Calendar », X
Nous donnons ici, à cause de son grand intérêt, un autre document adressé au roi et où sont présentées les raisons qui doivent l'engager à autoriser la continuation du prieuré de Carmarthen. On y allègue que, « lors de la première inspection pour la dîme », les revenus annuels furent évalués à 209 livres, et que ce fut par la faute des commissaires qu'on « les représenta comme inférieurs à 200 livres; 2° outre les douze chanoines, dont quatre sont morts récemment, ledit prieuré pourvoit journellement et communément aux besoins de 80 personnes ; 3° la maison est bien construite et en bon état; 4° quant à la conduite des religieux, on n'a qu'à s'en rapporter aux habitants du pays et aux commissaires ; 5° le prieuré est situé à Carmarthen, ville remarquable par ses importants marchés et par où passe une route très fréquentée. Un grand nombre de gens trouvent le boire et le manger dans le susdit prieuré ; 6° comme les seigneurs qui se rendent dans ces parages pour y faire les affaires du roi ou les leurs propres ne trouvent guère où se loger décemment, cette maison leur est ouverte à tous ; 7° l'hospitalité y est journellement observée envers riches et pauvres, ce qui est d'un grand secours pour le pays, lequel est pauvre et stérile; 8° des aumônes sont distribuées chaque semaine à 80 malheureuses gens, qui^ si la maison était supprimée, s'en ressentiraient fort. Toutes ces charges peuvent être supportées grâce à la bonne gestion du prieuré, bien plutôt que grâce à ses revenus, lesquels consistent surtout en ressources spirituelles ; 9° quand Henri YIII vint dans la contrée, le prieur lui fit construire des appartements neufs, et tels qu'ils sont dignes du roi ou du prince, pour le cas où il se rendrait dans cette province ;
10° les étrangers et les marchands qui vont dans ce pays sont honnêtement reçus et accueillis au prieuré; aussi aiment-ils apporter leurs marchandises en cet endroit. Le roi de Portugal a même remercié les religieux, par lettre revêtue du grand sceau, d'avoir bien accueilli les marchands ses sujets » (1).
Vers le milieu de l'année 1537, le roi rétablit un ou deux des monastères dissous. Ce fut là un acte bien plus solennel que la permission accordée à quelquesuns de continuer à subsister. Ainsi, le 9 juillet, Henri octroya une charte de fondation à un couvent de religieuses prémontrées, à qui il donna l'emplacement du couvent de Stixwold. Il devait s'appeler « le nouveau monastère du roi Henri VIII », et une donation en mainmorte fut faite à Mary Missenden, nommée prieure « du terrain et site de l'église, du beffroi^ du cimetière, des cloches, ornements », etc., du monastère de Stixwold, à condition de payer à la Couronne une redevance annuelle de 15 livres 5 schellings, « ce qui est la dîme exacte » (2).
Pareillement, le 18 décembre de cette même année, Henri VIII réunit plusieurs monastères en une seule fondation à Bisham. William Barlow, évêque de Saint- David et prieur commendataire de Bisham, avait cédé ce monastère au roi en juillet 1536. Une année plus tard^ l'abbaye de Chertsey était remise entre les mains d'Henri par l'abbé et les moines : or, six mois après, « en considération de ce que ledit John Cordrey, dernier abbé du couvent de Chertsey, avait cédé ses propriétés et son monastère au roi », il reçut une charte qui incorporait cette maison à un monastère que le roi