EUis, « Orig. Letlers, » III, 3^ série
Stamford. A Covéntry^ il rasa en partie la maison des Franciscains, « parce que les pauvres pesaient trop lourdement sur elle. » A Warwick, il brisa simplement les fenêtres de « l'église des Frères », et il ajoutait dans son rapport à Crumwell : « Je n'ai jamais démoli une seule maison en entier, mais j'ai tout dégradé afin qu'on ne puisse plus s'en servir. »
Quant aux Frères eux-mêmes, ce vaillant destructeur nous en parle peu, et le peu qu'il en dit ne ressemble pas à un compliment. Le prieur des Frères Augustins de Northampton est déloyal, « comme tout vrai Frère ». Mais, une fois sa tâche finie, London est forcé d'avouer que cette même ville de Northampton et les villages environnants commencent à se délabrer, et que l'on attribue surtout ce résultat à la destruction des couvents de Frères (1). Le supérieur des Franciscains de Reading était, dit London, « un mien ami », — ce qui n'est guère flatteur pour lui. « Ce Frère, écrit le docteur, m'a aussi prié de solliciter humblement Votre Seigneurie pour qu'ils puissent, lui et ses Frères, modifier leur habit en même temps que leur genre de vie papiste. La plupart d'entre eux sont des hommes très âgés et n'ont pas assez de forces pour aller gagner leur pain : c'est pourquoi ils souhaitent qu'il plaise à Votre Seigneurie d'intercéder en leur faveur auprès de Sa Majesté le roi, afin qu'ils puissent avoir, leur vie durant, la jouissance de leurs chambres et de leur verger (2). » Quinze jours après, le 13 septembre 1538, London déclare qu'il a obtenu un acte d'abandon, « et aujourd'hui ils quitteront tous leurs habits gris. Pour des Frères, ajoute-
i. Rec. Off. — Corr. de Crumwell, XXIII, 69-96. 2. Wright, 217.
t-il, ils sont ici réputés d'honnêtes gens. » Il décrit ensuite la maison et les jardins et termine ainsi : « Quant à l'intérieur de l'église, partout orné d'images de Frères, sur les vitraux et ailleurs, je l'ai défiguré (1), »
A l'égard des couvents de Frères d'Oxford, il donne quelques informations particulières. La commission chargée de la visite se composait du maire, de « messieurs les aldermen » (conseillers municipaux) et de London lui-même. Ils se rendirent d'abord chez les Carmes. Ils y découvrirent que les religieux, prévoyant la dissolution, avaient vendu l'annuité de 3 livres sterling que leur couvent recevait de l'abbé d'Evesham, pour la somme de 40 livres, et qu'ils s'étaient partagé l'argent. Ils étaient sur le point de trafiquer d'une annuité semblable que leur servait l'abbaye de Westminster (2). En outre, les quelques terres qu'ils possédaient étaient toutes louées à bail pour une durée de trente ans. Le D' London trouva « jolis » leurs ornements d'église, « tels que chapes et vêtements sacerdotaux », et il s'en empara. Pour le reste de leurs biens, il ne l'estimait pas à 5 livres en bloc. Chez les Augustins, tous les arbres avaient été abattus. Les Franciscains avaient de bonnes terres, des bois et un « joli jardin ». Leur maison était vaste et délabrée, et ils avaient été obligés de mettre en gage presque toute leur argenterie. Même les tuyaux de plomb du système pour la distribution des eaux avaient été récemment déterrés « et fondus en vingt saumons de métal » : douze de ceux-ci avaient été