Rec. Off. — Corresp. de Crumwell, VIII, f
sonnables » et les Frères eux-mêmes avouèrent « qu'elles étaient d'accord avec la règle de leur ordre. Cependant, vu l'état du monde alors, ils ne pouvaient les observer et demeurer en leurs maisons. C'est pourquoi volontairement ils abandonnèrent leurs maisons entre les mains du visiteur pour l'usage du roi. Le visiteur, continue la déclaration écrite, leur dit : « Ne croyez point et n'allez point publier plus tard que vous êtes supprimés; car je n'ai pas le pouvoir de vous supprimer, mais seulement celui de réformer vos mœurs : c'est pourquoi, si vous consentez à vous laisser réformer suivant le bon ordre, je ne puis vous empêcher de continuer à rester. » Mais ils reconnurent qu'il leur était impossible de rester aux conditions qu'on leur offrait, et ainsi « le visiteur prit leurs maisons et charitablement leur remit des lettres pour aller voir leurs amis et entrer dans d'autres monastères, — ce dont ils furent satisfaits » (1).
En vérité, les moyens adoptés étaient merveilleusement propres à contraindre les religieux à la soumission. Quand la source principale de leur revenu, qui était la charité des fidèles, eut été tarie, le seul expédient qu'ils trouvèrent pour se procurer de quoi vivre fut la vente de leurs efîets mobiliers ou le fermage des quelques propriétés qu'ils possédaient. Pour l'une et l'autre formalité, il leur fallait la libre disposition du sceau commun : or, le premier acte du visiteur était de saisir ce dernier et ainsi de mettre les Frères dans l'impossibilité d'obtenir de l'argent. « Partout, dit l'évêque de Douvres, il y a vente de joyaux et trafic de fermages. Mais partout j'ai arrêté cela en