pour filer, et leurs ouvrages à l'aiguille. Il avait coutume de dire qu'il en avaitcompté soixante-dix : de religieuses, il n'y en avait point tant; mais si l'on y comprenait les sœurs converses, telles que veuves, vieilles demoiselles et jeunes filles, ce nombre pouvait bien être exact. C'était là, déclare l'auteur en terminant, une belle manière d'élever les jeunes femmes, que l'on dirige mieux par l'exemple que par le précepte ; et la maison offrait aux